Interview - Fred Palatas - W.I.L.D.

Décidément, quand les ingénieurs vont-ils créer le fameux objet qui nous permettra d'assister à deux concerts le même jour à la même heure ? Je ne sais pas... À cause d'eux, je n'ai pas pû assister à la Release Party de l'excellent dernier album de W.I.L.D. Happiness Is Not Allowed ! Néanmoins, je tenais tout de même à échanger quelques mots avec Fred Palatas, guitariste au sein de la troupe, afin de faire plus ample connaissance avec le groupe qui m'avait foutu une méchante claque au Betizfest 2015. 

Entretien téléphonique passé le samedi 11 Juillet 2015.

Salut Fred, est-ce que tu peux présenter ta bande pour ceux qui ne te connaissent pas encore ? 

Bonjour Axl. Je suis guitariste dans le groupe W.I.L.D. qui s’appelait autrefois Wild Karnivor et on joue du Thrash n’ Roll. La formation a maintenant une petite quinzaine d’années à son actif. J’ai formé Wild Karnivor en 2000 et je n’étais qu’avec un ami au départ. Puis, il y a eu pas mal de changement de line-up avant que cela se stabilise en fin 2004. Aujourd’hui, il y a Eddy à la batterie, Tom à la basse, Jérome au chant, moi à la guitare, et il y a Vincent (guitare) qui nous a rejoint dernièrement. On vient juste de fêter les dix ans d’existence de W.I.L.D..

D’ailleurs, pour fêter cet anniversaire, vous avez sorti un nouvel EP qui s’intitule Happiness Is Not Allowed. Pourquoi un tel titre ? C’est assez pessimiste quand on y réfléchit bien…  

C’est surtout Jérôme qui se charge de l'écriture des paroles ! On a une thématique bien précise chez W.I.L.D.. Quand on développe les différentes lettres du nom de groupe, ça forme une phrase. W.I.L.D. signifie Wake Initiated Lucid Dream. Ça tourne autour du rêve et du cauchemar. On a décidé de parler d'histoires oniriques qui te donnent l’impression d’être réelles quand tu te réveilles. C’est comme si tu avais vraiment vécu ce que tu rêvais. Puis à partir de cela, tu peux te remettre en question avec ce que tu as réellement vécu. Happiness Is Not Allowed résume bien cet objet d’étude. On a l'intention de faire une suite à l'EP, ce sera un album dont l'enregistrement est prévu pour la fin de l'année ! 

On vient de parler des dix ans du groupe, mais ce qu’il faut savoir c’est qu’il avait Wild Karnivor avant cela. Est-ce que tu peux m’expliquer le pourquoi du comment du changement de nom ?

Au tout départ quand nous avons commencé avec Eddy à la batterie et Jérôme au chant, on s’appelait Raptor. On s’est rendu compte par la suite que ce groupe existait déjà. Donc, on s’est dit qu’il fallait changer de nom et nous sommes partis sur cette idée de Wild Karnivor en hommage avec la scène Thrash des années 80’s avec Slayer et Kreator…  Dans les deux premiers albums, les paroles étaient en Français. Par la suite, nous avons décidé d’écrire les lignes de chant en Anglais. Quand on a suggéré de composer nos textes en Anglais, on nous a proposé de raccourcir le nom du groupe et de ne garder que Wild ou Karnivor car les deux mots réunis, c’était beaucoup trop long. Il fallait quelque chose d’incisif et de voyant, un nom qui puisse marquer les esprits. Nous avons réfléchi et gardé que le Wild et le concept qui va avec. 

Est-ce que tu peux me parler de la procédure d’enregistrement du nouvel EP ? Avez vous procédé de la même manière que Agony Of Indecision ?

C’était totalement différent. Agony Of Indecision a été conçu de manière très basique. On avait fait les prises batterie, guitares et chants dans un vrai studio. Pour Happiness Is not Allowed, nous tenions à sortir l’album gratuitement pour nos fans, donc tout a été fait-maison. Il n'y avait aucun intérêt financier derrière. On ne voulait pas débourser trop d’argent pour cet EP. Mais même si c'est du fait-maison, il a quand même fallu dépenser un peu de sous ce qui est normal. C’est pour ça que nous nous sommes penchés sur du home-made. Donc on a tout fait nous même jusqu’au mixage et au mastering ! Les prises de guitare et de batterie ont été faites dans notre salle de répète. La basse a captée dans le home-studio de Vince (Guitare), de même pour les prises de chant. On garde de l'argent pour l'album qui arrive, on a vraiment l'intention de sortir un bel objet pour les dix ans du groupe. 

Dans cet EP, il y a beaucoup de guests ! Est-ce que tu peux faire la liste de tous ceux qui ont été invités ? Comment ont-ils contribué à l’album ?

Il y en a beaucoup, je vais essayer d’oublier personne ! Tout d’abord, il y a Stephane Buriez que l'on ne présente plus ! Il y a Arno Strobl (Carnival In Coal), AR NO (Black Bomb A), KK (Trepalium), Samuel Bourreau (Ex-Hacride, Mistaken Element), Julien Truchan (Benighted). Puis on a ajouté une dernière piste qui est la reprise de Machine Head avec Chuck (Ghusa, ex-No Return) et Julien Cassarino (Psykup). Comment avons nous procédé ? On est parti sur une idée d’anniversaire et un album gratuit. On voulait se faire plaisir en contactant des potes et des gens qui nous ont marqués musicalement parlant ces dix dernières années. Ça s’est passé simplement, nous avons envoyé des messages à tout ce beau monde. Il y a des invités que nous ne connaissions pas très bien avant et que l’on avait juste croisé comme ça, mais ils ont tout de même voulu le faire ! C’est comme Julien (Benighted). On s'était toujours vu à droite à gauche sur des dates mais sa voix nous avait tellement marqués que nous l’avons contacté. On a directement expliqué le concept du projet comme quoi il s’agirait d’un EP gratuit pour les fans et ceux qui ont envie de nous découvrir et au final, ils ont tous accepté ! Ça a été très impressionnant pour nous. Nous étions heureux qu’ils répondent tous « Ok » tout de suite du premier coup. Même les chanteurs qui ne nous connaissaient pas nous ont dit « Ça va le faire, envoyez nous les pistes, on fait ça dès que possible ». Ça s’est fait comme ça ! 

Vous avez fait la Release Party de l’album en Juin, c’était au El Diablo à Lille. Est-ce que tu peux m’en parler ? 

C’était le 5 juin dernier. Au départ, on voulait faire ça dans une salle un peu plus grande mais on a été pris de court. Je dois avouer qu’on s’y est un peu pris sur le tard. On a sauté sur le El Diablo vu qu’il était libre. Ça faisait un petit moment qu’on n'avait pas joué sur Lille. La dernière fois qu’on y avait joué, c’était l’année dernière à l’Aéronef en première partie de Sepultura. On s’est dit « On fait ça sur Lille, c’est un peu notre fief aussi ! ». Pour la Release Party, on avait invité nos potes de Mahestrya pour qu’ils ouvrent le bal. Pour le concert, on a essayé de faire une sorte de rétrospective des dix ans de W.I.L.D.. On a repris des morceaux du premier, du deuxième et du troisième album puis on a joué en intégralité le nouvel EP. Pour les rappels, nous avons fait des reprises. Une de Sepultura, Machine Head et Pantera avec tous nos potes que l’on avait invités à venir jouer et chanter dans l’album. C’était un beau bordel. Le club était archi-blindé. Il y avait une ambiance de folie ! Il y a des vidéos du concert sur Youtube et on voit un des cameramen qui ne tient pas le choc et qui se fait basculer ! Ça nous a fait plaisir de voir tous nos potes qui nous connaissaient déjà quand on avait joué avec Sepultura ou même Napalm Death. C’était une grosse teuf entre potes. 

W.I.L.D. joue au Gohelle Fest à la rentrée, t’attends quoi de la performance? 

Grosse grosse date ! Faut savoir que se retrouver sur un évènement de la trempe, c'est énorme ! C’est quand même une putain d’affiche. Si on nous avait dit qu’il y aurait tous ces groupes qui viendraient sur notre territoire, on se serait un peu moquer de celui qui aurait osé dire ça. On sait qu’on a ce nouvel album à promouvoir et à défendre sur scène. On l'attend cette date ! On a hâte de fouler le plancher de la salle. Ça devrait envoyer à moins qu'un de nos membres se blesse et soit dans le plâtre ! (rire)

Dans ta vie personnelle, tu es très impliqué dans la culture Metal en général. Est-ce que tu peux me parler un peu de ton activité ?

Ça fait un petit moment que je suis impliqué en effet ! Tu rencontres des musiciens, tu rencontres des amis… J’étais chargé d’organiser un festival à Saint en Gohelle, c'était The Saints Go Hell Fest. On avait fait une première édition avec Svartcrown, Recueil Morbide et quelques autres… Une édition Hivernale avait pris le relai avec Otargos et Gorod. Ça s’était super bien déroulé ! Ça se tenait dans une église désacralisée donc inutile de te dire que ça avait de la gueule. C’était magique. Mais pour des raisons politiques, c’est tombé à l’eau. En tout cas, je suis toujours là pour m’impliquer et aider les groupes à se produire. J’essaie de donner un coup de main à mon humble niveau de musicien. Je pense que le mieux dans le Metal, c’est de s’entraider tout simplement. 

J’ai une dernière question ! Le philosophe Kant a dit « La musique est le langage des émotions ». Est-ce que tu es d’accord avec lui ? 

Non mais bien sûr que je partage son avis ! Tout ce qui tourne autour de l’art en général: la photographie, le cinéma, la peinture, ça dégage des émotions. Après pour moi la musique, c’est vraiment important. C’est une sorte de débarras d’émotions. S’il n’y avait pas la musique, je pense qu’il me manquerait quelque chose dans ma vie personnelle. Car il faut savoir que même si je suis musicien, j’écoute énormément de musique, surtout du Rock et ses dérivés. Les musiciens envoient des émotions et les fans les reçoivent. J’aime me situer dans ces deux catégories. Le Philosophe qui a dit ça est un grand homme ! (rire)

! W.I.L.D. sera en concert au Gohelle Fest. Intéressé(e) ? Ce lien pourra sûrement t'aider à te procurer une place !