Interview - Max - Morpain

Si le Hardcore de Morpain a réussi à conquérir le Nord de la France, d'autres régions de l'Hexagone restent à envahir. Mais il ne s'agit désormais que d'une question de temps maintenant que Morpain a signé avec l'écurie Lords Factory. Et c'est à l'occasion de ce contrat tout frais que la rédaction de Metal Cunt s'est entretenue quelques instants avec un des membres fondateurs de la formation Nordiste, son batteur, Max.

(Entretien réalisé le lundi 20 juillet 2015)

Bonjour Max, est-ce que tu peux te présenter et le groupe dans lequel tu joues ?

Salut, moi c’est Max le batteur et fondateur de Morpain. J’ai créé ce projet en 2001. Il y a Vivien à la guitare qui est arrivé en 2004. Ensuite, il y a Mike à la basse qui nous a rejoints en 2010. Enfin, nous avons deux chanteurs Gio et GregGreg est arrivé en 2003 et Giovanni en 2013. Nous avons eu plusieurs line-ups. Mais le noyau du groupe, c’est Vivien, Greg et moi même ! 

Si tu devais définir le style de Morpain en une expression, ça serait laquelle ?  

 « Brutal-Hardcore » ! On a voulu mélanger toutes nos influences ! Ça va du Death au Rock en passant par le Grind et le Hardcore. Nos groupes référents sont assez variés. Nous aimons beaucoup Carcass, Slayer, Megadeth mais aussi Hatebreed. Nous avons voulu associer toutes ces influences à notre sauce. On ne veut pas suivre les codes ni les clichés. Par exemple, on peut mettre des parties de Two-Steps avec du Blast, ça ne nous dérange pas, on joue la musique qui nous plait ! 

Le groupe fête les dix ans de Call To Fight. Qu'est-ce que ça fait de voir un de ses albums souffler sa dixième bougie ?

On se dit que le temps passe vite… C’était notre première vraie réalisation. Elle était auto-produite. Je me souviens que le groupe en avait vendu pas mal à sa sortie ! Dans Call To Fight, il y avait Greg, Vivien et moi. Avant, il y avait Cyril qui a été remplacé par Gio et Jasco officiait encore à la basse à cette époque. Aujourd'hui, changement de line-up oblige, notre façon d’écrire les morceaux a aussi changé. 

Comment aviez vous composé vos morceaux pour cet EP ?

Souvent, je lançais un rythme à la batterie et Vivien assurait la guitare, ce qui permettait de greffer la basse et les chants par la suite. C’est la batterie qui fait naître des riffs. Parfois, c’est l’inverse.

Que penses tu de Call To Fight avec le recul ?

Étrangement, nous l’avons ré-écouté et nous avons été surpris car il y a un morceau qui dure presque six minutes. On faisait des morceaux assez longs à l’époque. Maintenant, ils sont un peu plus courts. Je ne me souviens plus trop d’où était venue l’idée d’écrire un morceau aussi long. Dans cet EP, il y a des titres comme « Good News From This World » ou même « Work or Die » qui, lors du stade de création, n’étaient pas pré-figurés. Ça partait dans tous les sens. Après, on a re-structuré le tout. Cet EP nous a appris à écrire des morceaux en fait. 

Pour revenir au groupe en lui-même. Est-ce que tu pensais qu'il prendrait une telle ampleur dans la scène Metal du Nord Pas de Calais ?

Pas du tout ! On faisait ça au départ pour s’amuser. On avait juste envie de jouer pour s’éclater à l'époque. Rien ne vaut une bonne scène et les moments que l’on passe avec d'autres musiciens. Nous avons de très bons souvenirs vu le nombre de dates que nous avons à notre actif ! Et c’est cela que nous recherchons avec Morpain. Nous voulons nous évader du quotidien. Car il faut savoir qu’on a tous un travail à côté… Partir à des kilomètres de chez nous, ça casse la routine.

Ça fait trois ans que Morpain n’a pas réalisé de disque...

En effet, nous avons sorti un EP en 2012… (Deny The Truth NDLR)

Mais sur votre page Facebook, vous avez dit que vous étiez en train de travailler sur votre deuxième album !

Oui, nous bossons sur le nouvel album avec le nouveau line-up justement. Nous prenons notre temps. Le processus de création des morceaux a été entrepris dès septembre 2014. Pour l’instant, neuf titres sont bouclés. Nous tenons peaufiner notre travail car si c’est pour sortir un truc à l’arrache, ce n’est pas la peine. On veut un objet avec un bon son, un objet qui reflète bien Morpain

Vous privilégiez la qualité…

Oui, voilà, c’est ça. Souvent, nous re-jouons les morceaux pour les arranger quand ça coince à un endroit. Puis, c’est pas évident avec la routine quotidienne, le groupe ne répète qu’une seule fois par semaine. Un de nos chanteurs habite en Belgique… Pas évident comme situation. Mais les membres essaient toujours d’avancer chez eux en cherchant des idées.

Le processus d’écriture des morceaux a t-il changé ou est-il resté le même ?

Vu que le chanteur qui est parti faisait tous les textes, pas mal de choses au niveau de la composition des chants ont été modifiées. On a essayé d’aborder de nouveaux thèmes. Nous tenons à ce que les nouveaux membres donnent également leur opinion. 

Jasco, votre ancien bassiste, joue maintenant dans Crusher, vous n’avez pas eu trop de mal à le remplacer quand il est parti ?

Nous avons quand même mis six mois à le remplacer, mais Mike est là depuis 2010 maintenant. Il a réussi à s’intégrer au groupe dès son arrivée. 

Ça t'inspire quoi le fait que Jasco soit parti chez Crusher qui a quand même joué au Hellfest cet été ?

Je suis très content et très fier de lui. Nous sommes restés en contact et on se voit régulièrement pour faire la fête. Il a quand même réussi à accéder à la scène du Hellfest et c'est ce qu’il voulait depuis longtemps. On souhaitait aussi pouvoir faire de la scène à droite à gauche. Il ne vit que pour ça donc tant mieux si tout beigne pour lui !

Vous êtes la dernière recrue de Lords Factory. Est-ce que tu peux me dire comment le contact avec l'organisation s’est-il fait ?

C’est tout simple, c’est Jasco qui a parlé de Morpain aux membres de Lords Factory. Morpain s’est renseigné et a contacté Tessa qui nous a expliqué le fonctionnement de la boîte. Ça nous a vite plu d’autant plus que nous cherchons à faire un peu plus parler de nous. Car ce n’est pas évident quand tu fais moins de concerts et que tu n'as pas d'album à promouvoir. Dès qu’un groupe a moins d’actualités, il a moins d'opportunités. Sur le coup, on s’est dit que Lords Factory pourrait nous aider à trouver de nouvelles dates. Pour répondre à ta question, c’est bien grâce à Jasco que nous sommes entrés en contact avec eux. 

Qu’attendez vous de cette association ? 

On souhaite que Morpain puisse se faire connaître un peu plus en France et qu'elle nous fasse jouer à droite et à gauche en France. 

Sinon pour revenir au groupe en lui même, il a formé une communauté de fans très soudés qui vous suit à chaque concert, ça te parle ?

Oui et nous en sommes très contents ! Bon, même si nous ne faisons pas de la musique pour la reconnaissance, quand tu vois que ta musique plait à certaines personnes, ça motive ! Au départ, on ne jouait que pour nous. Dès que ça plait, tu as directement plus l'envie de te donner à fond. Nous sommes très reconnaissants envers ces gens qui nous suivent. Y’a toujours quelques têtes que l’on reconnait à chacun des concerts et ça fait très plaisir. 

Un de vos concerts m’a marqué, c’était celui que vous avez donné aux Metallurgicales de Denain en 2013, qu'as tu retenu de cette date ? 

Ça a été ! « Mission Accomplie » j’ai envie de te dire… ! Nous avons fait ce qu’il fallait faire et nous ne nous sommes pas posés trop de questions. Nous sommes venus tels quels et avons montré ce dont nous sommes capables et, au final, ça a très bien fonctionné. Notre travail a porté ses fruits ! Je pense qu'il faut rester vrai et jouer avec son coeur.  

Le philosophe Kant a dit « La musique, c’est le langage des émotions », tu en penses quoi ?

Je suis carrément d’accord avec ta citation. N’importe quelle musique peut transmettre un message négatif même par l’intermédiaire d’une mélodie calme et vice-versa. Les émotions sont différentes en fonction de chaque être, donc je pense que c’est bien résumé !

 

 Morpain c'est:

Greg : Chant 

Gio : Chant  

Max : Batterie

 Viv : Guitare  

Mike : Basse

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