Interview - Andreas Geremia - Tankard - Motocultor

Tankard invincible ! Tankard indestructible ! Le show de la Chope au Motocultor qui devait être annulé à cause des soucis médicaux qu’a rencontrés son batteur, Olaf Zissel, a quand même été assuré à la dernière minute ! De quoi surprendre les fans de combo ! L’interview programmée peut donc avoir lieu, réelle opportunité pour la rédaction de prendre quelques nouvelles du cogneur de tambours de la bande d’Andreas Geremia ! 

Entretien réalisé avec Andreas Geremia le 15 Aout à St Nolff (Motocultor) 

Salut Andreas ! Comment te sens tu ? 

Un peu fatigué mais dans une heure, nous allons monter sur scène. Et c’est un honneur pour nous de jouer pour la première fois ici ! Comment se prononce le nom de ce festival ? MO-TO-CUL-TOR, c’est ça ?

Oui, c’est bien ça (rire) ! Est-ce que tu peux nous donner des nouvelles d’Olaf Zissel (Le batteur qui a été en proie d’un A.V.C. et qui a annulé quelques unes de ses apparitions scéniques suite à cela NDLR)

Olaf est à l’hôpital... Mais les médecins n’ont rien trouvé ! il a eu une sorte de crise cardiaque donc du coup il est obligé de se reposer pendant deux semaines. Nous tenons à remercier notre ami, technicien, Gerd qui s’est proposé de remplacer Olaf dans les délais les plus courts ! C’était deux jours avant le Summerbreeze, il m’a dit « Donne moi la setlist, ça va le faire » ! Nous n’aimons pas trop annuler nos dates, surtout au Summerbreeze où les gens nous attendaient énormément. Au final, ça s’est très bien passé ! Nous tenons toujours à jouer quoiqu’il arrive ! 

Qu’allez vous jouer aujourd’hui ? Est-ce que vous allez privilégier votre dernier album ou bien faire une sorte de Best-Of ?

Nous avons fini de tourner pour le dernier album donc il n'y aura pas beaucoup de morceaux du dernier album. Nous essayons toujours de faire le mélange entre les nouveaux et les vieux morceaux. Quand tu sais que nous avons autant d’albums (16 plus exactement NDLR), concevoir une bonne setlist est l’objet de nombreuses discussions et même polémique au sein d'un groupe. Des moments, tu es même obligé d’enlever les morceaux que tu aimes… Mais nous essayons toujours de faire un bon mélange. 

Votre dernier album s’appelle R.I.B. (Rest In Beer) ! Rassure moi, ce titre ne sous entend pas que le groupe va se séparer ? (rire)  

Non ! Bien sûr que non ! (rire) C’est juste un jeu de mots, ça ne veut pas du tout dire que nous allons nous arrêter. Nous avions trouvé ça amusant de jouer avec la locution « R.I.P. » et de la tourner à notre façon. Nous aimons beaucoup faire des blagues de ce genre. (rire)

Est-ce que l’on peut dire que la bière est une source d’inspiration pour vous ?

Oui, on peut dire ça… Quand nous avons sortis Alcoholic Metal, notre deuxième démo, ce titre faisait figure de blague. C’était juste pour nous différencier des autres groupes de Metal que nous avons appelé cette album comme ça. Au final, cette image nous a poursuivis ! Nous avons déjà essayé de nous en séparer, mais c’était déjà trop tard et notre tentative a totalement échoué ! C’est pour cette raison que nous avons continué à faire des blagues sur les rapports entre la bière et les Metalleux. Aujourd'hui, ça n’aurait aucun sens si Tankard faisait un album qui n’aurait aucun rapport avec la bière, les fans ne nous croiraient pas et seraient perdus ! Ça ne nous irait pas ! Je sais que beaucoup de monde réduit le groupe à cela, mais il n’y a pas de problème, nous pouvons vivre avec ça.  

Tankard est le genre de groupe de Thrash Metal qui réalisent sans arrêt des albums. Où trouvez vous l’inspiration pour composer encore et encore ? 

D’une manière général, il faut déjà aimer ce que tu fais: faire les choses avec passion surtout dans ce genre de musique. Bien sûr, si tu ne trouves pas l’inspiration, cela te prend plus de temps et ça rend les choses beaucoup plus difficiles. Quand nous écrivons un album, nous ne nous concertons pas sur la façon dont le prochain album va sonner. Tout vient de manière très spontanée. Ça vient tout droit du coeur ! Et quand le travail en studio est fini, nous écoutons l’album ensemble et nous espérons que nos fans vont l’aimer. Nous le comparons aussi par rapport aux autres productions et jugeons s’il est bon ou non. 

Le groupe sort un album tous les ans maintenant. R.I.B. a vu le jour l’année dernière, est-ce que l’on peut espérer un album pour 2016 ? 

Attends, en quelle année nous sommes là ? 2015 ? Oui, 2015 ! Nous allons faire en sorte de sortir un nouvel album en 2017 pour célébrer les trente cinq ans de Tankard ! Vous aurez de nouvelles choses en 2017. 

Justement, Tankard va bientôt célébrer ses 35 ans ! Si tu devais choisir un moment phare de ta carrière, ça serait lequel ? 

Je n’en ai pas vraiment ! Ce qui m’importe, c’est de m’amuser et de vivre au jour le jour en me produisant dans de gros festivals comme le Motocultor ou dans d’autres endroits comme en Amérique du Sud. C’est génial de jouer un peu partout dans le monde et de visiter des pays… Nous avons comme but de visiter un maximum de pays où nous nous sommes jamais allés dans les trente deux années à venir !

Y'a t-il encore des pays où le groupe n'a pas encore joué ?

Oui ! Beaucoup même ! Nous ne nous sommes jamais produits au Canada par exemple ! Il y a un paquet de pays d’Amérique du Sud que nous n’avons pas encore souillés comme le Pérou, la Bolivie, le Paraguay que nous visiterons l’année prochaine ! Nous ne sommes jamais allés en Chine et en Inde non plus ! Il y a bien trop de pays que nous n’avons pas visités ! Nous avons encore du pain sur la planche !

Il y a deux jours, Tankard s’est produit au Summerbreeze en compagnie de Sodom, Destruction et Kreator. C’était comment ?

C’était notre tout premier concert sans Olaf… Mais le public était génial ! Nous avons passé un très bon moment, les autres groupes du collectif se sont également très bien amusés. 

Ça fait quoi de faire partie du « Big Teutonic 4 » of Thrash Metal ?  

Nous avons appris, il y a juste quelques année de ça, que Tankard avait été rajouté à ce collectif ! Je ne sais même pas qui en est à l’origine ! Avant, il n’y avait que Kreator, Sodom et Destruction. C’est sûr que nous sommes un peu fiers d’y avoir intégré ! 

Est-ce que l’on peut dire qu’il y a une sorte de concurrence entre le Big Four Americain et le Big « Teutonic » Four ? 

Je ne sais pas si on peut parler de concurrence. Les groupes qui sont dans le Big Four Américain sont beaucoup plus gros que nous. Ils sont dans un autre monde ! Ils sont bien plus populaires que nous, donc je ne sais pas si on peut comparer. Quoique, Kreator est également très connu en Europe et aux Etats-Unis… Mais ça ne me viendrait jamais à l’esprit de comparer Tankard à un groupe comme Slayer ou Anthrax

Il y a un renouveau du Thrash Metal en ce moment qui a pour nom le « Thrash Metal Revival », ces groupes utilisent les mêmes recettes que les années 80. J’aimerais savoir ce que tu en penses…

C'est génial que des petits groupes conservent l’esprit du Thrash Metal Lost Society par exemple est un très bon groupe. Ce sont des gars géniaux. C’est important de préserver cette culture car Dieu sait qu’un jour, nous ne serons plus là et ça sera fini pour nous. Dans trente ans, nous serons peut-être obligés de nous produire sur scène en chaise roulante. (rire)

Est-ce que tu as un message pour tes fans Français ? 

Oui ! Nous sommes très contents de revenir en France pour la première fois à ce festival ! Nous espérons également revenir au Hellfest un de ces quatre ! « Merci beaucoup » (en Français dans le texte) pour votre soutien et « Salute » ! (dit-il en me montrant sa bière) 

J’ai une dernière question, c’est de la philosophie. Kant a dit « La musique est le langage des émotions ». Est-ce que tu partages sa façon de voir les choses ?

Oui bien sûr ! Je pense qu’il a raison. En tant que musicien qui joue de la musique en « live », nous nous exprimons beaucoup et nous partageons beaucoup d’émotion. Et le public nous envoie également beaucoup de sensations. C’est les fans qui nous donne l’énergie de continuer, et nous leur rendons la même ! C’est vraiment génial ! 

Merci à Thomas Cordereix pour son apport.