Kill Me This Monday - Kill Me This Monday

Kill Me This Monday est le fruit de l'union de quatre vieux amis jouant ensemble depuis quinze ans entre Dunkerque et Lille. Après un premier EP sorti en 2013 ainsi que des dates aux côtés de Mass Hysteria ou Lopsided, Kill Me This Monday sort en avril son premier album sobrement intitulé Kill Me This Monday sous le label Klonosphere (Hypno5e, Trepalium, The Walking Dead Orchestra).

Line-up:

Alexandre Blijkers (chant, guitare)

Stéphane Bugnon (basse, choeurs)

Johann Maecker (batterie)

Thomas Ryckewaert (guitate, choeurs)

   Lorsque l'on pense à l'appellation rock alternatif ou new rock, on ne sait jamais réellement à quoi s'attendre. A l'écoute des dix titres du premier album de Kill Me This Monday, nous avons affaire à un large panel de ce qu'était l'underground de ces vingt dernières années, en passant des atmosphères néo metal de Deftones aux basses grungy des années 90's. Cependant, la voix d'Alexandre Blijkers aux accents post-hardcore et à la mélodie écorchée feront également écho à Twin Atlantic ou à Breaking Benjamin.

  Des morceaux tels que "Gravity", "Like A Porn Movie" ou encore "Copycat Conspirancy" révèlent  des instrumentaux énergiques et modernes, ne s'embarrassant pas de structures complexes. Le son de la basse est très métallique quoique discret, et la puissance des guitares saturées est segmentée par des lignes de chant tantôt claires, tantôt hurlées (mais plus particulièrement lors des chorus). A l'écoute des premiers morceaux, nous dénotons une certaine longueur, et pour un peu plus d'une heure de musique au total, rares sont les pistes dont la durée est inférieure à six minutes.

  Au fil des riffs et d'une atmosphère suintant le spleen, Kill Me This Monday ne se contente pas de jouer des morceaux catchy et efficaces, créés pour se défouler après un morne quotidien édulcoré à la puanteur des métros. La voix malgré sa puissance en « scream » s'avère vite limitée se laisse fragiliser lors de ballades pour se transformer en parfait passeur d'émotivité et de mélancolie à travers des pépites telles que "Broken By The Tide" ou encore "As Definite" et son intro grunge. Les tempos sont langoureux et l'empreinte personnelle du groupe se manifeste enfin, exercice plutôt difficile aux milieux de concurrents bercés par les mêmes influences.

  Les dunkerquois produisent également un son équilibré pour la scène avec des accords brûlants et déglingués ou du screamo bourrin comme sur "Fat Bottom Sandwich" et "Crying For Help". Pour clôturer l'album, "War" regorge d'oppression soutenue par des choeurs doux et planants.

   " Jouer fort, sans mélange subtil entre telle ou telle influence mais le tout en nuance." C'est ce que promettait Kill Me This Monday sur son site internet, et c'est ce qu'ils ont réussi. La multitude d'influences retenues et exprimées sur cet album qui auraient pu se déliter dans un mauvais pastiche se façonnent avec élégance et simplicité, mais à travers un spleen qui incarne la griffe du groupe et en signe son originalité.