Ketch - The Anthems Of Dread

Les américains de Ketch nous présentent leur premier album intitulé The Anthems Of Dread. Un album proposant 10 titres d’un Sludge/Doom aux bonnes senteurs de terre, de crasse et de sueur. Jamais la mort n’avait été si vivante !

Line-up :
Dave – Bass
David – Drums
Jeremy – Guitar
Zach – Vocals
Clay – Vocals (backing), Guitar

Tout d’abord soyons précis sur le contenu de ce premier LP qui est en réalité une fusion entre leur premier EP de 4 titres et 6 nouveaux titres. On a donc un son un peu différent sur les 4 derniers morceaux de l’album, j’ai préféré les nouveaux qui me paraissaient plus clairs et plus précis.

Le premier titre du CD, Fertile Rites By Sacrifice, commence sur des guitares claires aux réverbérations mystiques. La batterie rentre tranquillement, accompagnée d’une deuxième guitare qui vient souligner de manière très classieuse la mélodie principale. C’est profond et je suis immédiatement pris par le charme cet ensemble. On sent que la tempête est proche et j’ai toujours en tête leur étiquette Sludge/Doom. Les guitares, sales et noisy, s’installent et les choses sérieuses commencent. Les voix gutturales, sont incisives et bien senties, Ketch délivre une musique sincère où la souffrance est palpable. Ce premier morceau de 8 minutes, je ne l’ai pas senti passer, car Ketch peut être hypnotique par moment.

Le second morceau, Distant Time, plus classique, persiste dans ces atmosphères lourdes et plombées propres au Doom et au Sludge. On décerne tout de même bien les mélodies, car chez Ketch on ne laisse pas cet aspect de côté. Les solos me rappellent la grande époque de Paradise Lost. Tous les ingrédients sont là, et la cuisine est bien faite ! Il y a une véritable identité et unité tout au long de cet album. Le troisième titre, En Nomine Eius, nous transporte dans le bayou, et nous empêtre dans son marécage sonore et on y est bien. Je crois que ce titre est mon préféré. C’est ensuite un piano détuné au son noir et sombre, et une voix incantatoire qui font office d’intermède. Deux minutes de pose bien mérité, car cette musique est viscérale, et ne laisse pas indemne. Tout au long de leur LP le groupe s’insinue dans votre esprit, et fatalement ne va pas susciter joie et bonheur. Rares sont les groupes qui condensent autant de noirceur dans leurs titres. Mission réussie donc car je ne crois pas qu’ils avaient en tête de faire un album façon bisounours aux pays des licornes.

A partir du septième morceau on passe donc aux 4 titres de l’EP. On sent quand même qu’il y a une différence dans la qualité des compositions et du son. C’est dommage, ils auraient pu au moins refaire ces titres en y incorporant un peu de leurs nouvelles expériences. Petite déception donc, car cela aurait été un effort non négligeable qui aurait rendu l’ensemble plus homogène.

Pour conclure, je conseille The Anthems Of Dread à tous les amoureux de musique sombre et lugubre. Loin des clichés gothiques, entendons-nous bien. Je parle de crasse, d’entrailles et de moisissures ! Un musique parfaite pour un bon film de Rob Zombie (The Devil Reject en tête). Je suivrai attentivement Ketch et espère un prochain album avec une production plus uniforme.