Iron Maiden - The Book Of Souls

On ne les présente plus, ils ont fais plus de 25 tournées et sortis pas moins de 26 albums depuis 1975. Leurs titres font encore aujourd'hui de l'ombre aux nouveaux comme aux anciens groupes. Ainsi, c'est en ce jour béni du 4 septembre 2015 que Iron Maiden sort The Book Of Souls, le dernier album d'une longue lignée perpétuée depuis plus de 40 ans.

Line Up :

- Bruce Dickinson (Chant)
- Dave Murray (Guitare)
- Adrian Smith (Guitare)
- Janick Gers (Guitare)
- Steve Harris (Basse)
- Nicko McBrain (Batterie)

« C'est dans les vieux pots qu'on fais les meilleures soupes ». L'expression n'aura jamais été aussi vraie qu'avec Iron Maiden. Cinq ans après The Final Frontier, le combo anglais nous dévoile son Book Of Souls, album composé de deux CDs ! L'écoute débute par "If Eternity Should Fail", un morceau dont l'intro place une ambiance mystique avec un synthé et la voix de Bruce pendant une minute trente. Ce passage terminée, le cœur rythmique du groupe, la basse et la batterie, résonnent. Pas de doute, c'est bien du Maiden qu'on est en train d'écouter. Cependant, la répétition du refrain tend à devenir un peu lassante. Le titre suivant révélé quelque temps avant la sortie de l'album, "Speed Of Light", a tout pour être un single énergique. Il démarre sur les chapeaux de roues avec une bonne guitare bien rythmée qui sera présente tout le long de ce morceau endiablé, suivie par la voix de Bruce qui traverse les années avec autant de puissance. C'est Steve Harris qui joue en premier sur "The Great Unknown" avec une ligne de basse continue, suivie de près par les guitares. Le refrain rappelle la grande époque de Iron Maiden avec une montée du suspens par la batterie qui éclate et permettant à Bruce de balancer sa puissance vocale ! Les solos sont la partie la plus riche en émotions. Le frisson est présent. Quatrième morceau de l'album, "The Red And The Black" en est l'un des titres phares. Similaire à "The Rime Of The Ancient Mariner" (Powerslave, 1984) dans le rythme et la durée, le titre reste cependant assez original avec un solo de basse de Harris dans l'intro. Ce morceau est assez épique, et le refrain semble être taillé pour le live, pour une interaction avec le public, petit plaisir du chanteur lors des concerts. De leur côté, Smith, Gers et Murray s'accordent parfaitement dans ce triangle de guitare. Le titre suivant, "When The River Runs Deep" reste dans la tradition du groupe, pas de grosse surprise. Passons au dernier morceau de ce premier CD, "The Book Of Souls". Une intro en acoustique par Janick Gers, douce et légère pendant environ cinquante secondes. Puis tout les éléments typiques du groupe s'enchaînent. La basse, la batterie, le chant, les guitares, formant un titre éponyme très Maidenesque. Et après un solo endiablé, le retour de l’acoustique qui détend l'ambiance, pendant que l'on change de disque dans le lecteur.

Premier titre de ce second CD, "Death Or Glory" nous communique une ambiance joyeuse qui peut être quelque peu gâchée par la répétition excessive du refrain, tout comme dans le premier titre de l'album. L'erreur est rattrapée par "Shadows Of The Valley" et son intro rappelant un peu celle de "Wasted Years" (Somewhere In Time, 1986), titre semblant aussi être taillé pour le live. Cependant, il laisse tout de même une impression de déjà vue, sans pourtant en saisir la raison. Titre assez monotone, "Tears Of The Clown" a la longueur d'un single mais reste pâle comparé à "Speed Of Light". La voix de Bruce, dans les graves mais toujours juste, reste monocorde, sans procurer d'intenses émotions. Ballade de l'album, "The Man Of Sorrows", est introduite par le trio de guitares, puis Bruce et son chant. La possibilité d'un slow sur ce titre reste séduisante. Enfin, le dernier morceau de cet opus, "Empire Of The Clouds" est un titan de 18 minutes signé Dickinson et est aussi le plus long titre de toute la carrière de Iron Maiden. Il débute par une mélodie quelque peu plaintive au piano, appuyée par la basse de Harris. C'est aussi la première fois que le groupe utilise un violon ; violon qui vient soutenir le duo basse/piano de Harris et Dickinson. L'émerveillement est au rendez-vous. Le roulement martial à la batterie de Niko s'ajoute par la suite. Bruce nous raconte l'histoire du ballon dirigeable britannique R101 qui s'est crashé à Allonne, dans l'Oise, le 5 octobre 1930, et qui fit 48 morts parmi les passagers. La montée des guitares, cette progression que l'ont ressent dans la musique de Maiden atteint son paroxysme avec ce morceau. Le triangle des grattes fait ressortir l'émotion. Un solo et c'est reparti. Mais le ton redescend par la suite, redevenant plus lyrique avec le retour de la mélodie au piano et à la basse. L'implication de Bruce, lui-même pilote de ligne, dans ce morceau est palpable. C'est un hommage poignant à cette catastrophe que dévoile l'album. Une bien belle clôture. Le piano ralentit, la basse aussi, puis … silence.

Serait-ce la conclusion d'une carrière ? C'est probable, mais on ne l'espère pas. Bruce non plus d'ailleurs. Aussi, pour terminer, The Book Of Souls est un mélange de tout ce qu'il y a de génial chez Iron Maiden. Le côté progressif devenu plus proéminent depuis A Matter Of Life And Death, les riffs et les solos frissonnants de la part du triangle des guitaristes, la basse claquante et rythmée de Harris, la batterie propre à Mc Brain et le chant, la voix envoûtante et unique de Bruce. L'aura de la Vierge de Fer n'est pas prête de s'éteindre.

Jo