Raptor King - Interview

Vicieux, inventif, catchy, brutal, mélodique, débile… Raptor King est tout cela et bien plus encore ! Véritable révélation française de ce début d’année, son premier EP Dinocracy n’a pas fini de faire parler de lui. Mêlant sans se forcer hardcore, sludge, rock’n’roll et black metal, le roi en remontre à tous en cinq petits morceaux que l’on n’hésitera pas à porter au rang de tubes. Ode à la gloire de leur chanteur Raptor V, dinosaure projeté dans notre époque par accident, le trio nous a livré un entretien aux frontières du réel où l’on parle autant de Booba, que d’attributs gargantuesques que d’Anaal Nathrakh. (ndlr : si vous souhaitez connaître l’identité de chaque membre la rédaction s’engage à reverser vos pots de vin au roi, afin de l’aider dans sa quête de domination mondiale)

Comment en êtes-vous arrivés à monter un groupe dont le frontman serait un raptor ? Un amour inconditionnel pour Jurassic Park ?

Don Coco : L’occasion s’est présentée à vrai dire, je n’avais d’ailleurs jamais envisagé de faire de la batterie, encore moins de la musique ! Mais quand nous avons fait la connaissance de Raptor V nous étions comme guidés vers une lumière divine… Donc je suis passé acheter une paire de baguettes à la Baguetterie et cinq minutes plus tard j’avais assimilé et maitrisé ce que d’autres mettent plus de trente ans à comprendre.

Nightsmoke : Et bien je crois que nous sommes de grands enfants ! (rires)
Sérieusement, on se demandait avec Don Coco, quel chanteur recruter pour assurer le poste de hurleur et les terriens étant tellement faibles, notre choix s’est naturellement tourné vers un Raptor des Hauts-de Seine.

Vous dîtes que Raptor V vous a rejoint après la composition des titres, est-ce vraiment le cas ?

Nightsmoke : C’est exact ! Je rêvais la nuit en fumant mes cigarettes de monter un groupe réunissant tout ce que j’aime dans la musique que j’écoute, des gimmicks de certains styles. Au départ, cela devait être un CD « one shot » juste pour le plaisir sans rien calculer. Du coup, j’avais une dizaine de maquettes, j’ai contacté mon vieil ami Don Coco pour m’aider à mettre en ordre tout ça. On a fait du tri, on a essayé des choses en salle de répétition. Au final, on a conservé quatre chansons et le titre « Acolytes » est né de ces sessions.

Raptor V : Nan mais putain évidemment que je n’allais pas bosser sur les titres ! Vous me prenez pour qui ? Moi je viens juste pour extérioriser toute ma colère, mon vice et ma brutalité. Je n’ai ni l'envie ni le besoin de travailler pour être au sommet. Je viens et j'ouvre la gueule, le reste se fait naturellement. On ne me demande pas d'être un musicien, on me demande d'être ce que je suis, le roi des dinosaures. Votre futur roi.

Dinocracy est très bien accueilli par la presse est ce que vous êtes confiants pour la suite ?

Don Coco : C’est vrai qu’il y a eu d’excellents retours de la part des chroniqueurs, et c’est normal. Néanmoins il y a bien eu une seule review négative par Metal Chroniques, on est allé le trouver pour lui briser les jambes, mais avant de l’achever il nous a dit que sa mère s’appelait aussi Martha alors maintenant on est les meilleurs amis du monde (ndC : référence au dernier blockbuster sorti sur les écrans, pas encore vu mais ce « détail » du scénario est une sodomie à lui seul)… Nan en fait il est mort.

Raptor V : On est venu, on a mis une grosse cartouche dans le cul de la presse, on va en mettre une bien veineuse de la maman de la presse avec le prochain EP, et il nous restera encore les mamans de mamans, puis les mamans de mamans de mamans de la presse. Ce qui est cool avec la presse c'est que c'est une salope. Tu lui mets des claques et elle revient à quatre pattes la langue pendante.

Nightsmoke : Un Raptor avec une grosse paire de couilles, tu ne peux qu’être confiant pour la suite ! Blague à part, nous sommes ravis de voir autant de lécheurs de couilles nous suivre. Ça va faire un paquet de langues tout ça !

Vous avez dit avoir déjà commencé à plancher sur un deuxième EP, quand peut-on espérer reprendre une dose de Raptor King ?

Nightsmoke : Oh oh oh, nous sortions à peine de l’enregistrement de Dinocracy l’été dernier que Don Coco et moi-même commencions à nous réunir de temps en temps pour poser des idées. Nous devons le meilleur pour notre Roi. Le monde n’est pas prêt pour ce qui se prépare ou alors on aura raté notre cible (rire diabolique).

Don Coco : Oui le second EP est déjà écrit. On le peaufine pour qu’il devienne encore plus ultime que Dinocracy, ce qui est un pari difficile mais il faut bien que les gens comprennent que chez nous, on produit des tubes et des classiques comme une mère de famille nombreuse fait des gosses pour toucher les alloc’.

Raptor V : "Plancher" ? Haha ici on ne planche pas, on respire, on vomit, on purule, on suinte le talent, nous parlez pas de plancher... on laisse ça aux loosers de la scène française qui se masturbent dans leur caca en rêvant de signer du Sumerian Records (ndC : de là à déduire que Raptor King ne reprendra jamais du Disney il n’y a qu’un pas…). Et guess what, avec la lourdeur qui sort des cordes de Nightsmoke et la folie qui claque sous les baguettes de Don Coco en ce moment je crains l'implosion pour tous les petits culs qui vont recevoir une nouvelle "dose de Raptor King" comme tu dis.

A une époque où les albums sont de moins en moins organiques vous avez choisi d'enregistrer Dinocracy live avec Jean-François Di Rienzo, pourquoi ?

Nightsmoke : Parce que justement ils ne sont justement pas assez organiques (les albums de notre époque) et ça ne nous plaît pas les sons froids des batteries programmées et les guitares « fractalisées ». Et puis le live, ça vieillit mieux dans le temps. Il y a une âme, une identité, ça marque un moment de notre vie. C’est une expérience qui te rappelle le pourquoi du comment tu as commencé la musique. Juste brancher une guitare dans un ampli et foutre un maximum de bordel. Jean-François Di Rienzo (dit JF) est très bon dans l’exercice de l’enregistrement live. Je vous invite à écouter des groupes comme Man Is Not A Bird entre autres.

Don Coco : En effet, on voulait vraiment retranscrire l’énergie et le groove, ce qu’on ressentait en répète (et plus tard en concert). L’exercice est très fun aussi, la musique n’aurait définitivement pas eu le même impact en faisant à la manière « moderne ».

Raptor V : Le metal c'est organique un point c'est tout. On parle d'un art là, on n’est pas au putain de Carrefour qui optimisme. On ne va pas en studio où y'a tout le matos nécessaire pour lancer une bombe, pour demander de nous sortir un putain de son numérique de mes couilles histoire de bien ressembler à tous les autres. Le studio The Office / The Artist l'a toujours bien compris et sait mettre ses artistes en valeur. C'est le best dans le game-zer.

Je n'ai pas hésité dans ma chronique à vous rapprocher de Ghost, eux qui sont le dernier groupe à avoir appuyé l'aspect visuel sans négliger leur musique, contrairement à eux vous ne mettez pas en avant l'identité de vos membres mais il est facile de découvrir qui vous êtes. Pour vous jusqu'où va le concept ?

Nightsmoke : Pour commencer, merci pour le rapprochement, j’apprécie beaucoup ce groupe. Dans notre cas, on est un peu plus « roots », c’est essentiellement le Raptor que l’on souhaite mettre en avant. Nous verrons par la suite, si tu veux on imaginait déjà pour plaisanter une comédie musicale Raptor King avec une histoire digne de comics, des super-pouvoirs… Et un parc d’attraction Raptor Land, les gens pourraient s’amuser dans de la lave et brûleraient dedans par exemple.

Don Coco : Pour moi Raptor King est avant tout un monde, dans lequel on ne se pose aucune limite, pour l’instant on présente l’EP mais à l’avenir l’univers peut s’étendre à des courts métrages, des comics etc…

Raptor V : Quel concept ? Je ne suis pas un concept. Mes deux Acolytes ne sont pas des concepts, nous sommes bien vivants. Les hommes ont toujours dessiné des fresques sur les murs et colporté des récits sur les héros et légendes. Raptor King existe aussi pour offrir une baisse du chômage significative dans le domaine des raconteurs d'histoire, de la BD et de la prostitution.

On peut voir Raptor V avec un sweat Anaal Nathrakh, est ce qu'il est devenu instantanément fan du groupe à son arrivée sur Terre ? Dans votre musique on sent de nombreuses influences (hardcore, rock'n'roll, black) pourtant vous vous définissez comme une formation de sludge, pourquoi ?

Raptor V : Putain ouais c'est trop bon ce groupe. Je n'écoute essentiellement qu'Anaal Nathrakh et B2O (ndlr : Booba pour les intimes). Anaal Nathrakh est pour moi un groupe qui a tout de suite imposé un mélange des styles extrêmes les plus hétérogènes. Du black, du grind, du hardcore, et du chant de cirque sans se prendre la tête en se demandant "Ah ouais mais du coup on ne va pas plaire aux coreux", "Ohé mais si on fait ça on perd le publique black" ect. On sent l'énergie libre et vivace qui émane de ce groupe. Elle n'a pas de limite. Et elle produit mieux chacun des styles qu'elle touche puisqu'elle les enrichit de ce qui leur manquait pour en faire une musique juste parfaite. Notre putain d'avantage, c'est qu'on maitrise totalement tous les styles de metal, mais mieux que n'importe qui, du coup on se ballade izi peasy lemon squeezy dans le game le plus violable du monde, alors pourquoi vouloir suivre les moutons.  Et on n’est pas sludge, on est Raptor King, mais faut bien faire apaiser les esprits que ça dépasse. Alors on dit sludge...

Nightsmoke : Parce que c’est la lourdeur des couilles du Raptor, voilà tout. Comme je cite plus haut, on a mixé tout ce qu’on aime sans trop se soucier des styles. On a bien évidemment essayé de mélanger le tout intelligemment sans non plus avoir du « bruit »… Quoique... (rires)

Dans le clip de "Da Fuck..." vous jouez beaucoup sur les clichés du hardcore, j'imagine que cela vient du fait que Raptor a découvert notre époque en banlieue parisienne.

Nightsmoke : Le 92 mec, B2O, la base.

Don Coco : On suit Booba depuis très longtemps maintenant, son dernier album Nero Nemesis nous a mis une claque, c’est et ça restera le meilleur, s’il faisait du rock il serait Raptor King.

Raptor V : Rien à ajouter c'est déjà parfaitement complet.

Vous avez donné votre premier concert le 11 au Studio Campus avec 91 All Stars. Cette date s'est visiblement très bien passée, quel(s) souvenir(s) en gardez-vous ?

Don Coco : C’était un grand moment pour le groupe, on avait hâte de montrer aux gens qu’on était pas seulement les meilleurs sur cd, mais aussi sur scène.

Nightsmoke : (Rires) Je n’ai jamais vu autant de mecs se taper sur la gueule lors d’un concert, c’était parfait ! J’ai pris mon pied du début à la fin. J’ai cru par moment que nous retrouverions un mort dans la fosse. Certains étaient complètement déchainés.

Raptor V :  Quand on est sorti du show, les groupes qui jouaient avec nous ce soir-là rasaient leurs cheveux longs, et j'ai même vu un mec sortir une fiche du Pôle Emploi... Sommes-nous clairs ?

Vous allez jouer avec 6:33 le 23 au Barde Atomique, une belle date masquée en perspective non ?

Nightsmoke : Oui je pense sincèrement que l’on va s’amuser, un joyeux bordel une fois de plus !

Raptor V :  J'ai vu qu'ils portaient tous du maquillage, et je me suis dit que je pourrais peut-être avoir un goût un peu différent des autres humains. Je suis toujours prêt à me déplacer pour tester de nouvelles saveurs. Les rencontrer ne m'intéresse aucunement en revanche.

Don Coco : On arrête des carrières !

J'aurais deux questions pour le roi : que préfères tu à notre époque, la drogue ou la musique ?

Raptor V : Les deux sont indissociables. Puisque les deux sont une drogue. On vit dans le plaisir et l'excès ou on ne vit pas. Mais ça c'est mon côté hippie gargantuesque. (J’encule les hippies au passage). Je ne créerai pas aussi généreusement sans la Marie Juanga pour me soutenir dans l’effort, ça doit pas servir à rester foncedé bresom dans son coin. C'est fait pour se dépasser avant tout, et ensuite se poser et kiffer ce que tu as fait. L'équilibre ne marche plus sans l'un ou l'autre. Toutes les paroles et les idées de voix de RK ont été écrites et imaginées sous fumette. Je me dois d'être honnête avec le public. (Ça n'engage pas Nightsmoke qui ne fume que des cigarettes c'est bien connu !).

Où en est ta candidature à l'élection présidentielle de 2017 ? Ne penses-tu pas te mettre à dos toute une frange d'électeurs avec pour seule proposition que tes "sujets" te lèchent les couilles ?

Raptor V : Maaaaaaiiiiis, c'est que vous êtes mal informé mon bon ami, nous avons bien plus à proposer qu'un simple léchage de couille tradi (ndC : en bon français « pardi ». On pardonnera le dino dont le vocabulaire est plus proche du banlieusard de douze ans). Nous travaillons sur le secteur d'une nouvelle politique à développer avec des ministères très définis, tel que le ministère de la méchanceté la plus totale, le ministère chargé de la capture des mamans...  Mes chers acolytes auront bien sûr des places de choix dans cette hiérarchie. Je vais faire chuter le chômage en remettant le poste de bourreau au goût du jour… (Un bourreau par immeuble). Nous avons déjà récupéré une centaine de signature des mairies et une vidéo promotionnelle de notre parti est en préparation.

Vous avez tous d'autres projets quelle sont vos ambitions avec Raptor King, en dehors de dominer le monde ?

Nightsmoke : Dominate & Exterminate (en thème avec la suite de Dinocracy mais chut)

Don Coco : Niquer des mères

Raptor V : Je découvre internet et tous ses sites pornos plus extras les uns que les autres. Je me suis mis au tir d'élite aussi pour pouvoir tuer de près comme de loin. IZI !!!

Les derniers mots sont pour vous.

Nightsmoke : Vous n’auriez pas du feu ?

Don Coco : J’ai déjà avalé un Mars avec l’emballage, quand je suis allé aux toilettes, le Mars et sorti mais par l’emballage.

Raptor V : Vous avez vu la vidéo sur internet du singe qui se branle dans la bouche d'une grenouille qu'il trouve par terre et la tue en se paluchant ? Eh bah ça m'a fait tout bizarre au bout du kiki.

Line-up:

Raptor V (chant)

Nightsmoke (guitare)

Don Coco (batterie)

Thomas Jaegle (basse session)

Discographie:

Dinocracy (EP-2015)