Interview - Backyard Babies - Hellfest

De retour après un long hiatus qui leur a permis de se regonfler à bloc, les Backyard Babies sont prêts à botter des culs. Passé maître dans l'art du rock'n'roll, depuis le punk, au sleaze, au glam ou encore à la pop, le quartet reste meséstimé malgré un talent fou. Après une excellente prestation au Hellfest qui a rendu Dregen (guitare/chant) aphone, nous avons pu converser avec Nicke Borg pour en savoir plus sur Four By Four, leur nouvel opus qui sortira le 28 août, et sur les raisons de ce break. Backyard is back !

Vous êtes restés silencieux pendant sept ans, pourquoi ce break ?

Nicke Borg (chant/guitare) : Le dernier album (Backyard Babies) est bien sorti il y a sept ans mais ensuite nous avons publié une compilation : Them XX (2009). Par la suite nous avons tourné jusqu'en 2010, pour ma part j'ai été très occupé avec d'autres projets. Des projets solos, des projets avec d'autres artistes, j'ai mon émission de radio en Suède depuis quatre ou cinq ans (ndC : sur Bandit Rock), un peu à la manière de Nikki Sixx et son Sixx Sense. Il est amusant de constater que j'ai été plus occupé durant ces cinq années que je ne le suis normalement avec les Backyard. Je veux continuer tous ces projets et j'ai peut être sous-estimé l'énergie qu'il faut pour tourner. (sourire)

Savais tu que le break serait si long ?

Non ! Je savais qu'il ne serait pas court mais nous n'avons rien planifié. Nous voulions juste faire une pause, laisser les médias et les fans spéculer sur ce qu'il allait se passer. C'était un break « honnête ». Dregen a fait des choses de son côté (ndC : il a publié son album solo mais il a aussi participé à l'album Horns And Halos de Michael Monroe)... Nous nous sommes revus il y a un an et demi. Nous pensions que 2015 serait le moment parfait pour revenir avec un nouvel album. Depuis lors nous avons commencé à écrire du nouveau matériel.

Parlons un peu de tes projets, notamment Homeland avec qui tu as publié l'album Ruins Of A Riot.

Il était très important pour moi d'écrire avec d'autres musiciens, d'enregistrer avec d'autres producteurs... J'ai travaillé sur quelques émissions télé avec des gens exceptionnels, puis j'ai fait quelques sets acoustiques. Je voulais me dépouiller, loin des grosses scènes et de la saturation. De petits concerts intimistes, juste moi et ma guitare dans un style un peu country. Juste un mec qui joue et parle beaucoup à son public. (sourire) J'ai fait cela pour moi et cela m'a fait beaucoup de bien. Ces années ont été très importantes, si elles ne l'avaient pas été je ne serais pas là aujourd'hui. Je crois que je devais prendre du recul, me rendre compte de ce que j'avais. J'ai rencontré ma femme et je voulais reprendre ma vie en main d'une certaine manière. Je ne pouvais plus continuer comme ça ! J'ai arrêté la drogue et l'alcool il y a sept ans maintenant, ce qui a aussi été une étape très importante dans ma vie.

A-t-il été compliqué pour vous de retravailler ensemble ?

Je croisais les doigts en espérant que ça serait cool. (sourire) Mais lorsque nous nous sommes retrouvés au studio de répétition, c'était comme si c'était hier. (sourire) Nous n'étions sûrs de rien en nous retrouvant.

Vous venez de publier « Th1rte3n Or Nothing », le premier single de votre nouvel album, qui est typique de Backyard. Est il proche du reste de l'album ?

Non, l'album est très varié. Les chansons sont toutes différentes. Nous avons essayé de ne pas oublier notre passé, de faire plaisir à nos plus vieux supporters mais pas seulement. Il y a des titres dans l'esprit de « Th1rte3n Or Nothing », des titres pop punk entre Kiss et les Ramones, des titres plus lourds et enfin des choses très épiques.

Vous avez l'air d'aimer le chiffre « 13 » (il se marre). Êtes vous superstitieux ?

Depuis que nous avons sorti Total 13 (1998), le chiffre « 13 » est devenu banal dans le rock'n'roll. Pour nous il représente un peu l'esprit de cette musique donc « Th1rte3n Or Nothing » c'est notre manière de dire qu'il faut être rock'n'roll ou ne pas être. (rire)

Vous êtes revenus sur scène au Sweden Rock (le 5 juin), était ce important pour vous de faire ce retour scénique dans votre pays ?

Je pense que c'était une bonne chose. Nous avions un temps de jeu conséquent, il y avait beaucoup de monde... Nous étions très nerveux mais tout s'est très bien passé.

Votre dernier concert français remonte au Hellfest 2009, que retiens tu de ce concert ?

Le dernier Hellfest ? Je ne m'en rappelle pas vraiment (rires). Je sais que nous avons joué avec Mötley Crüe (il réfléchit), c'était en 2009 ? C'est ça non ? (sourire) Pour être honnête je n'étais pas bien du tout à cette période, j'en avais marre de jouer avec le groupe. Je venais juste d'arrêter la drogue et l'alcool et je trouvais tous les autres complètement cons. Je voulais juste me barrer... Ce que l'on a fait en 2010. C'était peut être un bon concert mais mentalement j'étais très loin de tout cela. Aujourd'hui j'étais vraiment là ! (rire)

Tu faisais simplement ton travail.

Même pas un travail. Mon corps était là mais mon esprit ne l'était pas.

Comment as tu vécu le show aujourd'hui ?

Très cool ! (sourire) Beaucoup de public, j'adore voir les gens sourire au soleil. Super ambiance ! Pleins de super groupes qui jouent aujourd'hui... presque trop ! (rire) J'ai l'impression que tout le monde joue sur ce festival ! Je suis surpris qu'autant de gens soient présents devant les scènes toute la journée. Personnellement, j'attends ZZ Top (rires).

Quel est ton meilleur souvenir jusqu'à maintenant avec les Backyard Babies ?

Je ne sais pas... La chose dont je suis le plus fier est que nous sommes les quatre même mecs qui avons commencé ce groupe il y a vingt ans dans notre ville à l'arrache et nous continuons à jouer tous ensemble partout dans le monde. Rien n'était écrit il y a des années mais j'espère que nous allons continuer encore longtemps. J'adore Four By Four, notre nouvel album, et je crois qu'il plaira à nos fans.

Le philosophe Kant a dit : « La musique est le langage des émotions ». Est ce que cela te parle ?

Je pense que beaucoup de gens se tournent vers la musique dans des moments difficiles... mais aussi dans des moments « faciles » ! Tu peux te sentir connecté à une chanson toute ta vie car tu l'écoutais alors que tu as rencontré ton premier amour, ton meilleur ami... La musique connecte les gens entre eux et c'est ce qui la rend si belle. Il n'y a rien qui me rende plus heureux que de partager ma musique avec un public. Je me souhaite de gagner un peu d'argent avec elle afin de pouvoir continuer. (rires)

Est-ce cette connexion qui te rend si proche d'un titre comme « Nomadic » (Backyard Babies) ?

C'est un titre assez émotionnel, je l'ai écrit alors que j'étais au plus bas vers la fin de me consommation de drogue. « Nomadic », « Saved By The Bell » sont des titres animés par la même chose qui me sont très proches. Elles traitent de ma relation à moi même et de mon lien avec les gens qui m'entourent.

Merci beaucoup pour cette interview, tu as les derniers mots.

Non merci ! Il fait trop chaud ici (rires).

Line-up :

Nicke Borg (chant, guitare)

Dregen (guitare, chant)

Johan Blomqvist (basse)

Peder Carlsson (batterie)

 

Discographie :

Diesel And Power (1994)

Total 13 (1998)

Making Enemies Is Good (2001)

Stockholm Syndrome (2003)

Live In Paris (live-2005)

People Like People Like Us (2006)

Backyard Babies (2008)

Four By Four (sortie le 28 août 2015)