Kataklysm - Of Ghosts And Gods

Avec une moyenne de deux ans d’intervalle entre chaque album depuis une vingtaine d’années, on peut dire que les Canadiens de Kataklysm ne chôment pas pour régaler leurs fans. Les voici qui nous reviennent avec Of Ghosts And Gods après l’excellent Waiting For The End To Come (2013), toujours chez Nuclear Blast. Grâce notamment à ce dernier, Kataklysm est désormais bien ancré dans le paysage death mélodique en se frayant un petit chemin au côté des références scandinaves du genre pour ne pas les citer.

Bien décidés à asseoir leur statut laborieusement acquis, le quatuor a mis les bouchées doubles en enregistrant Of Ghosts And Gods dans trois studios différents entre Montréal, Dallas et Sanford en Floride. Pour l’artwork, Kataklysm a fait appel à un certain Surtsey (Occvlta Designs) qui ne manque d’ailleurs pas d’esthétique et bien sombre, dans la veine du Grand Morbid Funeral de Bloodbath pour dire. La production est dans l’ensemble assez convaincante. La voix de Maurizio Iacono est bien mise en évidence grâce au concours du producteur Mark Lewis (Cannibal Corpse, DevilDriver, White Chapel) pour l’enregistrement de la partie vocale. La section rythmique est tout aussi d’une excellente facture qui fait ressortir parfaitement ces sons de guitare très heavy.

Une production irréprochable, il reste à voir si le contenu est à la hauteur de celle-ci. Dès les premiers titres d’Of Ghosts And Gods, on ressent, à notre grand regret, un manque manifeste d’application de la part du quatuor. En effet, l’album commence par un « Breaching The Asylum » avec des riffs bien acérés et énergiques rappelant les premiers Soilwork par exemple mais qui malheureusement décline en intensité au fur et à mesure du morceau en finissant par nous endormir complètement. Le deuxième titre «The Black Sheep » est dans la droite lignée du précédent, insipide et ennuyant. La lumière viendra peut-être de « Marching Through Graveyards », troisième titre de cette œuvre. Là Il y a du mieux, un titre bien ficelé et cohérent qui ravira certainement les fans du groupe en live avec ses blasts d’ouverture et une mélodie entrainante. Si on doutait de la capacité de Kataklysm à créer de bons morceaux, ce titre prouve le contraire. Cela dit, hormis « Vindication », le reste de l’album est à l’image des deux premiers titres, des breaks et des mélodies assez pauvres, manquant cruellement d’inspiration. Le summum de l’ennui est atteint avec «Shattered» où le groupe s’emmêle les pinceaux en voulant servir un riff très heavy pour transcender l’album, semble-t-il, mais qui au final ne fait qu’accentuer sa morosité ambiante. Franchement, on attendait mieux d’un groupe de la trempe de Kataklysm. Des fois, on a l’impression qu’ils ont vendangé musicalement l’album en ne sachant pas exactement dans quelle direction où aller. Of Ghosts And Gods est un mélange oscillant fébrilement  entre l’énergie d’un Soilwork et les mélodies aériennes d’Insomnium mais qui manque cruellement de liant.

Au final, c’est malheureux à dire mais on dirait que Kataklysm s’est rendormi sur ses lauriers en misant tout sur la production et le succès de Waiting For The End To Come en oubliant l’essentiel, les compos. Autant ce dernier nous avait enchantés avec ses mélodies envoûtantes et assez pertinentes. Là, elles sont pauvres et empruntées. Of Ghosts And Gods ne manquera certainement pas de plaire à certains mais vu ce qu’ils sont capables d’enfanter, celui-ci reste très moyen et en dessous des standards du groupe.