Interview - Hangman's Chair - le 27/11/15

Il s’en est fallu de peu pour que leurs lourdes sonorités fassent couler la Péniche Spits Asso le vendredi 27 Novembre dernier... Et pourtant, avant leur prestation sur le bâteau, personne ne se doutait des intentions malsaines des membres de Hangman’s Chair ! La preuve, la rédaction de Metal Cunt s’était même entretenue autour de quelques bières avec ces bons vivants afin de prendre de leurs nouvelles ! À l’abordage moussaillon ! 

Entretien réalisé le 27 Novembre à la Péniche Spits Asso de Douai.

Salut les gars ! C’est la première fois que vous jouez à Douai ! Qu’est-ce qu’elle vous évoque cette ville ? 

Ça nous évoque la vie de Jésus (rires) ! Non, pour être plus sérieux, nous sommes contents de revenir jouer dans le Nord ! On y vient souvent quand on tourne en Belgique. On a quelques contacts qui peuvent nous faire facilement jouer dans la région. Donc ça arrive assez souvent. 

C’était quand votre dernière fois à Lille ? 

Je pense bien que c’était en 2014 au Splendid pour la deuxième édition pour JP Fest si mes souvenirs sont bons. En 2013, nous nous y étions déjà produits, c’était en ouverture de Mass Hysteria ! Il y avait aussi eu le festival « Children Of Doom » à l’Aéronef ! Il était vraiment pas mal ce petit festival. Il y avait Amen Ra, General Lee, Zatokrev… C’était sur la petite scène de l’Aéronef ! Nous y avons passé un très bon moment. 

La sortie de votre nouvel album est encore très récente. This Is Not Supposed To Be Positive est sorti le 15 septembre dernier. Est-ce que l’on peut limiter l’album au terme « pessimisme » compte tenu de son titre ? 

Oui, l’album est vraiment pessimiste. Après si tu l'as écouté, tu auras pu remarquer que la tonalité change souvent ! Il y a beaucoup de titres assez maussades. Mais le tout est quand même assez ouvert et aéré. Nous avons choisi ce sujet par rapport à un état d’esprit particulier. Ce n’était pas forcément par rapport à la musique, mais à notre façon de penser quand nous avons composé cet album. 

La pochette de l’album est assez intéressante et déconcertante à la fois. On peut l’associer à un morceau d’art contemporain car l’esthétique est très moderne... 

...C’est ce que l’on voulait ! Il nous fallait quelque chose de plus graphique. Donc on a cherché à jouer sur les couleurs. On voulait qu'il y ait une guillotine et que ça reste dans la thématique du groupe à la fois. C’est pourquoi nous avions fait appel à l’illustrateur qui s’était chargé de la pochette de l’album Hope ? Dope ? Rope ?. Le coup de la guillotine, c’est quelque chose qu’il avait déjà réalisé. Nous sommes allés le revoir et lui, il nous a sorti directement ce dessin avec le bourreau qui se déplace. Ça collait bien avec l’imagerie du groupe. Les couleurs étaient déjà là quand il nous a proposé le dessin. Il faut avouer que le fuchsia est une couleur assez spéciale. Les gens n’aiment pas forcément ces tonalités. Ça requiert une ouverture d’esprit assez conséquente... 

« Dripping Low » est le morceau qui a été sélectionné pour faire l’objet d’un clip. Pourquoi ce titre ? 

Tout d’abord, c’est le morceau qui ouvre l’album, et nous le trouvons abordable. On y retrouve toutes les facettes du groupe dedans. C’est vraiment la synthèse du groupe et de l’album. C’est également le premier que l’on a composé pour cet album. C’est pour cela que ça nous a semblé assez logique que ce soit celui-ci et non pas un autre. 

Comment avez-vous fait pour réaliser le clip ? 

On a fait des sessions de captation en live et dans tout Paris… Après, nous avons fait en sorte de faire le montage le plus cohérent possible. Nous voulions vraiment installer une ambiance spéciale avec ces couleurs rouges et violettes. Le but était également de donner l’impression aux fans qu’il s’agissait là d’une ballade dans Paris. Un moment, tu vois même Cédric chanter dans les catacombes de la ville. Il fallait que ça soit très imagé… La vidéo n’a pas de message particulier.  Seule l’esthétique compte ! C’est vraiment de l’art pour l’art ! 

Vous avez sorti quatre albums en dix ans. Est-ce que vous pouvez commenter l’évolution de Hangman's Chair au fil des années ? 

Il y a eu plusieurs phases, ne serait-ce qu'au niveau du line-up. Nous avons changé de chanteur ! Cédric est arrivé sur Leaving Paris. Pareil pour Clément ! C’est vraiment notre premier album qui se détache du reste de notre carrière. Car ce n’est pas du tout le même line-up. Pour le dernier album, on a également changé de guitariste. Cédric ne faisait que chanter avant, maintenant il s'occupe du chant et de la guitare.

Et d’un point de vue musical, comment l’évolution s’est-elle faite ? 

Notre conception de la musique évolue toujours en fonction de ce que l’on écoute et de ce que l’on vit. Et c’est à partir de cela que nous avons réussi au fur et à mesure à créer notre propre son. Sur les premiers albums, nous jouions plus du Doom et une musique plus mélancolique. Ensuite, le groupe a eu sa période Heavy Rock. Nous avons vraiment réussi à construire et à trouver notre propre son et identité. Techniquement parlant, il y a eu une évolution au niveau du matériel. Maintenant, nous sommes plus fins dans le rapport que nous entretenons avec nos instruments. C’est beaucoup plus travaillé. Mais c’est une évolution qui est logique et normale. Aujourd’hui, j’ai 36 ans, et le groupe a de l’expérience et a su mûrir. Et forcément, ça se ressent musicalement. 

Est-ce que l’on peut encore dire que vous jouez du Doom ? 

Je pense que nous sommes totalement sortis de ça. En fait, ce sont les gens qui nous ont mis dans cette catégorie. C’est sûr que ça nous correspond bien ! Le Doom fait partie des genres musicaux que l’on écoute. Mais nous ne nous limitons pas à cela. Je pense tout simplement que les gens qui nous écoutent ont besoin de nous mettre dans une case particulière ! Dans le nouvel album, c’est totalement différent, nous revenons à des choses comme le Hardcore et le Punk de nos débuts. Et ce qui est génial, c’est que les gens arrivent à prendre en compte cette évolution. Des moments, les gens arrivent même à trouver du « Goth » dans ce que l’on fait et ça nous va également. La musique de Hangman’s Chair est inter-générique. 

Votre musique est donc bien travaillée et complexe. Selon vous, quand on joue ce genre de musique, comment peut-on encore innover ? 

Il n’y a pas de secrets, il faut travailler encore et toujours. On écoute beaucoup de choses. Il ne faut pas oublier que nous sommes des amoureux de musique avant tout. Après, ce n'est pas vraiment l’innovation que l’on recherche. Nous, nous faisons de la musique et nous en ferons surement toute notre vie ! Car il faut que ça marche et c’est ce que les gens commencent à respecter. Nous commençons à avoir une certaine longévité. Nous avons persévéré pour être où nous en sommes aujourd’hui. Et tant que nous arrivons à faire ce que nous aimons, c’est tant mieux. 

Vous vous êtes produits beaucoup de fois à l’étranger. Est-ce que vous avez une anecdote particulière sur un de vos membres ? 

Il y en a beaucoup ! Mais celle qui ressort toujours ne s’est pas produite à l’étranger, mais dans le Nord de la France ! Nous avons perdu notre chanteur pendant la tournée de notre premier album… Dès la première date de notre mini-tournée, Il nous a laissés tomber ! On a commencé à Lille et on a perdu notre chanteur. C’est la plus belle des anecdotes ! On a dû continuer la tournée sans lui ! Du coup, on a joué notre set en instrumental le temps de toute la tournée ! 

Intervention d’Élodie, leur manageuse: Et pourquoi il s’est barré votre chanteur ? (rires)

Nous avions trop fait la fête… (rires). Après d’autres anecdotes, il y en a. Mais sinon, c’est vrai que l’on a joué un peu partout en Europe et même en Russie… 

Vous êtes programmés au Hellfest l’année prochaine, ça fait quoi ?

C’est vraiment cool. On l’avait déjà fait ! Là du coup, on viendra pour promouvoir le nouvel album. 

Sur quelle scène allez-vous vous produire ? Celle de la Valley, je suppose… 

En effet, nous serons sous la Valley le samedi dans l'après midi ! 

De quoi te souviens-tu de ta dernière prestation au Hellfest ? 

Le dernier Hellfest que l’on a fait, c’était il y a quatre ans maintenant ! Hangman's Chair avait joué très tôt comme tout bon groupe Français. Mais c’était bien ! C’était le vendredi et il y avait beaucoup de monde. Cette date nous avait permis de faire pas mal de promo ! Les organisateurs du Hellfest ont toujours cru en nous. Ils attendaient la sortie du nouvel album pour pouvoir nous programmer à nouveau… Nous sommes super contents de revenir. C’est un très très bon festival… C’est vraiment l’un des meilleurs festivals en Europe car les programmateurs se permettent de varier les genres. Ce qui n’est pas le cas d'un festival comme le Wacken qui ne veut que des têtes d’affiche… Donc c’est cool que les gars du Hellfest soient ouverts à tous les styles.

 

Hangman's Chair:

Cedric Toufouti: Chant et Guitare

 Mehdi Birouk Thépegnier: Batterie 

Clément Hanvic: Basse

 Julien Chanut: Guitare

 

Discographie

(A Lament For...) The Addicts (2007)

Leaving Paris (2010)

Hope ? Dope ? Rope ? (2012)

This Is Not Supposed To Be Positive (2015)

+ 3 Split-Albums

Crédit photos: Cédric Cambien