Live Report - Raismes Fest - 11 et 12 Septembre

Il est évident que le Raismes Fest n’a plus autant d’influence que dans les années 2000. Mais coûte que coûte, les organisateurs n’ont jamais lâché l’affaire et continuent de programmer le festival en faisant venir des groupes régionaux au potentiel grandissant et d’autres pointures du genre. Certes, l’affiche de cette édition 2015 a programmé plusieurs groupes qui se sont déjà produits antérieurement à l’évènement (Gotthard, Freak Kitchen, Max Pie…), mais propose toujours un tarif séduisant défiant toute concurrence. C’est parti !

Vendredi 11 Septembre:

Les hostilités inaugurées le vendredi, sorte de mise en bouche, sur la scène découverte proposaient son petit paquet de groupes intéressants. Néanmoins, la frustration saisit le petit nombre de festivaliers présents dès le début du festival. Des problèmes techniques empêchent le premier groupe de se produire à l’heure convenue et il aura fallu attendre une heure pour que la première formation X-Rated se produise. Mais malheureusement pour elle, la sauce ne prend pas. Il faut dire que les conditions de jeu n’étaient pas optimales pour apprécier leur manière d'appréhender le Metal (Le son de façade sature souvent). Dommage pour eux… 

Au tour de Max Pie, véritable chevalier du Power Metal, de se produire sur la scène découverte. Le concert montre des musiciens dans leur élément qui ne font qu’un avec leur domaine. Tony et sa clique prendront le soin d’immerger leur public dans leur univers fantaisiste pendant des titres comme « Promised Land » issu de leur dernier album Odd Memories. Néanmoins, nous ne pouvons que rester statique devant la performance d'un groupe, qui a tout l’air d'un professionnel, sur la petite scène qui leur a été proposée. Car aux vues des qualités vocales et guitaristiques des membres de Max Pie et les samplers bien orchestrés, les Belges ont prouvé qu'ils avaient bien leur place dans la cours des grands, c’est-à-dire, sur la scène principale. 

Après les histoires épiques de Max Pie, retour aux sources avec les mélodies grasses de El Dorado. Leur nouvelle prestation dans le cadre du Raismes Fest était également l’occasion de faire une piqure de rappel à ceux qui n’ont jamais appréhendé la sauce « Deep Zeppelin » mijotée par les Espagnols. Et pour le peu que nous avons à dire, c’est que les Espagnols nous ont délivré un show bluffant ! Vantant les mérites de leur dernier album Babylonia Haze, le show sera aussi congru de quelques surprises comme la reprise très personnelle de Ray Charles popularisée par W.A.S.P. « I Don’t Need No Doctor ». Le tout associé à une communication sans faille avec le public et vous obtiendrez le concert plus groovy de la soirée ! Hasta pronto los Rockeros ! 

Place à la tête d’affiche de refouler la plancher du Raismes Fest. Après avoir marqué les esprits en 2006, la formation rocambolesque de Freak Kitchen a voulu montrer qu’elle avait évolué après être ressorti haut la main des sentiers battus en sortant Land Of The Freaks et Cooking with Pagans. C’est un show décalé sans pourtant être dépourvu de sérieux que nous ont offert les Suédois ! Et les Freaks ont encore prouvé que leur recette miracle fonctionnait à merveille sur des titres comme « God Save The Spleen » ou même « Chest Pain Waltz ». Leur musique est en totale cohérence avec l’attitude décalée que s’adonnent Matthias Eklundh et sa troupe ! La preuve, les bougres, toujours vêtus de circonstance pour se produire sur scène, n’hésiteront pas à harasser leurs partisans en leur lançant des questions pour le moins controversées: « Do you want to see my Swedish Penis ? ». Mais n’en faites pas tout un plat, Freak Kitchen n’a pas perdu son sens de l’humour, pourquoi le perdriez vous ? Toujours pas convaincus ? Consolez vous avec les solos tapés mêlant une dextérité hors du commun et un feeling sans précédent sur « Razor Flowers ». Malgré une sonorisation qui a parfois semé le trouble chez les moins adeptes, en nous servant ce plat, les cuisiniers auront conservé leur titre de meilleur ouvrier de Suédes. Un régal.


Samedi 12 octobre:

Si la veille nous avait préservés de la pluie, il en sera tout autre le lendemain… Quand nous arriverons sur le site, les K-WAYs et Pull-Overs chauds étaient de rigueur. Mais les intempéries n’ont pas refroidi les Black Juju Inc. qui nous ont offert une petite dose matinale de Cold New Wave franchement inspirée par Ministry et autres Prong. Cette prestation à l’ouverture du Raismes Fest était l’occasion rêvée pour les Lillois de présenter leur premier album The Call Of Juju et leur tout nouvel EP Cannibal Fest. Une prestation qui a révélé les qualités de show man de Lionel, véritablement à son aise et en voix sur des morceaux comme « Don’t Fear ». Un bon concert ! À revoir en salle sans intempérie !

C’est à King Of The North qu’a été confiée la tâche de poursuivre les hostilités sur la scène principale. Ce qui n’a pas pour autant effrayé les Australiens qui en auront bluffé plus d’un grâce à un Rock à consonance proche d’un SoundGarden ou bien d'un Alice In Chains. En une heure de jeu, les deux amis auront fait profiter le public des formules variées exposées dans leur premier album Sound Of The Underground. Et heureux que nous sommes car le jeune groupe aura réussi à combler un éventuel bassiste manquant grâce à une guitare lourde et grasse tout en faisant oublier les intempéries le temps de quelques instants. Dommage que le créneau horaire ait rattrapé ces gars et interrompu le concert d'une manière assez consternante…

… Pour laisser aux membres de Mr-X de se produire sur l’autre scène. Et encore une fois, le fameuse adage « L’habit ne fait pas le moine » aura eu raison des idées préconçues qu’ont pues se faire les festivaliers. Car le trio aura su établir une démonstration de ce qu’ils savent faire de mieux: un Rock décandant qui mêle simplicité et efficacité. Un très bon concert pour les jeunes nordistes venus promouvoir leur tout nouvel album Trouble In The Machine

« We Are Nitrogods, and we play like Motorhead » aurait pu être l'objet d'une bande sonore introductive pour le concert des Allemands de Nitrogods. Et les assoiffés de gazoline ne manquent pas d’humour lorsqu’il s’agit de présenter leurs musiques: « On dit que l’on ressemble à Motorhead, je ne vois pas pourquoi les gens disent cela ! ». Pourquoi ? Car la recette utilisée est la même. Il s’agit là d’un power trio qui joue du Rock couillu vantant les mérites d’une basse grasse sur des titres comme « Rats And Rumours », « At Least I’m Drunk » ou même « Irish Money ». Néanmoins, bien que l’étiquette Motorhead aurait pu leur coller au lard, les membres de Nitrogods ont réussi à s’en détacher en alternant les chanteurs variant ainsi les tonalités vocales, une fois grave, une fois plus aigue. Pour faire court, le concert proposé est riche, varié et énivrant. Et ce n’est pas Henny Wolter, brandissant une bouteille d’alcool, qui allait dire l’inverse.  

One Eye Dollar était peut-être la formation du Nord/Pas de Calais la plus attendue sur la scène découverte. C’est-à-dire qu’après une prestation très remarquée à la Péniche Spit Asso à Douai en ouverture de Crowbar, la bande à Fred Palatas voulait renouveler une nouvelle fois l’exploit en mettant le Raismes Fest sous le signe du Far West avec une musique lourde et épaisse qui ne l’a empêché pas d'être pourvue de cette touche d'agressivissité essentielle pour un groupe de la trempe, du moins en Live. Il faut dire que l’influence de Down prédomine sur des morceaux comme « From Skies To Dust » ou même « Lincoln Is Dead », véritable source d'inspiration qui sera démasquée lors de la reprise finale « Bury Me In Smoke » !

The Vintage Caravan est l’étoile montante du classic Rock. Personne n’est resté insensible à la programmation du groupe en première partie d’Europe, tournée qui va sûrement continuer de faire de nouveaux adhrérents à leur cause Rock n' Rollesque. Et ce succès n’est pas venu de rien ! Toujours de bonne humeur quand il s’agit de jouer ses morceaux préférés « Midnight Meditation », « Let Me Be » ou « Crazy Horse », le trio Islandais fait toujours preuve d’une sincérité et d’un feeling remarquable. The Vintage Caravan ne tombe pas dans la routine et a réussi à maintenir l’intérêt de ses spectateurs en délivrant un Rock brute de décoffrage à la fois teinté de touches spirituelles tuant ainsi tout effet d’assuétude. Ainsi vous l’aurez donc compris, quand on vous dira que The Vintage Caravan est une future valeur sûre du Rock, vous ne pourrez qu’acquiescer et aller de ce pas vous procurer des places pour une éventuelle future performance Hexagonale de la troupe.

 

Après le Rock agréable de 58 Shots, nous retournons devant la scène principale où Pat O' May s’apprête à sortir de leurs flighcases ses armes qui n’attendent qu’une chose: tirer à coup de riffs sur ses innocents partisans. Le palmarès du bonhomme est impressionnant tout comme le massacre qu’il nous a concocté. Il n’oubliera pas de revisiter ses plus grands morceaux en rendant hommage à Gary Moore, lors de deux reprises flamboyantes « Over The Hills And Far Away » et « Whiskey In The Jar ». Il ne fait donc nul doute que son talent toujours aussi expressif aura mis en joie les amateurs de guitares et de dextérités pendant les échanges de tappings entre le bougre et son acolyte. Une très belle démonstration !

Le temps de nous restaurer, nous ratons de peu la prestation de Toys In The Forest... Mais nous profitons de cette lacune pou nous placer au premier rang afin d'assister au show de Bonafide, formation de Rock Suédois qui ne cesse de faire parle d’elle. Et ce soir, les membres de Bonafide profiteront d’un tarif horaire préférentiel en se produisant 1H15 sur la scène principale. Occasion rêvée pour Pontus Snibb, le leader du groupe, de fêter son anniversaire et promouvoir son dernier album, Denim Devils, comme il se le doit. Et le public répond bien aux appels du frontman en tapant des mains et poussant quelques hurlements pulsionnels quand ce dernier s’invite dans la fosse ! Le désormais quarantenaire chantera même sans micro depuis la scène réalisant ainsi des exploits vocaux à faire rougir tout frontman en herbe. Quelle coffre ! L’extravagant véhicule bien les valeurs du Rock n’ Roll avec des titres comme « Dirt Bound » et « The Mess » et leur son de basse groovy ! Et puisqu’un anniversaire ne se fête jamais seul ! Pourquoi ne pas inviter Spike de The Quireboys à se produire sur un titre ? Succès débloqué pour les Suédois qui ont prouvé que le Rock n’ Roll n’était définitivement pas mort ! 

Malheureusement pour Wizzo, la tempête s’est invitée à leur prestation ne laissant donc qu’une petite poignée de fans acharnés profiter leur Rock n’ Roll décadent. Après la pluie, un semblant de beau temps avec The Quireboys. Après avoir marqué les esprits au Hellfest, ils sont de retour dans le Nord de la France et ont décidé de faire leur show à leur façon en favorisant leur tout premier album A Bit Of What You Fancy avec pas moins de huit morceaux extraits de ce dernier « 7 O’Clock », « Hey You », « Misled », « Roses and Rings », « Sweet Mary » et bien d’autres. Il faut dire que cet album représente bien les valeurs du groupe. Un Rock salace et puant la débauche à des kilomètres. Et Spike n’y est pas pour rien ! Loin de là ! Toujours plein de charisme, il invitera son public à reprendre avec lui les paroles de ses classiques comme « Mona Lisa Smiled ». Un beau show qui revient aux valeurs mêmes du Rock n’ Roll: Sex, Drugs and Rock n' Roll. Et ce n’est pas ce dernier morceau, « Sex Party », interprété en compagnie de leurs potes de Bonafide qui prouvera l’inverse. 

La programmation de Gotthard en tête est significative. Elle révèle de l’activité sans borne des Suisses qui continuent sans relâche à tourner afin de promouvoir leur nouvel album Bang! sorti en 2014, soit quatre ans après la disparition soudaine de Steve Lee, leur regretté frontman. Quoiqu’il en soit, Nic Maeder semble tout à son aise quand il s’agit de reprendre les tubes de son ainée comme « Right On » ou même le titre très Hard Fm dans l’âme « Sister Moon ». Véritablement en voix ce soir, le chanteur arrivera à plonger son auditoire dans ses histoires personnelles mêlant à la fois la Rock n’ Roll attitude mais également une touche émotive sans quoi le groupe n’aurait jamais rencontré le succès qu’il connait aujourd’hui grâce à des titres à l’eau de rose, comme comme les acoustiques « One Life, One Soul » ou bien « Remember It’s me », grand moment de ce concert. Néanmoins, Gotthard n’est pas tombé dans le stéréotype de l’amour facile en proposant un set rodé et varié. La reprise de Joe South, popularisée par Deep Purple, « Hush » en est bien la preuve formelle. Nic Maeder, en véritable homme de la situation, présente même à son public les différents gayards de sa bande et les met à l’épreuve lors d’improvisations. Néanmoins, le petit homme n’oubliera pas de donner à ses fans l'opportunité de venir s’exprimer sur scène pendant les choeurs du refrain de « Lift U Up » mettant à jour une communication sans faille avec le public. Et bien sûr, un concert de Gotthard ne serait pas complet sans la prestation finale de « Anytime Anywhere », véritable hymne de toute une génération. Encore une fois, un concert sans faute pour les Suisses.   

De bons souvenirs, de bonnes marrades, de très bons groupes. En 2015, le Raismes Fest a rempli son contrat. Espérons juste que la météo sera de leur côté l’année prochaine !