Lace Weeper - As The Crow Flies

La formation Irlandaise de Rock Alternatif Lace Weeper n’aura visiblement pas chômé depuis sa formation en 2011. C’est-à-dire que si l’on veut se faire un nom dans le paysage musical, il faut être actif, voire très actif. Avec trois premiers EPs (Lace Weeper, One Man Jury, Tusk) qui ont réussi à gagner l’intérêt de la presse spécialisée Britannique, le groupe s'est penché sur ce qui serait leur tout premier opus: le prémonitoire As The Crow Flies qui a vu Chad Channing, l'ancien batteur de Nirvana, s'inviter sur deux pistes ! À voir maintenant si ce début est digne de son appellation. Alors, « À Vol d’Oiseau » ou « Chant du Cygne » ce Lace Weeper ?

Pour un groupe qui sort sa première galette, les Lace Weeper n'ont rien laissé au hasard ! Un simple auditeur peut être surpris par l’énergie dégagée par l’intensité des riffs soutenus par la finesse de la production. Inutile de vous dire que « Hard Sell » est à l’image même de style du groupe. Du Rock bourré de testostérone honoré par des parties de guitares languissantes et une voix claire digne de toutes les grandes scènes. S’ensuit vite de « Pure » qui s’illustre de la même manière que « Hard Sell » avec ses riffs mémorables raccordés d'une manière assez semblable à son ainé: intro, couplet, refrain, couplet, solo, refrain

Partout dans As The Crow Flies, on pourra retrouver ce qui a fait la gloire des formations Grunge des années 90’s. Des structures simples mais assez efficaces avec des refrains qui rentrent bien en tête au fil des écoutes. Ce premier effort nous offre une escapade dans le Seattle d'autrefois qui nous rappelle les fameux débuts de Alice In Chains ou même Soundgarden avec des morceaux comme « In Midst The Water » ou « Red Tape ». Dépaysement et effet oldschool garantis !

Album introducteur oblige, le groupe a envie de montrer tous ses atouts ! Quand les trois titres inauguraux sont bruts de décoffrage, la deuxième partie parvient à dévoiler un groupe multi-facettes qui réussit à faire profiter des titres mid-tempo plus lents dès « Catch 22 »  vite suivis par le posé « Parhelion » et le reposant « Amend ». Une deuxième face hétérogène mais non pas une deuxième face qui oublie de faire l’apologie d’un Rock Alternatif bien couillu ! « The Vice », agrémenté d’un riff répétitif mais entêtant et d’un Sebastien Florek qui chante à tue-tête ses vices, vous le prouvera. Un bon moment !

Mais si Lace Weeper donne sa propre définition du Rock n’ Roll dans As The Crow Flies avec des compositions pourvues d’un style peu osé de nos jours, il aura quand même oublié de prendre des risques. Et c’est bien dommage car le Rock, c’est aussi « Oser ». Les titres sont assez linéaires et manquent d'un chouia de folie, mentalité pourtant considérée comme l’essence même du genre. L'énergie dégagée semble un peu trop propre et bridée dans les titres « Escape » ou « Let Sleeping Dogs Lie » qui s’avèrent, malgré tout, de bonne facture. Néanmoins, il est dommage qu'ils soient réellement privés de ce « petit truc » en plus qui aurait pû en faire des killer-tracks

Grâce à un style maitrisé et des titres plus qu'acceptables, les Lace Weeper ne font que confirmer leur stature dans la scène Rock irlandaise. Le peu que nous pouvons souhaiter à ces gaillards, c’est de foncer en innovant, ne serait-ce qu’un peu, leur recette en favorisant l’originalité et la surprise. Cela fait, il est fort probable que nous les verrons dans de nombreux festivals HardRock/Metal mais aussi Rock/Alternative. Vite !

Remerciements: M & O Music et M & O Office !