Irya - !

À plusieurs reprises, la scène metal française à su démontrer sa valeur et son énergie, bien que très largement sous estimée et sous évaluée. Irya fait partie de ceux-là. Fondé en 2013 à Orléans par Cebrou, Below, Toon, Djow et Gary, ce n’est que 3 ans plus tard que le groupe nous présentera son premier EP baptisé « ! », soit le 30 juillet 2016. Metal Cunt s’est donc intéressé à cette nouveauté autoproduite, et qui semble vouloir se démarquer du « commetoutlemondecore » !

Après une intro narrative humoristique d’une trentaine de secondes, on entre d’emblée dans le vif du sujet avec les riffs de Below et Toon, très lourds et gras ; d’emblée très catchy. Le chant alternativement saturé et clean de Gary vient se combiner au rugissement des guitares, le tout souligné par la puissante basse de Djow. On peut d’ores et déjà noter la qualité de la production, épatant pour une première autoproduction. On sent un son de guitare très travaillé, pour un résultat très équilibré, où chaque instrument trouve sa place. Dès le premier titre « One », l’auditeur est projeté dans un univers para-urbain, laissant sourdre des relents de révolte. Ce sentiment est appuyé par les paroles, en français, conférant à l’album une ambiance très particulière et originale. La critique de la société semble omniprésente, avec des titres comme « Buy Bitch ! », « Porn Generation » ou encore « Mescaline » évoquant la société de consommation et la décadence actuelle. Des influences hip-hop s’ajoutent au tableau, notamment sur « Porn Generation », ce qui ajoute encore une dimension « street metal » à une ambiance urbaine. Les musiciens sont généreux et transmettent énormément d’énergie sur cet album, à travers des émotions comme la colère et la révolte. L’auditeur appréciera les skits de quelques dizaines de secondes qui viennent rythmer l’ensemble et jouent un rôle considérable dans la mise en place de l’univers de cet album. Sur « Buy Bitch ! », on est confronté à un fatras hypnotique de phrases incitant à la consommation (« achète plus », « clopes ») pour un rendu angoissant très réussi. L’écoute de l’album passe très vite puisque le total dure environ 34 minutes, durant lesquelles on a le loisir d’évaluer le potentiel de ces cinq musiciens qui ne manquent pas de faire preuve d’inventivité et de maturité musicale.

Il est difficile d’attribuer un style précis à Irya étant donné l’hétérogénéité de leur compos. On peut cependant les rapprocher du metalcore, avec un petit quelque chose en plus, de frais et moderne. Ce groupe est clairement à surveiller de près étant donné la qualité de leur toute première autoproduction : ils ne semblent manquer ni d’énergie ni d’inspiration, ce qui est plutôt bon signe pour la suite de leur carrière !