Interview - Fleshgod Apocalypse - Tommaso Ricardi

C’est un mois tout pile après la fin du festival que la rédaction de Metal Cunt retrouve ses archives de l’édition 2016 du Motocultor et vous propose de reprendre le chemin des interviews avec une qui n’est pas des moindres ! En effet, nous avons eu l’opportunité de nous entretenir quelques instants avec Tommaso Ricardi de Fleshgod Apocalypse ! Et c’est qu’il avait des choses à nous raconter à propos de son nouvel album, King, qui marque un tournant dans la carrière d’un groupe qui ne cesse de faire de plus en plus parler de lui !  

Propos de Tommaso Ricardi recueillis par Axl Meu le vendredi 19 Aout à St Nolff.

Salut ! Ça fait quoi d’être ici au Motocultor Festival ? 

Nous sommes très heureux bien que le temps n'ait pas été avec nous ce matin ! Mais je suis allé faire un petit tour, j’ai bravé les nombreux sentiers de boue qu’il y avait sur mon chemin, le temps a l’air de se remettre ! 

Oui, la pluie vient juste de s’estomper ! 

Oui, oui ! Mais ça va aller… Notre équipe a rencontré quelques problèmes quand il a fallu pour décharger notre tour-bus, mais ça va le faire, je suis confiant. 

Que penses-tu de l’affiche du festival ? 

Elle est vraiment bien ! 

Fleshgod Apocalypse a ouvert pour Ensiferum ces derniers temps. Est-ce que vous avez rencontré du succès envers les fans d’Ensiferum ? Il faut dire que Fleshgod Apocalypse et Ensiferum ne partagent pas le même public…

Oui, c’était une très belle expérience ! J’aime bien varier différents types de Metal… Ce n’est pas forcément évident, mais c’est très enrichissant ! Nous nous sommes produits dans de belles sales et avons passé du bon temps avec nos fans et les mecs d’Ensiferum ! Beaucoup des fans d’Ensiferum ne nous connaissaient pas, c’est un fait, mais ils ont l’air d’avoir aimé ! C’est bien de proposer de genre d’affiche. Rassure-toi, il y avait quand même quelques-uns de nos fans qui avaient fait le déplacement rien que pour venir nous voir... Mais il est évident qu’il est toujours intéressant de se confronter à un autre type de public et d’avoir un co-headliner qui ne joue pas du tout la même musique que toi ! Les concerts sont variés, et les gens ne se lassent pas, c’est cool ! 

Vous vous êtes également produits au Hellfest cette année ! Est-ce que tu peux me parler de cette expérience ? 

C’était génial ! Le Hellfest est sans aucun doute un des plus grands festivals auquel nous nous sommes produits… J’en avais beaucoup entendu parler avant que l’on s’y produise, mais l’événement a clairement dépassé nos attentes ! Je n’y étais jamais allé avant ! 

C’était sous la Temple si je me souviens bien…

Oui, voilà, nous y sommes produits dans l’après-midi, et c’était archi-blindé ! le public a très bien réagi face à notre musique et nous nous sommes bien amusés ! 

Est-ce que vous avez lu quelques critiques au sujet du concert ? 

Non ! Je ne me fie qu’à mon ressenti personnel… Pour moi, c’était un très bon concert ! Les gens ont très bien réagi… Notre fan-base grossit bien en France, ça fait vraiment plaisir ! Et le Hellfest fait partie de ces festivals où les personnes viennent d’un peu partout… Et c’était vraiment un très bon festival ! 

Parlons à présent de ce nouvel album, King. Quel était le challenge à relever pour King

En vérité, l’album King marque un moment charnier dans la carrière du groupe…  L’album va engendrer beaucoup de nouvelles choses, c’est vraiment un nouveau départ… Et c’était ça l’idée de départ, nous voulions faire un album qui contienne tous les styles que nous avons développés au fil de ces années mais nous voulions également faire une pause par rapport à ce que nous faisions avant. L’idée était donc bien de faire l’amalgame de tout cela, tout en développant de nouvelles idées… Nous aimons vraiment King et je pense que le groupe a relevé ce défi haut la main. On y retrouve bien la pâte de Fleshgod Apocalypse mais aussi pas mal de nouveaux éléments ! Il y a eu également beaucoup de nouveautés en ce qui concerne l’artwork, la production, nous avons rencontré de nouvelles personnes ! En tout cas, c’est toujours bon d’expérimenter de nouvelles choses, et de bien sûr voir si les choses collent bien ensemble ou non… 

King est donc sorti via Nuclear Blast… Qu’est-ce que le label a apporté au groupe depuis le premier contact ? 

Pour être honnête, notre relation a évolué au fur et à mesure… J’entends par cela que Nuclear Blast est bien l’un des plus grands labels du musique extrême dans le monde - ça veut aussi dire que c’est toujours bien de bosser pour eux - Mais il faut savoir qu’ils s’occupent de tellement de groupes que quand tu travailles pour un label comme celui-ci, tu te rends compte que tu dois bosser encore et encore… - Il ne faut pas se reposer sur ses acquis. Oui, tu es chez Nuclear Blast mais tout est encore à faire… Tu dois prouver que tu es digne d’appartenir à une telle écurie, à un tel roster, donc tu dois bosser encore et encore ! En fait, c’est ce que le label attend de toi… Ils croient en ton projet, ils veulent que le projet se développe. C’est beaucoup de stress, mais d’un coté, les avoir à nos côtés, c’est très important ! C’est un travail d’équipe, et tout fonctionne comme un travail d’équipe ! Leur travail et notre travail ont fait grossir le projet et ça marche très bien ainsi !  

King est un concept album. Il y a bien une trame logique, une sorte de critique de la monarchie et un reflet cinglant de la société d’aujourd’hui…

Oui, bien sûr ! L’histoire de ce Roi est totalement écrit de façon très métaphorique ! Oui, ça parle vraiment de ce qui se passe en ce moment et ce qu’il se passe dans le monde en général. Tu sais l’Histoire est découpée en trois différents cycles… Il y a toujours des périodes dans l’Histoire où il se passe des événements très marquants, et souvent en tant qu’humain, nous devenons addicts à des choses dont nous n’avons pas vraiment besoin. Ça nous fait perdre notre caractère humain et la vraie valeur des choses… Et le roi dont il est question sur notre album représente ce monde, et les autres personnages représentent ceux qui veulent abolir ce pouvoir. L’album représente également ce qu’il se passe autour de nous. Quand nous avons conceptualisé cette histoire, nous nous sommes rendus compte que les choses allaient de plus en plus mal… Et nous en avons la preuve… Mais nous ne portons pas forcément un regard négatif là-dessus. Nous voulons véhiculer un message positif ! Le message est: nous avons bien ce fameux roi, il existe bien, il est partout autour de nous, mais derrière cette façade sombre se cache la lumière.

L’album est assez particulier car vous avez décidé d’en proposer deux versions différentes. Il y a l’album original puis, une autre version orchestrale où il n’y a que les parties orchestrales de l’album. D’où vous est venue l’idée de proposer cet album en deux fois ? 

C’est une idée que nous avions en tête depuis un bon bout de temps maintenant… Mais c’est sur King que le projet s’est concrétisé. En vrai, nous avons eu la chance de pouvoir le faire… En fait, notre musique contient beaucoup d’éléments différents, et il pouvait être compliqué pour nos fans d’assimiler le tout. Les arrangements sont très importants dans notre musique et nous en sommes conscients ! Nous voulions donc donner à nos fans la chance de comprendre et de saisir la complexité de toutes ces orchestrations ! Quand tu écoutes la version standard, tu as tellement de choses en tête que tu ne penses pas à tout ce qui se joue derrière ! On donne l’opportunité de comprendre l’album différemment, c’est comme le négatif d’une photo ! Des moments, tu ne saisis pas tout dans un morceau et la structure est bien plus complexe qu’elle n’en a l’air ! Nous aimions beaucoup les parties orchestrées, donc nous voulions pousser le concept à son plus haut niveau et donner la chance à nos fans de saisir le plus de choses possible avec cette version « orchestrale » ! 

Votre musique est donc bien orchestrée, mais votre show, c’est un peu pareil, vous avez même une choriste. Tout est comme au théâtre, du moins, c’est l’image que j’ai retenue de vous. Avez-vous un metteur en scène attitré pour vos concerts ou non ? 

Nous faisons tout tout seul. Sinon oui, tu as tout à fait raison. La partie visuelle de notre show est très importante ! C’est exactement pareil pour nos vidéos, l’aspect visuel ne pas être détachée de notre musique. Franceso Paoli (le batteur du groupe NDLR) aime beaucoup tout cela… En fait, quand nous écrivons nos morceaux, nous pensons déjà à la tournure que le morceau prendra sur scène ou sur nos différents clip-vidéos. 

Ma question concerne la musique en général. Le Death Metal est considéré comme une musique underground, tandis que le classique, c’est tout autre chose. Penses-tu qu’il est facile pour les gens d’associer les deux genres ? 

Ces deux genres possèdent beaucoup de points communs… En tout cas, nous n’avons pas de mal à associer ces deux styles car nous utilisons tous les caractères d’une musique estampillée de classique, notamment l’aspect progressif de celle-ci, et la mêlons à des éléments plus brutaux. Je pense tout simplement que pour ceux qui écoutent du Metal, il est bien plus facile pour eux d’associer « Classique » et « Metal » que pour ceux qui écoutent du Classic Rock car le Metal en général a conservé beaucoup d’aspects tirés de la musique classique alors que le Classic Rock s’est surtout influencé du Blues ! 

Une petite dernière pour la fin. Le philosophe Kant a dit que la musique était la langue des émotions, est-ce que tu es d’accord ? 

Absolument ! La musique peut atteindre l’âme d’une personne plus facilement qu’une simple oeuvre qui ne repose que sur un aspect visuel car tout est connecté au son en général. Le son parle plus, car c’est peut-être le sens qui a frappé l’humanité en premier ! 

Fleshgod Apocalypse, c’est:

Tommaso Riccardi : Chant, Guitare

Cristiano "Nepesh Ra" Trionfera : Guitare, Choeurs

Paolo "Hammer" Rossi : Chant, Basse

Francesco Ferrini : Claviers

Francesco "Scythe" Paoli : Guitare, Batterie, Choeurs 

Albums: 

Oracles (2009)

Agony (2011)

Labyrinth (2013)

King (2016)