Penumbra - Era 4.0

2015 est une année qui a marqué plus d’un fan de musique extrême. 2015, c'est aussi l'année du retour en force de Penumbra qui, après 12 ans d’absence discographique, a décidé de donner suite à Seclusion paru en 2003. Pour que ce retour en force soit optimal, tout a été mis en oeuvre pour donner une nouvelle jeunesse au groupe. À commencer par le partenariat avec  M&O Office et la conception du nouveau visuel du groupe qui illustre bien ce nouveau chapitre, sobrement intitulé Era 4.0.

On ne va pas y aller par quatre chemins. Era 4.0 est ultra-abouti. Mais le fait d’avoir disparu de la circulation après son troisième album, laissant ainsi toute une horde de fans orphelins, n’a pas joué en la faveur du groupe. Avec Penumbra, les enjeux étaient donc multiples. Le groupe devait non seulement reconquérir ses fans, mais aussi séduire tous ces nouveaux mélomanes qui ne demandent qu’à découvrir de nouveaux groupes et à expérimenter de nouvelles sensations. Néanmoins, les Penumbra pourront compter sur leurs admirateurs de la première heure pour donner du souffle à leur envol. « New Era » porte donc bien son nom. C’est une nouvelle ère qui s’ouvre au groupe.  

Révolution musicale ! La musique de Penumbra est unique. Elle est marquée par une richesse époustouflante… Les Penumbra ont saisi le filon et n’ont pas eu peur de se frotter aux « true metalheads » en revisitant les codes du Metal mélodique. Les bougres ont décidé d'assaisonner leur album de samplers électroniques dans le but de relever le goût de titres comme « Oblivion » ! Ce « Penumbra 4.0 » a su ouvrir de nouvelles perspectives tout en gardant un pied dans le passé. Écoutez donc les titres « Charon » et « Save My World » et vous comprendrez... 

Et ce chant ! L’organe de Asphodel est l'atout majeur de ce disque. Sa voix s'associe parfaitement à l’ambiance dégagée par les parties instrumentales. Il fallait à tout prix mettre en avant ce petit bijou afin de faire honneur à cette jeune diva. Elle, qui sait s’adapter à toutes les situations, en charmera plus d’un avec un chant authentique et raffiné sur « Exhumed ». Ne cherchez pas les gars, elle est déjà prise ! Elle et son complice Jarlaath oscillent entre chants clairs, filtrés et growlés et se complètent afin de ne faire plus qu'un sur « Oblivion ». Un régal.  

Era 4.0, c’est aussi un synopsis épique où les titres correspondent à la bande originale d’un film. Les tranches mêlent différentes tonalités: certaines sont vives comme sur « Oblivion » et d’autres plus énigmatiques comme le languissant « Insidious ». Dépaysant, dithyrambique et futuriste sont bien là les termes qui colleraient au mieux à la projection à laquelle nous assistons.

Autre bon point de cet album: l’hétérogénéité des titres. Ils ne se ressemblent pas et la qualité est toujours au rendez-vous ! Les Penumbra n’en font pas trop et tirent profit, à bon escient, de leurs capacités techniques en toute complicité sur le final « Malice In Wonderland ». 

Le constat est sans appel, l'album frôle la perfection auditive. Mais nous ne pouvons que demeurer perplexes. Pourquoi ? Parce que ce groupe ne rencontre pas encore le succès qu'il mérite…  À l’heure qu'il est, nous ne pouvons qu’encourager tout amateur de bonne musique à découvrir ce groupe.