Jimm - In[can]décence

 

Découvert avec son premier essai éponyme il y a deux ans de cela, j'ai eu un petit coup de cœur pour Jimm. En mêlant intelligemment rock US et rock français le parisien était parvenu à composer de bons tubes en puissance chanté en français mais dont de nombreux riffs rappellent Alterbridge. Après avoir collaboré avec Francis Caste (Zuul FX, Bukowski, Lazy...), Jimm s'est cette fois offert un mastering par Jens Bogren (Opeth, Dragonforce, Paradise Lost...), l'occasion de découvrir si le bougre a passé un cap.

Line-up :

Jimm (chant/guitare, basse studio)

Fred Quota (batterie studio)

Marc (basse live)

Etienne (batterie live)

 

Le plus gros défaut du premier album éponyme de Jimm était sa pochette et le moins que l'on puisse dire c'est qu'In[can]décence garde ce créneau dont le sous texte est simplement : « je suis beau et je fais de la guitare ». Je pourrais aussi vous parler de l'impression affreuse du logo sur le CD promotionnel mais l'essentiel est ailleurs et il vaut mieux se concentrer sur celui-ci.

Car Jimm reprend les bases qu'il a placé sur son premier effort et celles ci sont solides. Le corrézien mixe habilement riff à l'américaine bien couillu et chant en français pour un résultat qui tombe pile dans l'océan Pacifique. « Jamais De Trève » en ouverture ne choquera aucunement ceux qui ont aimé le premier opus, avec un riff atomique toujours autant inspiré d'Alterbridge et un refrain bien efficace. Le « single » « Occident Oxydant » rappelle lui aussi la bande à Mike Tremonti (ex-Creed) mais se montre bien plus « franchouillard » dans la forme.

La nouveauté de cet album est cette influence punk beaucoup plus présente qu'avant (bien que « Quand Tu Me Frôles » portait déjà la marque de la crète), ce qui est tout à fait indéniable sur « Le Miroir » malgré son refrain très enjôleur pas forcément le plus convaincant d'In[can]décence. Punk « Sur Le Même Modèle » l'est aussi mais plus dans son texte qui traite du conformisme et des codes sociaux. Le riff rappelle cependant plus Slash (grande influence de Jimm) et les deux solos que l'on trouve ici sont sûrement les meilleurs de l'album. En terme de texte d'ailleurs le blond s'est amélioré mais garde certains de ses thèmes de prédilections. Comme la religion (« Jamais De Trève »), qu'il considère toujours comme une gangrène, la popularité (« Jour De Gloire ») ou encore la vie propre et rangée (« Pourri Gâté », « Sur Le Même Modèle »).

Plus speed comme son nom l'indique, « Adrénaline », relance la machine de la meilleure manière après la ballade « Ton Souffre Douleur » qui malgré son riff plus groovy a du mal à tenir la distance face à « Un Sens A Ma Vie » du premier essai. La production n'est pas vraiment à des lieues de celle du premier album. Il faut dire que Francis Caste n'est pas non plus un incapable, loin s'en faut. La principale différence ici est que le son a un rendu un peu moins live et plus propre. Là chacun est libre de préférer un rendu ou bien l'autre, bien que l'argument de la propreté prime avec une formation aux vertues radiophoniques.

Avec In[can]décence Jimm propose un album plus mature qui malgré quelques déceptions comme « Jour De Gloire » ou « Pourri Gâté », réserve d'excellents moments qui feront encore du bien aux fans de rock/metal à la Alterbridge ou encore de Papa Roach malgré des références plus proches que jamais d'un Trust (plus dans le fond que la forme tout de même). Des titres aussi furieusement accrocheurs que « Jamais De Trève », « Occident Oxydant », « A La Vie A La Mort » rajoutent de belles cartouches à son arsenal live, un domaine dans lequel je n'ai pas la chance de connaître les capacités du bonhomme.