Interview - The Nazmen

Dernièrement, nous vous présentions The Nazmen, formation Hardcore en devenir dans nos contrées. Il faut dire qu’avec Ass For Breakfast, tout est permis pour Nazmaster et ses potes qui, avec une musique tout aussi aggressive que décalée, ont plus d’une carte à jouer. C’est pour cette raison que j’ai décidé de prendre du bon temps en m’entretenant quelques instants avec ces bons vivants. 

Entretien avec « The Nazmaster » et ses acolytes passé le mercredi 5 Aout via Skype. 

Salut, est-ce que vous pouvez vous présenter ? 

Ça fait six ans que le groupe existe. Il y a moi au chant, Baudoin à la guitare, Michou à l’autre guitare, Pat à la basse et Bibi à la batterie. Notre batteur joue aussi avec Crusher.

Justement, ce n’est pas trop dur pour lui de jongler avec ces deux groupes ? 

Si... Déjà que ce n’était pas du tout évident pour nous cinq. C'était surtout quand il y avait cette période de préparation pour le Hellfest que la situation était complexe. Déjà que ce n’était pas du tout simple pour nous de répéter, c’était devenu à l’époque encore plus dur. Mais on va dire que cela s’est calmé maintenant et que nous avons pu reprendre les répètes à notre rythme. On a programmé quelques concerts pour la rentrée. Nous avons déjà cinq dates de prévues.

Vous jouez une musique assez Hardcore dans l’âme. Quelles sont vos influences ?

Notre musique résume bien ce que nous écoutons tous. C’est un gros melting-pot de nos goûts musicaux à chacun en fait. On y trouve un peu de tout. Il y a du Death, du Neo, de la Country, oui car j’aime beaucoup la Country. Bien sûr, nous sommes également très friands de Hardcore et de Stoner… 

Du Hardcore pourvu de références assez comiques. D’où vous est venue cette idée ?

Nous avons voulu rester nous même tout simplement ! Il y a beaucoup de groupes trop sérieux qui aiment jouer sur l’aspect « evil » de la musique Metal en mode « bad boy ». Nous, c’est l’inverse, nous avons notre manière de faire. Nous aimons faire les cons et la fête… Et ça se ressent bien dans notre manière de jouer. 

Le simple nom de The Nazmen prête au rire… Pourquoi « The Nazmen » ?

Parce que nous sommes tous des « men » et que nous sommes des « nazes ». Non, plus sérieusement, c’est plus simple. Quand nous avons commencé le groupe, nous n’avions pas de nom. À l'époque, nous nous amusions à nous taquiner et à traiter notre guitariste de « Naze » car il faisait le blaireau. Au final, nous nous sommes dits que The Nazmen passerait bien. C’est vrai quoi ! Nous ne nous prenons pas la tête, alors pourquoi pas « The Nazmen » ? Il y a tous ces groupes sérieux avec des noms qui traitent de bébés morts. Nous, ce n’est pas du tout notre délire ! Nous sommes plus du genre à rire de trucs du genre « puet puet tagada pluff pluff », tout ça, ça nous fait plus marrer que « The Blood Of The Death of The Vampire ». Tu vois quoi ?

Parfaitement… Mais votre groupe, The Nazmen, est fondé à partir d’une hiérarchie. Il y a The Nazmaster et ses sbires. Pourquoi ?

Ouais voilà c’est ça, mais après c’est plus une boutade qu’autre chose. Il n’y a pas vraiment de hiérarchie chez nous en fin de compte. Après, c’est sur, le Leader c’est moi car je prends la parole sur scène. Mais au fond, il y a tout le monde bosse ensemble ! Bien que le role des autres, c’est juste de faire de la musique. (rire) Non, pour être plus sérieux, nous travaillons de manière collective. Même au niveau des décisions, tout le monde a son mot à dire, nous partageons nos idées et favorisons la discussion. 

Vous avez sorti deux EP. Le dernier s’appelle Ass for Breakfast. Qui est à l’origine de la pochette ?

C’est un ami à nous qui l'a réalisée. Il est tatoueur également et il dessine bien ! C’est un avantage pour nous de l’avoir sous la main puisqu’il est gratuit ! (rire)

Comment avez vous appréhendé l’écriture des morceaux ?

Nous composons toutes les parties rythmiques ensemble, et c’est moi qui écris les paroles. Et merde, pourquoi c’est toujours sur moi que retombent les tâches compliquées ? (rire) Heureusement qu’il y a ces autres lascars pour me donner quelques idées… 

La production est très brute et va à l’essentiel. Qui a produit l’EP ?

C’est Chris Edrich qui s'est chargé de la production de Ass For Breakfast. Bon après, c’est nous qui avons enregistré le tout et vu qu’il est sorti sur aucun label. Nous pouvons parler d’auto-production. Mais le travail que Chris Edrich a fait est quand même très considérable. Je me souviens quand nous l’avons rencontré. C’était dans un bar et une connaissance m’explique qu’il avait produit tels albums alors du coup je lui ai demandé de bosser sur notre album sur un coup de tête et au final, ça l’a fait ! 

« I’m Bad » fait l’objet d’un clip. Est-ce que tu peux en parler pour ceux qui ne l’ont jamais vu ? 

Nous nous sommes mis tous ensemble pour le concevoir et avons fait appel à nos potes. Pour les idées du coup, nous avons fait travailler nos méninges et avons pondu cinq mille idées à la fois et avons trié le tout ! Nous avons gardé les meilleures. Dans le clip, il y a un homme qui est en train d’écouter du Whitney Houston. Je le kidnappe et l’embarque au concert et nous lui montrons le droit chemin. C’est le genre de fils modèle qui devient une grosse saloperie comme nous à la fin de l’histoire ! (rire)

C’est surtout la dernière scène du clip qui m’a plu. L’homme kidnappé fait une sorte de bad-trip. Il pense voir des filles de joie dans son rêve mais celles-ci s’avèrent être des hommes en slip… (rire)

Ouais, voilà quand le gars est en train de dormir, il fantasme sur des filles et quand il se réveille, c’est un vrai cauchemar pour lui car ce sont des salopards qui sont à la place des filles ! Il y a un même un poulet dans l’histoire ! Ce poulet a eu une promotion. Le poulet, ça y est, il est devenu une grande star et tout ça grâce à nous. Même si le clip ne nous aura pas forcément aidés à nous faire connaître, il aura contribué à la renommée du poulet ! Maintenant, il a un avenir tout tracé ce con ! (rire) 

J’imagine qu’il y a un album en préparation maintenant…

Ouais, album de fait et nous deviendrons des stars mondiales après ! Non, plus sérieusement, l’EP vient tout juste de sortir donc nous allons essayer d’en tirer un maximum de profit. Il faut dire que produire et enregistrer un album, ce n’est pas donné. Nous aimerions aussi tourner un clip pour chaque morceau de Ass For Breakfast, ça serait sympathique à faire.

Vous avez conclu dernièrement un partenariat avec le collectif Lords Factory. Comment le contact s'est-il fait ? 

C’est Bibi qui a rencontré Tessa et Crass du collectif vu qu’il joue dans Crusher. Donc il en a profité pour leurs faire écouter The Nazmen. Ils ont bien aimé donc ils nous ont proposés un deal. Nous avons bien réfléchi avant d’accepter de rejoindre ce collectif. Mais nous nous sommes dits que le peu que Lords Factory pourrait apporter à The Nazmen, ça serait toujours ça de pris ! Crass et Tessa ont des contacts un peu partout en France donc àa pourrait carrément nous aider pour jouer dans des villes où nous ne sommes jamais allés. C’est ça qui est bien chez Lords Factory. C’est un collectif, les groupes s’entraident entre eux. Grâce à eux, nous ne sommes plus seuls à galérer dans notre coin à chercher des dates de concerts. C’est comme faire la fête tout seul… C’est moins sympas d’un coup ! 

C’est Tessa qui a programmé une date à la Péniche Spit Asso de Douai en novembre. Vous avez déjà joué dans le Nord auparavant ?

Non, c’est notre toute première fois ! Nous sommes pressés de nous y produire. 

Quelles est la plus grosse date de The Nazmen ?

C’est notre date à Lyon. C’était au Transbordeur à l’occasion d’un Tremplin. Nous avons fini quatrième. Et pourtant, ce n’était pas gagné d'avance. Car ce tremplin ne présentait que des groupes de Pop/Rock. Quand nous avons commencé à jouer notre musique, il y avait à peine vingt personnes dans la salle. Mais au fur et à mesure, la populace a bien aimé notre musique et la salle a fini par être pleine à craquer à la fin de notre show. Nous avons halluciné quand nous avions vu le monde qu’il y avait ! C’est ça qui fait que nous avons a la « niak » maintenant. Ça motive vraiment ! 

Le philosophe Kant a dit que la musique était le langage des émotions, t’en penses quoi ?

La philosophie, ça ne me parle pas trop… Mais ce qui est sûr, c’est qu’en tant que musicien, si tu ne ressens pas le truc, ça ne sert à rien. Même au niveau de la création des morceaux, nous composons nos musiques en fonction de nos humeurs du moment. C’est surtout notre guitariste Baudoin qui ressent fort les choses quand il est sur scène. Donc ouais, il a bien résumé le truc ce Philosophe. (rire) 

The Nazmen, c'est: 

Nazmaster: Chant

Baudoin: Guitare

Michou: Guitare

Pat: Basse

Bibi: Batterie 

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