Interview - Uncle Acid

Nombreuses sont les formations de Stoner/Psychédélique à avoir vu le jour ces dernières années. Et si Uncle Acid and The Deadbeat était l'une des références de cette montée en puissance ? Ça se pourrait bien ! Avec quatre albums en cinq années de carrière, le doute n'est désormais plus permis. Le pourquoi nous tenions à nous entretenir avec le groupe pour en savoir un peu plus sur leur recette-succès et leur dernier petit bijou, The Night Creeper

Qu’avez vous fait pendant les deux ans qui ont séparé les albums Mind Control et The Night Creeper ?

Nous avons tourné un peu partout dans le monde avec Black Sabbath. Dès notre retour, nous avons consacré notre temps à concevoir le nouvel album. 

On peut facilement vous associer à des groupes comme Cream et Black Sabbath. Qu’est-ce que ces groupes représentent pour vous ?

Nous les adorons bien évidemment, mais il y a beaucoup d’autres groupes qui nous ont influencés… Nous ne pouvons pas réduire l'influence d'Uncle Acid à ces deux groupes !

Vous avez tourné avec Black sabbath dernièrement. Vous avez pris votre pied je suppose !

Carrément ! C’est mon groupe préféré et c’était un honneur d'avoir pu partager l’affiche avec eux et de les avoir vus tous les soirs ! Ce qui m'a le plus marqué, c'est d'avoir vu Tony Iommi interpréter « Fluff » (instrumental de l’album Sabbath Bloody Sabbath NDLR) pendant les balances un jour… C'était une expérience très enrichissante ! Geezer Butler et lui jouaient tout le temps des morceaux obscurs du répertoire de Black Sabbath

Pour revenir à votre nouvel album, il s’appelle The Night Creeper ! Comment avez vous appréhendé l’album ? Avez vous changé la manière dont vous composez et enregistrez vos albums ? 

J’écris toujours de la même façon. Bon, cet album est le premier où j’ai co-écrit un titre et ça a très bien fonctionné ! On joue l'intégralité de l'album en live pour le mettre en boite. On a fait ça en trois jours. Ça nous arrivait souvent d’utiliser des cassettes enregistrer quelques morceaux. Mais là, c’est la première fois que nous l'avons fait pour un album entier. Une fois les titres dans les cassettes, je les ai emmenées chez moi et j'ai travaillé dessus pendant quelques mois dans mon home-studio.

Votre style est un condensé de tout ce que ce faisait de mieux à l’époque et remonte aux origines mêmes du Hard Rock. Pourquoi selon vous, les gens veulent un retour en force des racines du Hard Rock ?

Parce que ça sonne mieux ! Pour moi, le Hard Rock doit sonner d’une certaine manière. Quand tu commences à mettre plein de pistes de guitare et que tu la sur-mixes avec des logiciels comme Pro Tools, le riff perd ses « couilles ». Le Rock moderne et la musique mainstream sonnent affreusement mal. La musique Rock doit être crue et dégueulasse et c’est ce que nous faisons. Nous n’essayons pas de sonner d’une manière vintage, nous tentons d’enregistrer de la même manière que les groupes qui nous ont précédés. 

Votre musique est captée d’une façon très sobre, mais dégage beaucoup d’émotions ! Comment pouvez vous transmettre autant d’émotions en un seul album. Est-ce que c’est lié à votre vie personnelle ? 

Tout est centré autour de l’imagination ! Je n’écris pas vraiment sur ma propre vie. Je préfère tout ce qui est fictif, mais je suis toujours immergé et crois pleinement en tout ce que je fais ! 

Même vos pochettes d’album sont assez sommaire mais pleine de sens. Est-ce que tu peux m’expliquer un peu le concept de la pochette de The Night Creeper ?

Normalement, c’est moi-même qui conçois la pochette, mais cette fois-ci j’ai voulu que ce soit quelqu’un d’autre qui s’en charge. Celle-ci a été créée par Jay Shaw qui est connu pour avoir bossé auprès de John Carpenter et d’autres affiches de film. On a beaucoup de points communs artistiques et les mêmes influences, c’est pour ça que j’ai directement su que je pouvais avoir pleinement confiance en lui pour qu’il nous sorte quelque chose qui tue. Je lui ai expliqué le concept de l’album et ce dont on attendait de lui. Et son travail est parfait sur différents points ! Je n’ai pas vraiment envie d’expliquer les sens de la pochette. Mais il y a des indices sur celle-ci, les gens n’auront qu’à les chercher et les comprendre. Tout est lié, la pochette et les paroles des morceaux. L'album constitue un tout ! 

Parlons à présent de votre nouvelle tournée qui est programmée. Vous allez à peu près jouer tous les soirs pendant la tournée « The North American Part 1 ». Comment pouvez vous être aussi énergétiques ?

Bonne question ! Ça fait un an que nous ne nous sommes pas produits. Nous avons un nouveau bassiste donc pour nous, c’est comme si c’était une toute nouvelle étape pour le groupe. Nous devons tout recommencer depuis le début et faire à nouveau nos preuves. Nous allons jouer tous les soirs pour montrer ce que l’on vaut au public et le réduire en cendre ! 

Allez vous jouer en France prochainement ?

Oui ! Nous avons annoncé des dates en France il y a à peu près cinq mois mais nous avons l’impression que personne ne l’a remarqué. Nous allons nous produire à Paris, Bordeaux, Nîmes et Lyon en octobre. Venez nous voir ! 

Comment vous sentez vous avec vos fans français ? Est-ce que vous avez un message pour eux ?

Les « Frenchies » sont cools ! Nous avions eu un peu d’appréhension la première fois que nous nous sommes produits en France car quelqu’un nous avait dit que le public Français était un peu réservé envers les groupes Anglais. Les personnes qui viennent nous voir croient que nous sommes Anglais, mais en vrai, aucun de nous ne l’est vraiment ! Cela pris à part, à chaque fois que nous avons joué en France, nous avons toujours été bien reçus ! Notre dernier concert à Paris était l’un des meilleurs en ce qui concerne la réaction du public, donc merci ! Plus la foule est réactive, au mieux nous nous portons ! 

Le philosophe Kant a dit « La musique est le langage des émotions ». Est-ce que tu partages cette façon de penser ?  

Oui… Et j’irais même plus loin et dirait que la mélodie est le langage des émotions. Il n’y a pas beaucoup de mélodies dans la musique actuelle et c’est pour cela qu’il manque une part de sensibilité. Pour moi, il est impossible d'aimer une musique dépourvue de toutes mélodies… Tout est dans la mesure et la production aujourd’hui. Ça me rend très mal à l’aise quant à l’avenir de la musique.