Interview - Powerwolf

Aux côtés de Sabaton, il ne fait aucun doute que Powerwolf est le groupe de Power Metal le plus en vue de ces dernières années. Les joyeux lurons grimés en loups garou n'en finissent pas de grimper et de rassembler de nouveaux fidèles à chaque prestation live. Afin de fêter cela, le groupe a profité de cet été 2016 pour sortir un coffret DVD (The Metal Mass), contenant pas un, pas deux mais trois concerts ainsi qu'un documentaire et des clips. À la base, prévu avec le claviériste Falk Maria, c'est finalement Roelf van Helden, le batteur néerlandais, qui nous a passé un coup de fil et qui n'a pas manqué de nous parler de la future tournée en compagnie de ses compatriotes Epica, qui passera par le Zénith de Paris, le 4 février 2017.

Salut Roel, je viens juste de vous voir au Graspop Metal Meeting, ce qui était à ce jour votre plus gros show en Belgique mais il s'est tout de même passé de jour. Bien sûr, Powerwolf est plus un groupe adapté à la nuit, ce n'est pas un problème pour vous de jouer à la lumière du jour ?

Roel van Helden : On m'a déjà posé la question et je ne pense pas que ce soit un problème. Nous faisons la fête sur scène et nous n'avons pas besoin de l'obscurité ou d'un superbe jeu de lumières pour passer un bon moment sur scène donc je ne pense pas que ce soit un problème pour nous. Si par exemple, tu joues une musique plus atmosphérique c'est sûr que c'est mieux de jouer la nuit mais dans notre cas, cela ne nous dérange pas du tout.

Powerwolf va sortir son premier DVD live, The Metal Mass. Powerwolf a gagné énormément de fans ces dernières années mais pourquoi était-ce le bon moment pour sortir un DVD ?

Je pense qu'il était temps ! Nous avons sorti six albums mais nous n'avions encore aucune documentation live en tant que telle. Cela fait un moment que nous voulions sortir un DVD mais c'était le bon moment car nous avons désormais les moyens de le faire comme nous le voulons. Si nous l'avions fait, disons, il y a cinq ans, le résultat aurait été plus amateur que le DVD que nous avons maintenant. C'est donc beaucoup plus professionnel, c'est un bon package puisque nous avons trois concerts : un au Masters Of Rock dont nous avons fait la tête d'affiche l'année dernière, un au Summer Breeze en Allemagne et un concert en club. Nous attendions simplement le moment opportun pour avoir un produit de qualité.

Les trois concerts qui apparaissent sur le DVD ont une setlist très similaire puisqu'ils sont tirés de la même tournée. Ce n'était pas possible d'inclure un show plus ancien ?

Non car nous n'avons enregistré que sur la dernière tournée. Le Summer Breeze est toujours filmé puisque le festival sort des compilations chaque année, ce fut donc un peu une coïncidence que ces enregistrements étaient de très bonne facture et que nous ayons pu les utiliser aussi. C'est vrai qu'il y a des points communs entre les setlists mais nous ne savions pas que nous allions mettre tous ces shows sur le DVD.

On peut voir sur votre site internet que le show donné au Masters Of Rock est l'un de vos préférés de tous les temps. En quoi ce show fut si particulier pour vous ?

Nous avions déjà joué à ce festival et ce fut donc très cool de voir l'évolution de Powerwolf en République Tchèque. La première fois que nous avons joué là-bas, c'était à 11h du matin ou à midi, quelques années plus tard, nous jouions déjà dans l'après-midi et là nous étions carrément en tête d'affiche ! Tu ne peux pas faire mieux que ça (rires), c'était donc un moment particulier pour nous. Tu m'as demandé en début d'interview si ça nous dérangeait de jouer de jour, là pour le coup ce concert s'est passé pendant la nuit. Ça en jette plus, je dois l'avouer (rires). Ce fut un grand moment.

Il y a aussi ce concert filmé à Oberhausen (où je vous ai déjà vus et je dois dire que l'ambiance était incroyable) mais auriez-vous aimé enregistrer dans votre ville, à Sarrebruck ? J'ai remarqué qu'il y avait des images d'un show au Garage (ndlr : salle de Sarrebruck) dans le documentaire...

Moi je suis le batteur, je viens des Pays-Bas donc ce n'est pas ma ville (rires) donc personnellement, peu importe l'endroit où c'est filmé, ça ne me dérange pas. Je pense que les autres gars du groupe aimeraient bien avoir ça comme souvenir mais nous avions déjà joué à la Turbinenhalle de Oberhausen auparavant. Nous savions que le public était super là-bas. A chaque fois qu'on joue dans la région de la Ruhr en Allemagne, c'est fantastique... Nous étions donc sûr que ça ne pouvait être qu'un super concert ! C'est pour cela que nous avons décidé de le faire dans cette salle.

C'est une super salle !

Oui effectivement, c'est une salle très cool !

Sur le DVD, il y a un documentaire qui retrace l'histoire du groupe. Tu n'étais pas là dès les débuts mais comment c'était de se replonger dans l'histoire du groupe ?

C'était bien. C'était marrant de voir les vieilles photos des autres mecs du groupe, des photos d'il y a dix ans. Tu ne penses pas que tu as tant changé que cela en dix ans de temps de mais si (rires), on a vieilli de dix ans ! C'est un bon documentaire, il te montre vraiment comment le groupe évolue, d'un groupe qui débute à un groupe professionnel qui rallie plus fans à sa cause. C'est l'évolution d'un groupe de Metal étalée sur dix ans. C'est vraiment sympa à regarder.

Le DVD va passer dans quelques cinémas en Allemagne. Qui a eu cette idée et serez-vous présents lors de certaines séances ?

Je ne sais vraiment pas qui a eu cette idée, ce doit être le label ou notre management (rires). Je n'en ai vraiment aucune idée mais je suis content que le DVD sera diffusé au cinéma. C'est une bien meilleure façon de le voir que sur une petite télé à la maison. Nous serons présents à Francfort, laisse-moi regarder mon agenda pour voir quelle est la date exacte... (ndlr : il cherche...) Ce sera le 28 juillet, à Francfort sur le Main donc ! Tout le groupe y sera.

Pour accompagner la sortie de votre DVD, vous avez encouragé les fans à poster des vidéos de leurs reprises du groupe sur Youtube. Les vainqueurs seront récompensés par des prix. As-tu déjà vu certaines de ces vidéos ?

Non, je n'ai vu aucune des participations au concours pour l'instant, mais j'ai déjà vu des vidéos de groupes faisant des reprises de Powerwolf sur YouTube. C'est un honneur incroyable. Des fois, je suis vraiment scotché de voir comment ils jouent bien ! Des fois, ils jouent même mieux que nous (rires) ! J'ai vraiment hâte de voir ce que les gens vont faire, même si c'est simplement une version piano d'une chanson ou une performance vocale... Je suis vraiment curieux. Ce sera vraiment intéressant de voir ce que les gens vont faire, créativement parlant.

Vous avez beaucoup grandi ces dernières années, notamment parce que vous tournez énormément, est-ce que vous êtes fatigués parfois à cause de ces nombreuses tournées ?

Pour l'instant non, je n'ai pas été fatigué. Le succès est un bon motivateur pour continuer à aller de l'avant, pour tourner plus, pour écrire de nouvelles chansons. Je pense que c'est probablement plus facile que quand tu es dans un groupe où le succès ne vient pas forcément ou alors qu'il reste constant. Quand c'est le cas, il y a le risque que les choses deviennent ennuyeuses. C'est dur de faire partie d'un groupe pendant dix ans (parfois plus) mais quand tu es récompensé de tes efforts, que tu donnes des super concerts et que tu reçois une superbe réponse de la part du public, c'est beaucoup plus facile de continuer et de donner plein de concerts. Ce n'est pas un problème.

Avez-vous déjà commencé à travailler sur de nouveaux morceaux ?

Un petit peu, rien de trop concret. Mais nous avons quelques idées qui commencent à faire surface.

Peux-tu me parler de la tournée qui aura lieu l'année prochaine en compagnie d'Epica ? Est-ce que ce sera un co-headlining ?

Oui, ce sera une tournée où les deux groupes seront co-tête d'affiche. Dans les pays où Epica est plus populaire que nous, comme par exemple en France, ce sont eux qui fermeront la soirée mais en Allemagne et dans d'autre pays, ce sera à Powerwolf de le faire. Nous appelons ça une tournée en co-headlining ou à double tête d'affiche. J'ai vraiment hâte d'être sur cette tournée parce que le bassiste d'Epica, Rob Van Der Loo, est un bon ami à moi. Nous allions à l'école ensemble quand nous avions 13 ou 14 ans et nous avons joué dans notre premier groupe tous les deux. Au fil des années, nous avons donc beaucoup joué ensemble et eu plusieurs groupes mais ça va être super cool de partir en tournée avec un vieil ami !

Peut-être pourriez-vous jammer ensemble !

Qui sait ? Ce serait vraiment cool ! J'ai super hâte d'être sur cette tournée et j'espère que le public répondra présent. Je pense qu'il y a des similitudes entre la musique d'Epica et celle de Powerwolf, c'est du Metal assez grandiloquent. Après, Powerwolf est plus un groupe pour faire la fête alors que l'ambiance dégagée par Epica est plus sérieuse. J'espère que les différents fans vont s'unir et remplir les salles puisque les salles dans lesquelles nous allons nous produire sont beaucoup plus grandes que celles dans lesquelles nous avons l'habitude de jouer, que ce soit Epica ou Powerwolf.

Effectivement, la salle dans laquelle vous allez jouer à Paris est très grande (ndlr : le Zénith), allez-vous avoir par conséquent une production plus importante sur scène ?

Oh oui, nous allons nous adapter à ces scènes plus grandes. Nous allons disposer de backdrops plus grands, il y aura peut-être plus d'éléments dans le concert, plus de pyrotechnie, etc. Je ne sais pas exactement ce qui est prévu mais nous allons nous adapter à tout cela, c'est certain.

J'aimerais revenir brièvement sur Blessed And Possessed, votre dernier album en date. L'orgue a été enregistré à l'église St-Barbe, à Thionville. Nous sommes un site français donc je me dois de poser la question, pourquoi l'avez-vous enregistré là haut ?

Nous l'avons enregistré là-bas à chaque fois. Ce ne sont pas toutes les églises ou établissements religieux qui laisseraient enregistrer un groupe de Metal comme Powerwolf dans leur enceinte. Eux nous laissent venir dans l'église pour y enregistrer. L'acoustique y est bonne, l'orgue est très bien aussi, tout fonctionne. Nous sommes tout simplement chanceux d'avoir trouvé un tel endroit (rires), alors il n'y a aucune raison de changer.

Dans le documentaire du DVD, vous abordez la question de la religion. Est-ce que certaines personnes ont réellement cru que vous étiez satanistes ?

Certaines personnes le pensent effectivement, tout comme certaines personnes croient que nous sommes un groupe religieux. Nous ne sommes ni l'un ni l'autre. Je pense que les gens se font parfois cette opinion à cause de notre look ou de certaines de nos chansons qu'ils auraient pu entendre comme « Saturday Satan » (rires). Quand ils entendent ce morceaux, ils doivent ce dire que nous sommes diaboliques et quand ils entendent « In The Name Of God », ils pensent que nous sommes religieux mais nous ne sommes aucun des deux.

Sur l'édition limitée de Blessed And Possessed, vous avez enregistré un album de reprises. Est-ce quelque chose que vous pourriez refaire à l'avenir ?

Ce fut beaucoup de travail et je ne suis pas sûr que nous réitérions l'expérience, peut-être dans un futur un peu plus lointain mais pas sur le prochain album. Ce fut quelque chose de cool à faire. Certaines chansons ont subi de nombreux changements comme la chanson de Gary Moore, « Out In The Fields », mais pour certaines chansons, nous avons simplement décidé de rester fidèles à l'originale. Si tu écoutes « Nightcrawler », la reprise de Judas Priest par exemple, tu pourras voir que mon jeu de batterie est exactement pareil que l'original. La version originale est parfaite alors si j'avais changé quelque chose, cela n'aurait pu que rendre notre reprise mauvaise (rires). J'ai donc préféré rendre hommage à Judas Priest !

Des groupes comme vous, Ghost ou même Sabaton se sont créés un look unique, on vous reconnaît dès le premier coup d’œil. Penses-tu que l'aspect visuel est de nouveau important dans la musique ?

Je pense que ça a toujours été important, peut-être pas dans les années 90 mais si tu penses à Kiss, Alice Cooper et bien d'autres groupes, il y a toujours eu du visuel. Quand tu vas à un concert et que tu dois regarder un groupe pendant 90 minutes, c'est mieux quand tu as quelque chose à voir. Il ne faut pas endormir les gens. Bien sûr, ta musique doit être bonne, c'est la première priorité. Il y a des groupes que je vois sur scène et ils jouent leurs morceaux aussi bien qu'ils le peuvent mais ils ne bougent pas, il n'y a rien à voir... Je me dis que c'est chiant ! Tu pourrais te contenter de te passer le CD à la maison. Donc je pense que c'est important d'avoir cet aspect visuel et ça l'a toujours été !

Merci beaucoup, c'était ma dernière question ! Je te laisse le dernier mot pour vos fans et pour nos lecteurs !

Merci d'avoir lu cette interview. S'il vous plaît, venez voir notre concert au Zénith de Paris avec Epica et « stay Metal » ! Plein de bonnes choses !

Line-up :
Attila Dorn (chant)
Matthew Greywolf (guitare)
Charles Greywolf (guitare)
Falk Maria Schlegel (claviers)
Roel van Helden (batterie)

Discographie :

Return in Bloodred (2005)

Lupus Dei (2007)

Bible of the Beast (2009)

Blood of the Saints (2011)

Preachers of the Night (2013)

Blessed & Possessed (2015)