Kraken - Rock & Metal Fest 2016

Pas de temps morts pour l’équipe de Metal Cunt ! Et si on l’allait rendre visite à nos amis Belges ?! Hell&M Prod nous a concocté une belle petite affiche… Pourtant, les Metalheads avaient le choix… Entre Vulcain à Douai, Black Bomb A à Orchies, Crusher au El Diablo, il fallait choisir ! Quoi de mieux de voir Blazing War Machine et Dagoba se produire le même jour ? Vous le savez tous aussi bien que nous, ce n’était pas un festival comme les autres. Tout le monde attendait cette fameuse confrontation Franky Costanza/Shawter. Mais avant cela, nous avons eu droit à quelques surprises, et c’est à 13 heures que les hostilités ont commencé avec des groupes tous aussi intéressants les uns que les autres ! 

C’est Signs Of Algorithm qui ouvre la valse. Ils viennent de Bruges, ils ont gagné un tremplin, et veulent montrer qu’ils sont prêts à franchir de nouvelles étapes. Qu’est-ce que Signs Of Algorithm a à nous proposer ? Un beau Metalcore bien groovy, mélodique et pertinent de bout en bout. Et malgré une salle vide, les belges font le show, et apportent un petit truc en plus à leurs shows en imbriquant leurs morceaux comme s’il s’agissait là d’une bande sonore. Aura surtout marqué les esprits leur fameux jeu de scène ! Pas mal pour des jeunes. 

Place au deuxième groupe de la journée ! C’est Eros qui se colle à la tache de séduire les belges avec un Thrash 100% sensuel et « rentre-dedans » ! Malheureusement, le deuxième vainqueur du tremplin Hell&M Prod n’aura pas réussi à motiver le public à s’entrechoquer. Il faut dire que la fosse est encore vide… Mais nous aurons remarqué, malgré quelques maladresses, une formation qui sait s’y faire sur scène, notamment leur chanteuse, Sophie, qui n’a pas hésité une seconde lorsqu’il a fallu aborder des sujets « caliente » ! Oui, c’était bien elle qui a fait la différence. Elle est même descendue saluer quelques-uns de ses fans dans la fosse ! Quelle frontwoman ! 

  

 


Chainer
où la formation #SoBackToTheEighties de la journée ! Oui, le Power-Trio, venu de loin, veut montrer que le Hard Rock des années 80 n’est pas mort, ou du moins que les recettes fonctionnent toujours aussi bien. Mais ne comptez pas sur eux pour démenteler tous les clichés qui sont assignés à ce genre. Les motos, les femmes, les solos, et les refrains prenants à la W.A.S.P., voilà ce qui les inspire. Personne ne sera resté indifférent face à ce chanteur qui a tout compris au jeu scénique et aux intonations vocales de Blackie Lawless. Dès les premières mesures du concert, c’est tout « comme si ». Notons-donc un manque d’originalité… Mais il faut avouer que la formation s’est fait remarquer de par sa constance et qualité de l’interprétation de ses morceaux issus de leur premier et prochain album. Une dernière remarque: attention, le kitsch peut être fatal pour un groupe. 

Quelle idée de programmer un cover band en pleine après midi ! Avions-nous vraiment besoin de cela ? Et pourtant, l’équipe organisatrice a fait venir Allience Plays Iron Maiden ! Pas de soucis, on aime Iron Maiden ! Mais on n’aime pas lorsque les reprises sont massacrées… Chez nous, c’est l’incompréhension, nous gardons notre souffle pour ne pas rire. Tout est à revoir… De « Flash Of The Blade » à « Phantom Of The Opera »… 

C’est maintenant au tour de Benighted Soul d’arpenter la scène. Et c’est que la formation a tenu à rester pro de A à Z jusqu’à se faire attendre… C’est que les balances s’éternisent… Au moins, la rédaction n’a rien eu à redire en ce qui concerne le son. Il était parfait ! Ainsi, nous avons pu apprécier les compositions typées Death Metal Prog Sympho, faisant penser à du Epica de temps à autre. Les échanges de tonalités vocales entre Geraldine Gadaut et Jean Gabriel Bocciarelli ne nous démentiront pas ! Et c’est que la salle s’est remplie depuis la fin du cover d’Iron Maiden ! Est-ce parce la foule n’est pas insensible devant les courbes et le charme évident de Geraldine ou bien parce qu’il était heureux de revoir un groupe qui ne s'était pas rendu dans la région Wallonne depuis 2012 ? Souvenez-vous, c’était à l’occasion du Metal Female Voice.

Nous pensons avoir notre réponse ! À la fin du gig, je peux apercevoir des fans discuter entre eux. L’un deux m’affirme que ce groupe est sa « claque de sa journée » en m’avouant que ce groupe associait le mieux des éléments tirés du Metal Progressif et du Metal Symphonique à des parties plus Heavy Metal dans l’âme. Il n’avait pas si tort que cela. Le concert était très intéressant… Mais pour une formation de la trempe, nous avons trouvé regrettable le manque de naturel des interprètes. Les interactions semblaient un poil trop superficielles (mis à part la référence au bon cru de leur région, le fameux « Kraken »). Un très bon concert toutefois. 

Décidément, cette journée est consacrée aux formations à chanteuse ! Nous sommes repartis de plus bel avec Bliksem. Soyons honnête, nous n’avions jamais entendu parler de cette formation avant ! Et il se peut qu’elle se fasse plus régulière en Europe, du moins, c’est ce que nous espérons ! Pourquoi ? Le verdict est sans appel, le Thrash des Flamands a marqué de son empreinte tout un festival grâce à une prestation 100% Thrash dans ton froc (copyright Mathieu David). 

En à peine une heure de jeu, ils ont interprété entre morceaux effrénés tirés de leurs deux premiers albums (Face The Evil, Gruesome Masterpiece), et motivé une bonne partie du public à headbanguer aux abords de la scène. Et c’est que les belges se donnent les moyens de réussir et de séduire une belle partie du public. Non seulement toutes les parties sont interprétées dans les moindres détails: parties allers/retours, solos, plans vocaux rayés et criés mais il montre également que rien n’est superficiel chez lui. Le groupe excelle dans tous les domaines et ne fait pas semblant. 

Fort d’une setlist qui fait la symbiose de passages plus énervés et autres plus lourds, le groupe a montré en enchaînant les titres « Twist The Knife », « Crawling In The Dirt » et « Room Without A View » que le show proposé était pensé et construit de sorte qu’il soit pertinent. Oui, il ne faut pas que les fans s’ennuient et ainsi montrer ce que le groupe sait se renouveler. Chose que le groupe a réussi à prouver à chaque étape du concert. 

Ainsi, on était en droit de se rendre compte que le live inculquait au morceau de la formation un petite dose de testostérone en plus par rapport aux enregistrements studio. Les cris énervés de Peggy n’y sont pas pour rien. La jeune femme se démarque des autres frontwomen de par sa prise de position et son charisme. Les autres musiciens ne sont pas en manque non plus, car en arpentant la scène en long en large et en travers, ils ont prouvé qu’ils en voulaient. « Ces types ont faim et en veulent » me lance mon photographe. Oui, le constat est vraiment sans appel. Bliksem est bien la belle découverte de la journée. Pourquoi le groupe est-il si méconnu en France ? On ne sait pas. On espère toutefois qu’il se fera plus présent dans le pays dans les quelques mois à venir ! Wacken, Graspop en 2016. Hellfest en 2017 ? 

Blazing War Machine se fait de plus en plus voir en ce moment ! Il faut dire que Franky est libre. « Libéré, Délivré » diront certains ! En quelque sorte, oui. Et bien que la rédaction ait vu Blazing War Machine le mois dernier au festival Du Metal à la Campagne, elle ne peut s’empêcher de se faire une belle place pour assister dans les meilleurs conditions possible à l’horror show des Blazing War Machine ! Les musiciens, tous grimés de maquillage, arrivent chacun à leur tour et déversent une bonne dose de Metal Industriel teinté de touche symphonique. 

Faut-il vous rappeler le concept du groupe ? La musique de Blazing War Machine consiste à faire voyager le spectateur dans un autre monde par l’intermédiaire d’une musique visuelle. Oui, tout était mis en place pour que les morceaux fassent l’idée d’une bande sonore visuelle. Si l’on pouvait critiquer un poil le style de Blazing War Machine, on pourrait leur reprocher de s’être accaparer le style de Fleshgod Apocalypse. Mais ici, la dimension est bien plus sombre et les fans semblent s’être pris au jeu de cet horror show. 

Franky semble plus motivé que jamais à faire valser ses fans. Et il prend la parole à plusieurs reprises, une chose rare. En effet, il répète à plusieurs reprises avant d’entamer quelques-uns de ses morceaux: « je veux vous voir tourner, il faut vous détruisiez cet endroit ». Les fans jouent le jeu, un petit pit se met en place… 

Le concert est honnête et à l’image du groupe. Les parties vocales, criées et growlées performées par Irzina mettent en exergue une frontwoman efficace. En effet, non seulement elle assure ses plans vocaux, mais fait preuve d’un aisance scénique des plus remarquables. Elle fait du bien à voir, et nous prenons réellement du plaisir à regarder le show. Ce fut un bon concert ! Maintenant, il nous tarde de voir le groupe sortir un nouvel album !  

Dagoba était la dernière formation à se produire ce soir. Et autant vous dire que la rédaction attendait la formation marseillaise de pied-ferme. Franky n’est plus là, et l’ambiance qui règne au sein du groupe est des plus inquiétantes ! Pourquoi ? Finis les bonjours, place à une formation qui referme sur elle-même. Werther tel un tyran donne des ordres aux nouveaux arrivants, et se charge de faire les balances à la place de Shawter, qui lui préfère se restaurer dans ses loges. Bref, tout est froid, et un malaise se fait clairement ressentir.

C’est après une longue introduction que le Dagoba 2.0. ouvre le dernier acte de la soirée. Et en fait, si rien n’a réellement changé, nous ne pouvons que rester inquiets devant ce nouveau groupe. Le nouveau guitariste, JL Ducroiset, semble être effacé, mais connait les morceaux par coeur. Nicolas Bastos, lui, fait plaisir à voir. Certes, il n’a pas la même frappe que Franky Costanza, mais fait le job et apporte un style à des morceaux essoufflés avec le temps, notamment ce « Black Smokers ». 

« Salut les copains ». Shawter n’a pas changé, il semble toujours entretenir une amitié sans borne avec ses fans. Mais pourquoi ces phrases ont-elle un goût amer ? On ne sait pas. Tout ce que l’on sait, c’est que le concert semblait un poil trop superficiel à nos yeux, comme si le Shawter n’était pas vraiment sincère avec nous… Car c’est bien beau de déverser sa haine par l’intermédiaire de sa musique - il est toutefois en voix, il faut l’admettre - mais il y a une limite entre faire et feindre la violence. 

Et là, c’est le drame. Un fusible lache et c’est l’élan du bonhomme qui est compromis… Pas de soucis, les ingénieurs-son vont remettre tout ça en place - Et voilà qu’une deuxième coupure du courant finit par assassiner Shawter. « C’est ça de travailler avec des amateurs » lâche t-il avant de quitter la scène. Pour nous, c’en est trop. Nous avons définitivement perdu Dagoba. Un petit mois de repos ne serait pas de refus pour un chanteur, qui semble être au bout du rouleau depuis quelques années maintenant, jusqu’à être agressif et irrespectueux envers ses collègues. Et dire que le sampler de départ annonçait un « retour ». Pour nous, c’est un flop. 

Nous avons passé une belle journée. Auront surtout marqué les esprits les Belges de Bliksem et les marseillais de Blazing War Machine. Quant à Dagoba, que dire ? La formation a encore le temps de se ressaisir. Disons juste qu’il y a des jours avec et des jours sans. Et il s’agissait sûrement d’un jour sans pour Dagoba…