Interview Dagoba - Shawter - Du Metal à la Campagne

C'est entre les balances et un repas bien mérité que nous avons eu l'opportunité d'échanger quelques mots avec Shawter à l'occasion du Metal à la Campagne. Lui, qui enchaine les tournées et les albums, avait beaucoup à nous dire sur sa manière de relativiser le succès qu'il rencontre depuis les prémices de Dagoba. 

Interview réalisée à Rexpoede le 19 Septembre 2015:

Salut ! Ça fait quoi de revenir dans le Nord de la France pour une énième date ? On vous a déjà déjà vus plusieurs fois dans le coin. Vous avez joué au Pharos à Arras cette année et vous étiez également au Betizfest à Cambrai l’année dernière. Vous vous sentez attachés au Nord/Pas-de-Calais ?

Pas forcément, ça nous tient surtout à coeur d’aller à la rencontre de notre public Français. Nous jouons souvent à l’étranger. Donc oui, ça nous fait toujours plaisir de revenir. Et même si ce sont des dates qui sont éloignées de notre Marseille natale, nous sommes toujours contents de retrouver la chaleur du Nord. 

Tu sembles très proche au Sud de la France. Est-ce que tu es plus lié à ta région qu'aux autres régions ?

Ah non ! Pas forcément ! J’aime jouer partout. Honnêtement, c’est vraiment un pur plaisir d’être sur scène partout où je suis ! 

Que penses tu de l’affiche d’aujourd’hui ? 

Déjà, je suis super content de partager l’affiche avec mes potes de Bukowski. Ce n’est pas la première fois que nous jouons avec eux. Nous sommes devenus amis par la suite. Ça nous fait vraiment plaisir. Et aux vues des balances qui nous ont précédés, il va y avoir beaucoup de très bons groupes avant nous ! Je vais être attentif à tout ce qui se passe durant la durée du festival. 

Donc, tu t’entends bien avec Bukowski. Que penses tu de leur nouvel album ? 

C’est un super album ! Ils font du très bon boulot ! Ils réussissent un tour de force. Quand je fais le tour des réseaux sociaux, il y a beaucoup de personnes qui n’ont pas l’air très contentes… Et heureusement que la minorité silencieuse reste celle qui se déplace aux concerts. Pour un groupe qui n’est pas dans le Metal Extrême et qui reste dans une veine plus Rock n’ Roll, quand je vois qu’ils arrivent à s’imposer sur des affiches plus « Metal extrême », je trouve cela assez remarquable ! Ils jouent un genre de musique que j’aime beaucoup, donc je suis bien content pour eux ! 

Vous avez posté une publication sur les réseaux sociaux concernant un éventuel retour au Hellfest en 2016…

Je ne suis pas responsable de cela. J’ai seulement demandé aux fans si ça pouvait leur faire plaisir ou pas de nous revoir au Hellfest. Je ne fais pas partie de ceux qui programment le festival. Mais bien sûr, nous espérons avoir l'opportunité de nous y reproduire. Nous l’avons fait une année sur deux et vu que c’est un évènement très spécial pour nous, je croise les doigts pour que cela se refasse l’année prochaine ! C’est le gros festival Metal Français, la grande messe du Metal français ! 

Et si vous êtes programmés une nouvelle fois, est-ce que tu penses que vous seriez capables d'organiser un aussi grand Wall Of Death que l’année dernière, voire un plus grand ? 

Un plus grand, je ne sais pas ! Car ça allait quand même d’une extrémité à l’autre ! À moins de séparer les villages au loin… Je ne sais pas comment on pourrait faire. Ce que je tiens à signaler, c’est qu’il faut remercier la participation du public. Il vient à chaque fois soutenir un petit groupe de Marseille. Pour nous, nous sommes les membres d'un petit groupe de Marseille qui se déplace à destination du plus grand rassemblement du Metal Français… Quand il y a les fans qui répondent, ce n’est pas nous qu’il faut mettre en avant, mais ces gens qui nous soutiennent ! 

Il y a un nouvel album qui est sorti. Il s’appelle The Tales Of Black Dawn. Est-ce que vous avez changé votre manière d’écrire vos morceaux depuis Post Mortem Nihil Est

Non. Nous n’avons pas changé notre façon de concevoir un album ! Je mets beaucoup de temps à en théoriser un. Je tiens à prendre le temps de sélectionner les ambiances que je veux y inclure. Comme un scénariste qui écrit un synopsis… Je n’aime pas que la conception des riffs s’étende sur plusieurs mois… Je ne vois pas l’intérêt d’écrire un riff par ci, un riff par là et de tout reconnecter par la suite. J’aime bien me dire: « Sur le prochain album, je veux raconter cette histoire et je veux que nous en soyons les acteurs principaux. ». On essaie d’écrire nos morceaux d’une seule traite. C’est la méthode qui marche pour nous. Après, je ne sais pas si c’est le cas pour les autres musiciens. Tout ce que nous savons, c’est que les autres méthodes ne nous conviennent pas… C’est très instinctif. 

Pour promouvoir l’album, il y a une nouvelle tournée qui a été programmée. La date au Metal à la Campagne est la deuxième. Après, vous allez vous produire presque tous les jours jusqu’à la fin du mois de décembre. Comment fais tu pour joindre ta vie personnelle à ta vie au sein de Dagoba ? 

Je me prépare tous les jours à affronter une nouvelle tournée. Il faut se préparer physiquement et mentalement. J’ai la chance de partager ma vie avec une musicienne. Elle comprend donc ces absences. Je suis conscient d'exercer un métier qui me donne la possibilité d’être une année complète chez moi. Ça me permet d’être présent pour élever mes enfants et de passer du temps précieux avec eux. C’est dûr pour moi car je pars loin de chez moi, c’est jamais agréable. Mais c’est la vie que j’ai choisie ! Quand je suis avec ma famille, je profite à 200%, ça me permet de ne pas être triste à 10 000% quand je ne suis pas à la maison. 

Vous avez sorti trois CDs en trois ans. Il y a eu Post Mortem Nihil Est, le fameux DVD live au Hellfest 2014, puis le petit nouveau. Vous ne vous arrêtez donc jamais ! 

Nous sortons un album tous les deux ans. Nous pensons que c’est une bonne moyenne… Il faut dire que nous ne faisons que ça ! 

Comme tu m’as dit en début d’interview, Dagoba commence à jouer un peu partout dans le monde. Vous avez joué au Resurrection Fest cet été en Espagne. Tu peux me parler un peu de ce festival ? Les Espagnols aiment-ils Dagoba ?

Oui, bien sûr ! Nous jouons régulièrement en Espagne. Le festival en lui-même est vraiment génial ! Je conseille à tout ceux qui sont habitués des festivals Metal Européens d'aller en Espagne pour le Resurrection Fest parce que le lieu est magnifique. Le cadre est incroyable. Il y a très peu de risques d’averses car c’est en Espagne... C’est face à la mer. C’est le genre de festival que je ferais volontier en tant que festivalier par exemple. 

Je vais terminer l’interview avec une question de philosophie plus générale. Il y a un philosophe qui s’appelle Kant, il a dit que la musique était la langue des émotions. Est-ce que tu es d’accord avec lui ? 

Je suis d’accord avec lui. Pour une autre raison, il y a un adage qui dit que la musique est un langage universel. La musique d’un Africain peut toucher un Chinois… La musique, c’est quelque chose qui n’a pas de mots… Je suis relativement d’accord avec Kant, ce philosophe que j’ai beaucoup étudié en classe de Terminale.