Interview - Onslaught - Hellfest - 20/06/15

La semaine dernière au Hellfest, les fans de Thrash Metal pur et ambiant ont pris d’assaut la Altar où se produisait Onslaught, véritable pionnier du genre ! Néanmoins, même si le groupe ne fait pas l’objet du même engouement en Europe que ses frères Américains, ses convictions restent intactes: faire du Metal quoiqu’il arrive. Et ce serait une erreur de croire que le groupe aurait mieux fait de rester chez lui, à Bristol, quand on voit la branlée mémorable que les Britanniques ont mise aux Headbangers du Hellfest. 

Entretien avec Sy Kyler (chant) et Iain Davies (guitare) 

Salut ! Est-ce que vous pouvez vous présenter ? 

Sy: Hey, c’est Sy Kyler, le chanteur de Onslaught. Et lui, c’est notre tout nouveau guitariste, Iain Davies.

Ça fait quoi de jouer au Hellfest ?

Sy: C’est vraiment incroyable. Quand tu sais que le Hellfest est vraiment l’un des plus gros festivals en Europe à côté du Wacken et du Bloodstock, c’est vraiment un honneur de jouer ici. Il y a beaucoup de gros festivals sur le continent et le Hellfest en fait parti. Quelle journée. Ça va être génial !

Ian: C’est la première fois que je joue dans un festival de cette importance, ça fait vraiment bizarre quand tu sais que ça ne fait pas très longtemps que je suis dans le groupe.

Donc, c’est votre première fois ici ? Vous vous attendez à quoi du concert ? 

Sy: Oui exactement. On ne va jouer que quarante minutes, mais nous allons tout faire pour jouer le maximum de musiques possible. Nous seront sous la Altar privé du soleil, mais je pense que nous aurons tout de même très chaud. (rire)

En tant que spectateurs, quels groupes de l’affiche du Hellfest aimeriez vous voir ?

Sy: Il y a en beaucoup. L’affiche est énorme. Il y a tellement de groupes que j’aimerais bien revoir. Les Scorpions, par exemple, sont très bons ! 

Pas Faith No More ?

Sy: Non, je suis pas un très grand fan de Faith No More. Je préfère les bonnes vieilles formations de Hard Rock comme Scorpions.

Sy, quand tu as commencé le groupe, c’était vraiment au tout début du Thrash Metal. Il y avait Metallica, Exodus ou autre Slayer qui perçaient aux Etats-Unis. Et vous, vous étiez seuls en Angleterre... 

Sy: Exactement… Mais au départ, quand le groupe a commencé, c’était une formation de Punk influencée par Discharge, The Exploited et GBH. C’était vraiment ces groupes qui nous motivaient à jouer, on n’écoutait que ça à l’époque et c’est pour cela que nous avons commencé à faire du Punk. Puis ensuite, nous avons radicalement changé de style. Nous commençions tout juste à jouer du Thrash Metal quand la nouvelle vague est arrivée des USA avec Slayer et Metallica et là ce fut une grosse claque. C’était comme si j’écoutais de la musique pour la première fois de ma vie. 

Donc le groupe a six albums à son actif, mais n’a pas une carrière très linéaire étant donné que Onslaught s’est séparé en 1990. Est-ce que tu peux revenir sur la séparation de la formation ? 

Sy: Le groupe n’était plus le même. Mais nous n’étions pas les seuls dans ce cas de figure, c’était la scène Thrash Metal en général qui était en train de mourir à petit feu. Tous les groupes du genre devenaient des « Fuck Metal Band », je n’aime pas dire ça mais jamais de ma vie, j’aurais voulu faire parti d’un de ces groupes qui ne jouent que pour le fric. Puis, nous n’étions plus trop maitres de notre musique, le label pouvait en faire ce qu’il voulait. Tout avait vraiment changé, pas seulement les groupes mais aussi les fans… 

Qu’est-ce que tu faisais quand le groupe n’était pas actif ? 

Sy (rire) : J’ai commencé à fonder une famille, nous avions dû tous trouver un vrai travail… Une vie bien chiante quoi… 

Est-ce que tu avais gardé contact avec les anciens membres du groupe pendant le creux de la carrière de Onslaught ?  

Sy: Non… Nous habitions tous dans des endroits différents du Royaume Uni, donc c’était assez compliqué pour nous de pouvoir communiquer. En plus de cela, nous n’avions pas le même cercle d’amis donc ce qui devait arriver arriva. Nous nous sommes perdus de vue. 

Et quand t’es venu à l’esprit la volonté de vouloir réformer le groupe ? 

Sy: En fait, une maison de disque a décidé de faire des nouveaux pressages de nos albums. Ils ont commencé à faire parler de nous à nouveau à la télé donc j’ai pris mon téléphone et appelé l’ancien batteur Steve (Grice) pour lui dire de contacter le patron du label qui était en train de ressortir nos albums. Et le major lui a proposé de réformer le groupe. Cette proposition consistait à faire renaître de line-up d’origine de Onslaught, donc moi j’ai dit « Oui, bien sûr, faisons le et on verra si ça fonctionne ». Nous nous sommes réformés en 2006 et avons publié l’album Killing Peace en 2007, c’était vraiment cool.

Onslaught a sorti un nouvel album en 2013, il a pour nom VI. Que pensez vous de cet album avec le recul ? 

Sy: Ce que je pense de VI ? C’est un album incroyable, il déchire !

Comment avez vous fait pour l’enregistrer et le composer ? Est-ce qu’il y a quelqu’un qui impose ses idées ? 

Sy: C’est Nige (Rockett) le compositeur principal. C’est lui qui arrive avec des idées de riffs, il a amené la guitare avec Randy (Rosser-Davies), c’est eux qui ont composé les structures. Après chacun apporte sa touche et nous formons des morceaux avec. En ce qui concerne le chant, ça se fait par ébauches de paroles, si on peut appeler ça des paroles (rire). Et ça devient par la suite une sorte de démo, des brouillons avec des idées brutes. On a la chance d’avoir un producteur qui fait un boulot énorme, c’est lui qui fait le passage entre la démo et la version finale des morceaux. C'est une personne vraiment géniale.  

Ian Davis: Cet album, c'est vraiment celui qui m’a fait rentrer dans l’univers de Onslaught. Le son est puissant et agressif. Il fait l’effet d’une bombe quand on l’écoute !  

Quel est votre ressenti à propos de la nouvelle vague de Thrash Metal qui porte le fin nom de Thrash Metal Revival ? Je pense à des groupes comme Municipal Waste, Skeleton Witch et Toxic Holocaust. 

Sy: Je pense que la scène Metal en général est en bonne santé. Même chez moi à Bristol, nous avons la chance d’avoir une vie culturelle très active ! Il y a les Massive Attack qui tournent beaucoup et qui sont de Bristol. Il y a beaucoup de bars-concerts dans cette ville, je pense que ça pousse les gens à monter des groupes, certains sont très prometteurs.

(Montrant mon T-shirt) Est-ce que vous connaissez ce groupe ?

Loudblast ? Oui, j’ai déjà entendu parler d’eux. Ils sont Français ?  

Oui, c’est un des rares groupes de Thrash/Death Français qui a percé à l’étranger ! 

Ah bien ! J’irai jeter une oreille ! 

Pour finir l’interview, je vous propose de faire de la philosophie. Un philosophe qui porte le nom de Kant a dit « La musique est le langage des émotions ». Est-ce que ça vous semble pertinent comme jugement ?

Sy: Oui, je partage totalement son point de vue. En plus, le Metal en général, c’est la musique qui partage le plus d’émotions ! Ce n’est plus un secret pour tout le monde, il se passe vraiment quelque chose entre les Metalleux et leur musique. 

Iain: Quelque soit le style de musique que tu aimes, il peut te faire pleurer tout comme il peut te donner de la force. Si la musique ne dégageait pas d’émotions, elle servirait à quoi?

Merci les gars!

Onslaught:

Sy Keeler: Chant

Nige Rockett: Guitare

Jeff Williams: Basse

Michael Hourihan: Batterie

Iain Davies: Guitare

 

 Albums:

Power From Hell (1985)

The Force (1986)

In Search Of Sanity (1989)

Killing Peace (2007)

The Swadow Of Death (2008)

Live Damnation (Live-2009)

Sounds Of Violence (2011)

VI (2013)