Interview As They Burn

Après l'annonce de la séparation d' As they Burn et de sa tournée d'adieu qui a commencé au début de l'année 2015, c'est toute la communauté Deathcore française qui fut en émoi. Et les questions furent toutes les mêmes: pourquoi s'arrêter alors que le groupe était à son apogée et au top de sa forme après la sortie de leur dernier album: Will, Love, Life. Heureusement pour nous, le groupe est passé par le Betizfest de Cambrai, ultime occasion pour Metalcunt de faire le bilan avec l'un des groupes de Deathcore français qui a fort marqué les esprits ces dernières années. 

Salut les gars! Vous vous êtes faits remarquer au JP Fest à Lille il y a déjà un an! Que retenez vous de ce festival?
Franchement, nous en gardons des souvenirs énormes puisque le festival affichait déjà complet à 20H30 et les spectateurs ont mis une superbe ambiance. En plus, nous jouions bénévolement ce soir là, ce qui n'a pas empêché le festival d'être bien organisé, bien au contraire! Puis le Splendid, c’est une salle où les conditions de jeu sont très bonnes. Quand nous regardons des vidéos sur Youtube, nous prenons beaucoup de plaisir car le son est agréable à écouter. Humainement parlant ce fut très fort aussi, nous avons faits des rencontres inoubliables. La même année, le Sequedin Rock nous avait aussi programmé. Bien que le son était carrément différent, c'était un très bon concert. Plus de 1500 personnes (!) avaient fait le déplacement pour venir assister à ce concert. Si je me souviens bien, la sécurité avait même dû refuser des gens à l’entrée. Nous commencions à voir les mêmes têtes, les mecs de Ragetour par exemple, qui sont très sympathiques au passage! Sur les deux dates dans le nord que le groupe a pues faire, nous avons ressemblé plus de 2400 personnes et c’est plutôt pas mal!  

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Le public du nord a l’air de vous apprécier. C’est réciproque je suppose?
Carrément! Le nord est vraiment notre deuxième public après Paris. Nous avons commencé à jouer dans des salles comme le Midland, le Select et le public nous a directement bien accueillis. C'est regrettable que toutes ces salles ferment aujourd’hui car le groupe a commencé à jouer dans ces endroits quand il commençait à s'exporter! Quoiqu'il en soit, nous sommes très redevables au public du nord qui a adopté le groupe très facilement comparées aux autres régions! Si nous sommes là aujourd'hui, c'est bien grâce à vous!

À part le nord de la France, où avez vous déjà joué ?
Nous avons fait des dates un peu partout en France. La formation été accueillie par toutes les grandes villes de France dans les FNAC, les MJC… Et même dans des villes que nous même, nous ne connaissions pas! (rire)

Combien de dates le groupe a t-il à son actif?
Entre 300 ou 400, mais ce qui est sûr, c’est que le groupe a énormément tourné ces trois dernières années (plus d’une centaine de dates ndlr)! Nous avons même partagé l’affiche avec Hacride sur la tournée de We Love Life! Et les membres du groupe ont remarqué que des nouveaux et des anciens fans faisaient le déplacement. De plus en plus de monde vient nous voir, c’est remarquable!

Lors de vos concerts, un élément m’a toujours marqué: c’est le signe en forme pyramidale que le public fait avec les mains, pouvez vous nous dire en quoi cela consiste? 
Au départ, c’était juste un délire! Nous avions fait une photo en faisant ce signe pour déconner et nous l'avions publié sur les réseaux sociaux. Puis au concert qui suivait la publication, une centaine de personnes a commencé à faire ces triangles avec les mains. C’est devenu une sorte d'emblème pour nos fans et le plus fou dans tout ça, c'est que c'est totalement involontaire. Incroyable! (rire)

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Vous parliez de votre album: Will, Love, Life, à l'instant. Que pensez vous de ce disque avec le recul?

C’était une expérience unique, nous ne pensions pas pouvoir rester dans une pièce pendant quatre mois à jouer ensemble! Avec le recul, nous pensons qu’il s’agit là d’un très bon album! L'ingénieur son qui a produit Will, Love, Life nous épaulait même sur scène afin de programmer les samples de l'album. L’année 2012 fut vraiment une étape charnière pour le groupe. Le combo commençait vraiment à exploser à cette époque. La même année, le Hellfest nous avait programmés. Tous nos rêves de gamins se réalisaient enfin…

Quels groupes vous ont influencés pour la composition de vos titres? 
Nous n’écoutions pas vraiment du Metal quand nous avons commencé à jouer de la musique. Mais, il faut tout de même dire que des groupes comme Lamb Of God, Korn, ou même Deftones ont clairement eu une influence énorme sur notre manière de jouer.

Vous avez l’air pourtant enthousiastes quand vous parlez du groupe, pourquoi s’arrêter en si bon chemin?
C’est juste qu’il faut savoir arrêter au bon moment... Alors que le groupe cherchait de nouvelles idées de composition, nous avons senti que l'inspiration n'était plus vraiment au rendez vous et que le groupe n'était pas en mesure de pondre des musiques innovantes. Nous tournions en rond. L'idée s'arrêter là a vite été suggéré car nous misons tous sur l’honnêteté. À quoi ça sert de sortir deux fois le même album? Puis, il faut être réaliste! Notre musique vit par l’intermédiaire de réseaux sociaux comme Facebook, et nous sommes conscients qu’elle ne nous aidera pas à vivre confortablement. Nous ne sommes pas comme tous ces groupes américains qui peuvent vivre de leur musique. En France, des groupes ne veulent pas faire le deuil de leur rêve et ne proposent rien d’innovant. Nous ne voulions pas tomber dans ce cas de figure. Le coté artistique prime avant tout. Donc le but principal de cette tournée est de laisser une bonne image du groupe. Mais rassurez vous, il y a aucune animosité entre nous! Le groupe est très soudé. Il fallait faire un choix et nous l’avons pris. Sacrifier encore trois ans nous semblait incohérent si c’est pour faire les choses à moitié, il n'y a donc pas de honte à s’arrêter maintenant.

Enfin, pour clore cette interview, que pensez vous de la scène Deathcore actuelle en France?
Pour en avoir discuté longuement ensemble. Nous ne nous sentons pas assez concernés pour pouvoir donner un jugement de valeur. Malheureusement, à part pouvoir jouer au Divan Du Monde à Paris, la scène Deathcore Française ne pourra pas aller plus loin. Nous sommes contents de voir qu’elle évolue avec de nouvelles formations. Mais ce qui est regrettable en soi, c'est que le style en lui même n’a pas évolué ces cinqs dernières années. Néanmoins, nous sommes convaincus que la scène Deathcore vivra pour toujours!