Korpiklaani - Noita

 

Ca va swinguer dans les chaumières !

 Quelques mois après la sortie de l’album solo du frontman Jonne Järvelä, trois ans après Manala, nos gais lurons finlandais sont de retour en ce printemps 2015. Noita est ainsi l’occasion de retrouver un nouveau line-up, la confirmation de Tuomas Rounakari au violon – dont on avait pu voir l’excellence sur les tournées précédentes, et Sami Perttula à l’accordéon. Et l’on peut d’ores et déjà dire que ces arrivées apportent à Korpiklaani une véritable dose de sang frais. Pour Jonne, ils ont permis d’atteindre l’équilibre entre folk et metal tel qu’il en avait toujours rêvé.

9ème album du groupe, Noita marque les vingt-deux ans d’un groupe qui s’est bâti une carrière reconnue internationalement par la critique que le public. Deux albums sont sortis sous le nom de Shaman (chez Natural Born Records) puis ce nom a été changé en Korpiklaani à partir de 2002 (Napalm Records puis Nuclear Blast).

Si l’on se penche maintenant d’un peu plus près sur ce dernier opus, une chose est certaine, il s’agit bien de Korpiklaani ! Voix rauques, guitares punchy, nappes folk entêtantes, batteries et basses galopantes. La première écoute de Noita, album dont toutes les chansons sont en finnois, donne déjà sacrément envie de danser, une pinte de bière à la main – ou du moins d’essayer…

A première vue, rien de bien nouveau me direz-vous, un bon disque dans la lignée de ses prédécesseurs. Et pourtant… A chaque nouvelle écoute – car on devient vite accro, les titres prennent toute leur place, chacun révélant sa force individuelle. Sans faire un “track by track” exhaustif, on peut s’arrêter sur quelques pistes: l’ouverture, « Viinamäen Mies » qui fera sans doute sautiller plus d’un en live, joyeuse, rapide et racontant les folles aventures « korpiklaaniennes » en tournée. Comme la plupart des autres chansons de Noita, le violon et l’accordéon sont mis en avant dans la composition comme la production et se retrouvent en position de lead guitar, avec succès. « Lempo », qui fait référence au dieu de la fertilité et aux sorts qu’il jette, nous plonge dans une ambiance quasi mélancolique, assez dark avec une intro tendant vers les chants traditionnels chamaniques. Un mid-tempo qui reste dans la tête avec un beau solo de violon. « Sahti », forme traditionnelle de bière home made, est certainement ce qui se rapproche le plus des « chansons à boire » du groupe, dans la veine des « Vodka », « Tequila », « Juodaan Viinaa » et autres. « Minä Näin Vedessä Neidon » met en avant le chant de Järvelä, dans une ambiance assez dark et nous fait approcher la mythologie finlandaise, autour de la déesse Vellamo, déesse de la mer, des lacs et de la tempête. « Jouni Jouni » est un bon morceau rock’n’roll, Billy Idol style et parle ici d’un autre élément typiquement finlandais, puisque son héros, Jouni, totalement ivre, va mettre le feu… à un sauna. Dernier titre dont nous pouvons dire quelques mots, « Ämmänhauta » est l’un des morceaux phare de Noita, assez heavy et lent, met en scène une légende de Vesilähti, village d’origine du chanteur et du bassiste. Un titre qui met en valeur à la fois le chant, la déclamation si particulière de Jonne, l’accordéon et le violon, comme un fil rouge sur cet album.

En quelques mots, Korpiklaani nous livre encore un très bon opus, folk et métal à souhait, superbement orchestré et produit. Il y en a pour tous les goûts, autant les amateurs qui retrouveront les ingrédients qui ont fait le succès du groupe jusqu’alors, que les nouveaux venus qui découvriront le groupe sous son meilleur jour. C’est un disque qui accroche à la première écoute mais mérite amplement d’être entendu plusieurs fois, chaque titre se révélant alors à son maximum !

 

En ligne :

www.korpiklaani.com
www.facebook.com/korpiklaani

 

Album artwork © Jan Yrlund