Interview - Tom Angelripper - Sodom - Motocultor 2015

Si Sodom était particulièrement attendu le deuxième jour du Motocultor, ce n’est pas pour rien. La formation qui montre une forme resplendissante ces dernières années n'est pas en manque de concerts et continue de sillonner l’Europe afin d’exposer sa violence morbide. Le pourquoi un entretien avec Tom « Angelripper » me semblait plus que nécessaire pour comprendre un peu plus ce succès et pour aborder le sujet d’un éventuel futur album.

Entrevue passée le 15 Aout au Motocultor Festival.

Salut Tom, Sodom vient juste de se produire sur scène, il n’y a même pas encore deux heures. Que penses tu de ta prestation et du Motocultor ? 

C’était génial. Ce n’est pas la première fois que nous jouons dans ce festival mais nous y sommes toujours très bien accueillis, nous avons tout à notre disposition: de la nourriture et à boire. Que demander de plus ? En ce qui concerne notre performance, je pense que nous avons fait un bon concert même si nous avons rencontré quelques soucis au niveau de la guitare. 

Qu’as tu pensé du public ? 

La public Français nous aime et cela se ressent. Il y a toujours ces gens qui sont hyper-actifs dans le pit quand je leur demande de faire des Circle Pit. 

Est-ce que tu aimes voir tes fans s’entre-tuer dans la fosse ?

Non. En fait, je suis contre les pratiques comme le Wall Of Death. Les fans peuvent se blesser et je ne veux pas qu’ils se retrouvent à l’hôpital par ma faute. Ça peut être très dangereux mais ils ne s’en rendent pas compte.  

Le groupe a maintenant plus de trente ans de carrière à son actif. Est-ce que ce n’est pas trop dur pour vous de concocter une setlist pertinente de 50 minutes ?

La question de la setlist est délicate. Nous essayons de mélanger les anciens titres avec quelques nouveaux morceaux. Bien sûr, il y aura toujours une paire de morceaux dont nous sommes dans l’obligation de jouer comme « Agent Orange ».  Parfois, il nous arrive d'y inclure des morceaux qui n’étaient pas prévus initialement dans la setlist. Souvent les fans réclament et scandent un morceau en particulier. Dans ce genre de cas de figure, nous ne pouvons pas faire autrement et nous nous sentons obligés de jouer le titre réclamé par nos fans. Nos setlist sont toujours très différentes, nous ne jouons jamais la même setlist d’un concert à l'autre.

Je sais que c’est difficile de répondre à ce genre de question, mais est-ce qu’il y a une période dans ta carrière qui t’a vraiment marqué ?

En effet, c’est assez compliqué. Mais il y a ces petits évènements qui ont changé le quotidien de Sodom, notamment le jour où nous avons sorti notre toute première démo en 1982. Nous avons eu vite l’opportunité de continuer sur notre lancée et la chance de percer dans le milieu. Néanmoins, à l’époque, nous ne vivions pas encore pas de notre musique. Ça a changé en 1989 quand Agent Orange est sorti dans les bacs. Tu ne peux même pas t’imaginer ce que c’était à l’époque pour nous de vivre de notre musique, c’était très gratifiant, un rêve de gosse qui se réalisait enfin ! Car nous nous étions tous consacrés à la musique.  

En décembre dernier, vous avez sorti un EP qui a pour nom Sacred Warpath. Pourquoi avez vous choisi de sortir un EP et non pas un album ?

Nous avons sorti cet EP pour montrer à nos fans que nous sommes toujours là et que nous avons recommencé à écrire des morceaux ! Il a été publié pour que les fans se fassent une idée du prochain Sodom qui est encore dans la phase de composition. 

Est-ce que le morceau « Sacred Warpath » sera dans le prochain album ?

Oui, c’est fort possible ! Si c’est le cas, il sera ré-arrangé et ré-enregistré de manière à ce que les gens puissent avoir différentes versions du titres. « Sacred Warpath » montre réellement la direction que nous voulons prendre pour l’album suivant. Ça sera un mélange entre ce que nous avions l’habitude de faire avant et ce que nous faisons aujourd’hui en y incorporant du neuf au tout. 

J’imagine que vous avez composé plusieurs morceaux pour le prochain album. Où en êtes vous dans le processus d’écriture ? 

Actuellement, nous avons six morceaux en boite. Malheureusement, nous ne pouvons pas encore les dévoiler car ils sont tous dans un stade embryonnaire. Nous tenons à prendre notre temps avant tout. Notre maison de disque ne nous met pas la pression et c'est là un grand avantage puisque l'on nous laisse peaufiner nos titres afin qu'ils soient les meilleurs possible. Il est fini le temps où les maisons de disque nous réclamaient un album tous les deux ans ! 

Ce Week-end, au Summerbreeze, vous avez joué avec vos potes de Kreator, Tankard et Destruction. Cette réunion a pour nom: le Big « Teutonic » 4. Que penses tu de cette appellation ?  

Oui, en effet, c’est le Big « Teutonic » 4. Je pense que ça résume bien le concept, ce sont les quatre plus grands du Thrash Metal Allemand qui sont réunis. Cette appellation est arrivée de nulle part. Mais à vrai dire, je pense que c’est simplement pour faire parler de nous que cette appellation a été conçue. Les groupes qui en font partie ne sont pas du tout homogènes. Kreator est de loin de le leader de ce collectif. La troupe de Petrozza tourne beaucoup plus que Destruction, Tankard et même Sodom. Kreator a joué dans des endroits que nous n'avons encore jamais visité et rencontre aujourd'hui beaucoup plus de succès que nous trois autre réunis. Et ainsi Kreator peut donc faire profiter ses fans de concerts avec de divers effets techniques et tant mieux pour eux. Néanmoins, il est toujours sympathique de se retrouver entre potes pour faire la fête ! 

Ces derniers temps ont été marqués par une renaissance du Thrash Metal avec des groupes qui revisitent les recettes qui ont fait votre succès dans les années 80. Que penses tu de ce « Revival » ? 

Je vois exactement où tu veux en venir. C’est vrai que l’essence même du Thrash Metal remonte aux années 80. Moi aussi, mon âme est ancrée dans cette période. Je trouve ça très sympathique que ces groupes fassent revivre cette culture. Mais à mon humble avis, c’est dommage qu’ils n’aillent pas plus loin. Je ne vois plus trop l’intérêt d’avoir un « Metallica-bis ». Là est le problème… C’est tellement compliqué de se faire un nom dans le milieu qu’il faut quand même faire preuve d’un minimum d’originalité. Il y a trop de concurrence de nos jours… 

Sodom est le genre de groupe qui est resté lui même dans la période creuse du Thrash Metal. Les années 90 ont été fatales pour beaucoup de groupes comme Metallica. Qu’est-ce qui fait, selon toi, la force d’une formation comme Sodom ? 

Je me souviens très bien cette période. Les maisons de disques voulaient que le groupe sonne d’une manière beaucoup plus commerciale avec un son beaucoup plus Heavy. Il y a beaucoup de groupes qui ont fait une pause et qui sont revenus après, mais jamais Sodom n’a été influencé par les maisons de disque. Nous faisions de la musique pour nous avant toute chose. 

La dernière question, c'est de la philosophie ! Le philosophe Kant a dit « La musique est le langage des émotions ». Est-ce que tu es d’accord avec lui ? 

Absolument ! Dans la culture Metal, si tu fais pas les choses avec intégrité, cela ne sert à rien. Pour moi, tout se joue sur scène, regarde bien, à chaque concert Sodom ne joue jamais de la même manière ses morceaux et ne fait jamais les même setlist. Ce n’est pas pour rien, il y a vraiment une touche humaine dans Sodom. Et nous essayons de faire ressentir cela en live. 

Merci ! 

Sodom: 

Bernd Kost : Guitare

Thomas Such (Aka Tom Angelripper) : Chant, Basse

Markus Freiwald : Batterie