Interview - Vulcain

Un Jack Daniel’s, des gars super sympathiques, du soleil, un festival dément et voilà que je me retrouve dans les loges en compagnie des Vulcain. Si le groupe n’est plus à présenter aujourd’hui, il est évident que nombreux sont ceux qui ne connaissent pas les «  Motörhead  » français. C’est du moins l' impression que m’ont laissée les «  journalistes  » qui sont passés avant moi… Et dire qu’ils avaient préparé des questions en anglais pour le groupe des frères Puzio…

Propos du groupe recueillis le 19/08/2016 à St Nolff. 

Le Motocultor ! Grosse première pour vous ! Comme je vous disais avant de commencer l’interview… C’est assez étrange de voir un groupe comme Vulcain se produire dans un festival très axé «  Death/Black Metal, c’est très étonnant ! Comment avez-vous réussi à organiser cette date ? 

Vincent: On nous propose des dates, nous on se produit tout simplement… C’est vrai que ce festival ne présente pas notre propre style à nous… Mais on s’est dit: «  Pourquoi pas ?!  ». L’année dernière, on avait le Montereau Festival entre Shaka Ponk et Yannick Noah, c’est totalement décalé, mais pas mal de monde était également venu nous voir et ça s’est très bien déroulé ! 

Daniel: Pour nous, le plus important est de montrer que nous pouvons nous produire partout ! 

Vincent: Après, nous n’avons pas de raison de refuser un concert, on nous demande, c’est tout ! 

… Votre public d’aujourd’hui semblait assez jeune comparé à d’habitude ! Ça doit vous faire plaisir de voir que votre musique parle encore à ce type de public ! 

Marc: C’est notre plus grande fierté ! C’est d’être encore là plus de trente ans après et draîner un jeune public ! C’est vraiment ce qui nous motive à continuer ! 

Daniel, tu as rencontré un problème avec ton ampli durant ce gig… Que s’est-il passé ? 

Daniel: Je ne sais pas ! On va regarder ça après à Paris… 

Pourtant ton frère aurait pu te donner un coup de main… Il s’y connaît en la matière, lui qui travaille dans un magasin d’instruments de musique ! 

Vincent: Oui, mais moi je vends du bon matériel… S’il achetait son matériel chez moi, il ne rencontrerait pas ce genre de problèmes ! En plus, c’est garanti dix ans ! 

(Rires)

Daniel: Non, mais c’est bien tu soulèves un problème, ce soir, nos techniciens auront un blâme ! 

Vincent: Ils auront bien plus que cela… (rires)

Revenons aux choses sérieuses… L’année dernière, vous avez fêté les trente ans de Rock ’n’ Roll Secours… Pour l’occasion, vous l’avez totalement ré-enregistré…

Daniel: Oui, voilà… Marc n’était pas encore à la batterie à l’époque, et c’est totalement intéressant de l’enregistrer une nouvelle fois avec lui… On a vraiment enregistré cet album à «  l’état pur  ».

Ça ne vous brancherait pas de ré-enregistrer les autres albums ? 

Daniel: Ah non ! Ça serait trop facile là ! C’était vraiment pour marquer le coup ! 

Marc: À l’époque, je n’étais pas sur sur Rock ’n’ Roll Secours Donc ce fut un véritable challenge pour moi ! On a proposé une toute nouvelle version de l’album… En trio cette fois-ci ! C’est vraiment l’album tel qu’on le joue en live ! C’était vraiment ça l’idée de départ. Revisiter ces morceaux tels qu’on les joue sur scène ! 

En ce qui concerne vos albums, vous jouez beaucoup de titres issus de votre dernier album, V8 et donc de votre premier, Rock ’n’ Roll Secours. Pourquoi les autres sont-ils boudés ? C’est par manque de temps ? 

Marc: Quand on a plus de temps, on essaie de jouer plus de morceaux, c’est vrai ! 

Vincent: Voilà, on doit avoir dix albums (huit, NDLR) à notre compteur, mais sur un show de quarante-cinq minutes, ce n’est pas forcément évident de tout caser ! Il faut faire des choix et inclure les morceaux qui marchent le mieux en live ! À l’époque, on pouvait jouer plus de trente morceaux en quarante cinq minutes, mais ça, c’était avant ! (rires)

Daniel: Oui, quarante minutes, c’est court. Un de nos fans est venu nous voir pour nous demander pourquoi on n’avait pas joué «  Le Fils de Lucifer  »… En vrai, nous ne pouvions pas ! 

J’imagine que vous êtes en train de préparer un nouvel album en ce moment, non ? 

Daniel: Oui, nous sommes entrés dans la phase de composition du nouvel album ! 

Vous avez quand même pas mal d’idées, j’imagine… Quand est-ce qu’il sortira ?

Daniel: Je ne sais pas… Nous sommes encore au stade des maquettes ! 

Vincent: Les maquettes seront enregistrées chez nous, et pour l’enregistrement final, on hésite entre Los Angeles et New York… Pas facile d’être une Rock ’n’ Roll Star ! (rires)

Vulcain était autrefois un groupe composé de quatre musiciens… Aujourd’hui, vous êtes à trois. L’idée de trouver un deuxième guitariste ne vous a jamais trottée dans la tête ? 

Daniel: Je pense que quoi qu’il arrive, le groupe finira à trois comme il avait commencé à quatre… Le fait d’avoir une deuxième guitariste avait à chaque fois causé pas mal de problèmes… Et on n’a pas besoin de problèmes pour faire de la musique ! À trois, on s’en sort pas si mal que ça ! 

Marc: Il ne faut pas oublier que nous avons fini la première partie de notre carrière à trois. Pour nous, après notre reformation, c’était une évidence de se retrouver à trois ! On avait déjà invité notre premier guitariste à nous rejoindre le temps de quelques dates, mais il n’avait pas envie de remettre le couvert… Aujourd’hui, Vulcain, c’est nous trois ! 

Vulcain s’exprime en Français. Pourquoi cet attachement à la langue française ? Tester de nouveaux horizons en chantant dans la langue de Shakespeare ne vous intéresse pas ? 

Daniel: On avait déjà essayé sur quelques-uns de nos albums, mais mon anglais n’est pas très propre, il faut l’avouer !

… La reprise de Motörhead, tu l’as chantée en Français du coup ! 

Daniel: Oui, voilà ! Ce morceau est assez facile à adapter en français ! 

Marc: Au début de notre carrière, on pensait vraiment que la langue serait un obstacle, mais ça n’est plus le cas aujourd’hui… On est allé jouer au Canada, même à Otawa où les gens ne parlent que l’anglais. Nous sommes aussi allés en Espagne… En tout cas, le blocage que pourrait occasionner la langue française ne nous cause plus trop de problèmes… 

Revenons à l’actualité du Metal à la Française. Vous, qui êtes considérés  comme des vétérans du genre en France, vous n’avez pas l’impression qu’il y a une sorte de «  revival  » de tous ces groupes des 80 en ce moment ? On entends beaucoup parler d’ADX, de Satan Jokers et d’autres groupes que vous avez côtoyés dans les 80’s…

Marc: Nous sommes toujours contents de revoir nos potes d’ADX… On se produira bientôt avec eux dans le Nord justement ! Je vois où tu veux en venir, on fait partie de la scène des 80’s, c’est une évidence… On nous associe souvent à ces groupes des 80’s mais nous ne voulons pas être toujours associés à eux… C’est pour cela que ça fait du bien de jouer dans des festivals comme le Motocultor ! 

Vincent: Après, on fait tous ça pour s’amuser ! On ne va pas attendre la paie de Vulcain pour nourrir nos enfants ! 

Je m’intéresse beaucoup aux vieux medias, et je me souviens qu’à l’époque, il y a un magazine qui vous a bien épaulés lors de vos débuts… C’était Enfer Magazine ! Ce média a eu un impact important sur votre carrière…

Daniel: En fait, nous sommes arrivés en même temps ! Lorsque Enfer Magazine commençait à faire parler de lui, nous sortions notre premier album. Il avait choqué pas mal de monde et Enfer Magazine aussi, c’était parfait ! 

Malheureusement, je n’ai pas connu cette époque… J’aimerais savoir plus précisément ce que vous avez tiré de tout ce soutien ! Il y avait une rubrique dans Enfer Magazine, c’était « Espoir Artiste Français  »… Vous étiez presque toujours dedans ! 

Vincent: En fait, nous avions envoyé une maquette au rédacteur en chef de l’époque, c’était Philippe Touchard. Il a directement craqué ! Il nous a suivis tout partout, et nous faisait pas mal de promotion !

Marc: C’était une époque où la presse papier avait encore son importance… Heureusement qu’il existe encore un peu de presse papier ! Malheureusement, il faut se rendre à l’évidence, les gens peuvent avoir un nombre incalculable d’information sur internet ! 

Vincent: Mais oui, pour revenir à Enfer, c’est grâce à Philippe Touchard que nous avons atteint des sommets. Merci ! 

Le groupe est attaché à la culture Underground, mais celle-ci a du mal à évoluer. Il est de plus en plus difficile de trouver des dates où se produire ! Regardez, le Blues Devil a fermé ses portes à Arras… Ça ne vous choque pas toutes ces polémiques inutiles autour de ce bar ? Est-ce qu’il est difficile pour un groupe comme Vulcain de se produire en live ?

Marc: Ce qui est bien avec le Blue Devil, c’est qu’il ne disparaît pas en fait ! Il ouvre ailleurs… En ce qui concerne nos concerts, nous aimons bien nous produire dans le cadre de gros festivals comme le Hellfest ou le Motocultor, mais aussi dans de petits clubs… Ça nous éclate, car on peut vraiment communiquer avec notre public et il est important que ces salles maintiennent une activité stable ! 

Vincent: D’autant plus qu’à chaque fois, les clubs dans lesquels le groupe joue affichent complet ! 

Je me souviens de cette fameuse date au Blue Devil, vous vous étiez produits avec les Bömbers, un groupe de reprises de Motörhead de la région, c’était vraiment une belle soirée ! Vous vous en souvenez ? 

Vincent: Oui, bien sûr ! Mais en ce qui concerne cette salle, il était vraiment temps que le propriétaire la fasse grandir, c’était bien trop étroit pour s’y produire ! 

Marc: Nous faisons bientôt la date d’ouverture du nouveau Blue Devil à Orléans…

Vulcain a toujours été associé à Motörhead. À l’époque d’Enfer Magazine, vous étiez considérés comme les «  Motörhead Français  ». Vous étiez des amis proches de Lemmy et avez ouvert pas mal de fois pour Motörhead… J’aimerais savoir quel est le meilleur souvenir que gardez de lui… 

Marc: Toutes les dates qu’on a pu faire avec eux ! 

Vincent: Nous avions ouvert pour le groupe en 2010, nous étions à six dans les mêmes loges ! On a bu un coup ensemble… On s’est tous embrassé, et il y avait une telle communication. C’était vraiment extraordinaire…

Daniel: Il s’est vraiment passé un truc entre nous… 

Vincent: Je me souviendrai toujours quand il nous a amené une bouteille de Vodka orange au Bataclan… Ça date ! C’était avant notre concert… La bouteille contenait plus de Vodka que d’orangeade ! (rires)

Marc: Ce qui était bien avec Motörhead, c’est que même l’équipe était 100% Rock ’n’ Roll. On déconnait bien avec eux ! Quand nous nous sommes produits en compagnie de Deep Purple, nous avons revu des gars qui bossait pour Motörhead… Ils nous ont reconnus et on a bu un coup ensemble ! En tout cas, respect Lemmy ! 

Vincent: C’est marrant car lorsqu’on était gamin, avec Daniel, nous sommes allés voir Motörhead lors de la tournée «  Overkill  ». On était juste devant lui, et quelques années après, on jouait avec lui ! 

Un dernier mot pour la fin ? 

Tous: FUCK ! ROCK ’N’ ROLL ! 

 

Vulcain, c’est:

Marc Varez : Batterie

Vincent Puzio : Basse

Daniel Puzio : Chant, Guitare

 

Albums:

Rock 'n' Roll Secours (Album - 1984)

Desperados (Album - 1985)

Big Brothers (Album - 1986)

Live Force (Live - 1987)

Transition (Album - 1989)

Big Bang (Album - 1992)

Vulcain (Album - 1994)  

Atomic Live (Live - 1996)

Compilaction (Compilation - 1997)

Stoppe la Machine (Album - 1998)  

En Revenant... (Live - 2011)

V8 (Album - 2013)