Interview - Mars Red Sky - Motocultor

Avec huit ans de carrière et déjà deux albums, un EP, un Split et quelques tournées mondiales à leur actif, les Mars Red Sky sont bien la preuve que la scène Stoner Française est en pleine ébullition. Après avoir souillé le Hellfest en 2014 avec leur musique, c’était au tour du Motocultor d’être drogué par la musique hypnotisante du trio pour le moins ouvert d’esprit. « Peace » attitude garantie. 

Interview réalisée le vendredi 14 au Motocultor: 

Salut les gars, vous venez tout juste de vous produire sur scène. Que pensez vous de votre prestation avec le recul ? 

C’était propre, très propre même. Le sol, il l'était un peu moins, mais l’ensemble de la prestation était clean. Nous en sommes très contents. C'est surtout l’accueil des gens qui nous a surpris. Dans un festival comme le Motocultor qui propose beaucoup de groupes de musique extrême, ce n’était pas gagné d’avance !

Pourtant il y a des groupes comme Orange Goblin à l’affiche…

Oui, mais même si les gens nous mettent dans la même case, nous n'avons pas le même délire. Ce que nous proposons est quand même assez différent de ce genre de formation. Après, je vois où tu veux en venir, il y a des éléments présents chez Orange Goblin que tu peux retrouver chez nous. Mais pour revenir à notre ressenti d'après-concert, nous étions contents de voir les gens sourire et il y a même eu quelques rayons de soleil à la fin de notre concert. Ce n’était pas gagné car nous ne faisons pas les balances quand nous montons sur scène, nous faisons juste un « Check », nous réglons quelques détails techniques comme les effets et c’est parti. Et étant donné que nous jouons relativement bas, nous pouvions écouter le groupe qui jouait à fond sur l'autre scène, c’était très sympathique. Tu joues sur scène et tu écoutes le groupe qui se produisait sur la deuxième scène. (rire) Non, mais pour être plus sérieux, c’est vrai que ce n’est pas évident pour nous quand nous jouons bas et qu’un autre groupe se produit au même moment sur une autre scène ! 

D’ailleurs, j’aimerais revenir sur le son même de votre concert. Il était relativement bas. En tant que spectateur, j’ai toujours eu l’impression que vous étiez en train de maitriser votre énergie... 

Nous sommes très chargés dans les fréquences basses, ce sont nos morceaux qui veulent ça. D’ailleurs, nous sommes très contents de notre ingénieur son. Je pense tout simplement que pour faire passer un morceau dans le tuyau, je pense que notre ingénieur son est obligé de faire un petit compromis par rapport au volume. Après, c’est peut être dû au fait que dans le cadre du festival, la façade était ouverte. Du coup, le concert perd en dynamique. il aurait peut être fallu se mettre un petit peu plus loin pour apprécier le concert avec un son plus élevé. 

J’ai également ressenti beaucoup d’influence Blues des années 60’s dans votre manière de jouer, c’était très naturel ! 

Oui, carrément ! Nous sommes très influencés par Jimi Hendrix et Cream. C’est surtout tout ce qui s’est fait entre The Beatles et Black Sabbath et tout ce qui s’est passé dans les années 60’s qui nous influencent. 

Le Motocultor est aujourd’hui un des plus grands rassemblements de Metal en France. Ça vous fait quoi de jouer pour le Motocultor ?

Nous sommes ravis. Nous devions y jouer l’année dernière mais au final ça ne s’était pas fait ! Nous en avions parlé entre nous, mais au final, c’est tombé à l’eau. Les gens ici sont tout aussi sympathiques qu’au Hellfest où nous nous sommes produit l’année dernière ! 

Vous avez deux albums à votre compteur. Il y a un album éponyme, Mars Red Sky, et Stranded In Arcadia. Le deuxième album est souvent une étape charnière pour un groupe. Est-ce que vous avez changé votre manière de composer ou bien vous êtes restés dans la même lignée ? 

L’évolution, c’est l’arrivée de Mathieu au sein du groupe ! C’était un moment capital pour le groupe, c'était entre le premier et le deuxième album. Mathieu est arrivé quand Mars Red Sky a enregistré l’EP Be My Guide en 2013. Il a apporté une couleur en plus dans le groupe. Sinon, en ce qui concerne la composition de l’album, ça a toujours été très spontané. Peut-être que ça l’était moins pour le premier album car le deuxième album a été accidentellement enregistré quand nous étions au Brésil alors que nous étions censés l’enregistrer aux États Unis. Cela nous a mis dans un mode qui était un peu tout aussi pareil. Mais la différence, c’est bien l’apport de Mathieu qui est très sensible. Nous tentons de nous ouvrir vers de nouveaux horizons musicaux principalement à cause de Mathieu.

Votre deuxième album est sorti chez Listenable Records. Comment s’est fait le contact entre vous et les patrons du label ? 

Je pense que notre programmation au Hellfest y a contribué pour beaucoup. Mais le label avait dû entendre parler de nous un peu avant donc ils nous ont directement contactés. Nous sommes chez eux depuis la sortie de Stranded In Arcadia. Nous sommes très contents de cette collaboration car ce sont vraiment des gens avec qui on s’entend très bien ! Ce label nous permet de distribuer notre musique un peu partout en France, le dernier album a été pressé dans les 2000 vinyles et 4000 cds ! Ce label nous permet d’être distribué un peu partout en France. 

Le groupe a joué un peu partout dans le monde, notamment en Brésil ! Il y a même des T-shirt du groupe « Spécial Brésil » qui ont été réalisés à l’occasion. Que retenez vous de votre passage en Amérique du Sud ? 

Nous avons posé nos valises deux fois là bas ! Lors de notre dernière tournée, nous avons joué à Sao Paulo et Rio de Janeiro et d'autres villes où nous nous étions déjà produits auparavant. Mais nous avons également été accueillis dans des villes intermédiaires comme Petropolis et Santa Maria. À chaque fois que nous commençons une tournée Américaine, nous jouons en Argentine à Buenos Aires à l’Uniclub. C’est toujours le même promoteur qui se charge de nous. Ce qui nous a surpris pendant cette tournée au Brésil, c’est que la réaction du public changeait d’un concert à l’autre. Ça se pouvait qu’un public reste devant nous les bras levés pendant tout le concert quand d’autres concerts se passaient de manière très intimiste dans le calme le plus total. 

La scène Stoner regorge actuellement de beaucoup de formations prometteuses. Que pensez vous de la scène Stoner française ?

Il y a de très bons groupes. Pour nous rendre à ce festival, nous avons écouté le dernier album des Glowsun, Beyond The Wall Of Time. Ce sont de très bons amis à nous, nous avons partagé la scène avec eux à plusieurs reprises comme en AllemagneFabrice (Cornille) nous avait prêté sa batterie. En fait, nous avons le même tourneur donc nous jouons régulièrement ensemble. Nous les avions même invités à une de nos soirées à Bordeaux, ça s’appelait les « Make It Sabbathy ». Quand nous venons jouer à Lille, ils viennent nous voir, ce sont de bons copains !

Ma dernière question est une réflexion sur la musique en elle-même. Le philosophe Kant a dit que la musique était le langage des émotions. Est-ce que vous êtes d’accord avec lui ? 

Oui, je suis d’accord. Mais, il ne faut pas réduire cette appréciation à la musique, ici le Metal en l’occurrence, mais à l’Art en général. Concevoir que la musique seule est le langage des émotions, c’est un peu restreint ! C’est l'ensemble des Arts qui traduit les émotions !