Glowsun, Mawhott - La Péniche - Lille - le 16/01/16

La réputation de Glowsun n’est plus à faire. Sillonnant l’Hexagone en long, en large et en travers, depuis quelques années maintenant, la formation nordiste  s'est construite une aura des plus respectables, et leur prestation au Hellfest n’y est pas pour rien. Il n’est donc pas étonnant de voir leur show afficher «  sold-out  » le soir de leur retour dans le Nord. Et pour les accompagner, leurs copains des Mawhott ont eu la lourde tâche d’ouvrir les hostilités. Compte rendu d’une soirée sous amphétamines.

Ils avaient fait le déplacement de Charleville-Mézières. les Mawhott ne s’attendaient pas à être aussi bien accueillis par le public nordiste. À 20h30 tapantes, Ben, Jérôme, Charly et Émeline foulent les planches sur « Beggars » et embarquent les fans de « Space Rock » dans leur univers.

Chanceux qu’ils sont, les ardennais ont réussi à motiver toute une horde de fans principalement venue pour le show de Glowsun (à quelques exceptions près, quelques uns de leurs amis avaient fait le déplacement depuis les ardennes pour les soutenir). Le concert est rythmé et le groupe multiplie les interactions avec le public. Les Mawhott ont saisi l’intérêt de la scène Stoner/Doom en incorporant à leurs musiques des tonalités lourdes au rythme des guitares saturées sur l’ensemble du corpus proposés ce soir. Encore mieux, la section rythmique composée de Ben (Batterie) et de Charly (Basse) ne se contente pas de suivre la guitare criarde de Jérôme ! En effet, les Mawhott défient les lois de la pesanteur en jouant avec le tempo sur des titres comme « Ghost » et « Guru » ! 

Le charisme d'Émeline en aura également surpris plus d’un ce soir. Et pourtant, ce n’était pas gagné d’avance pour la jeune demoiselle ! Mais elle aura su convaincre avec un chant clair qui se confond souvent avec les vocaux de son acolyte, Jérome, sur des titres comme « Thanatonaut ». Encore mieux, la jeune demoiselle n’a pas eu peur d’aller se frotter au public en cassant le fameux quatrième mur ! En véritable ambassadrice de la bonne humeur, elle a maintenu la bonne ambiance tout au long du show en lançant des regards complices à ses acolytes. 

Les Mawhott sont donc sortis haut la main d’une telle épreuve à tel point que l’on pouvait entendre les fans se plaindre lorsque la chanteuse a expliqué que « Thanatonaut » était leur dernier morceau… composé par le groupe, et non pas l’ultime morceau du set. Les deux dernières petites « Ancestors » et « Haddonfield » se sont chargés de rassasier les plus affamés. Un très bon concert.  

Glowsun, c’est tout un monde, une autre façon de concevoir l’art, une musique inter-générique… Les fans viennent de tout horizon : Rock, Metal, Pop... et tous se sont déplacés en masse pour faire tanguer la péniche. Dommage pour les retardataires qui se sont fait refouler à l’entrée de la salle, il fallait s’y prendre à l’avance ! 

Voyage Au Bout De La Nuit. Avec Glowsun comme hôte, les passagers sont allés à la visite des nombreuses facettes proposées par le groupe à travers ses trois albums The Sundering, Eternal Season et Beyond The Wall Of Time. Le batteur, Fabrice, avait  pris le temps de brûler de l’encens et, sa tâche accomplie, le dépaysement ne pouvait qu’être à son plus haut niveau dès l’introduction bourdonnante de « Death Face » (Eternal Season) ! Grâce à l’encens et aux vidéos psychanalytiques, le voyage était parfait et le spectacle total. 

Un show professionnel. La qualité du son était digne de ce que nous étions en droit d’attendre des Glowsun: nette, fine et précise. En effet, les arrangements sonores ont aidé l’auditeur à distinguer tous ces petits détails qui rendent la musique des nordistes exceptionnelles, à savoir les nombreux effets sonores créés par le jeu de pédales de Johann (Guitare) et Ronan (Basse) sur des titres comme «  Arrow Of Time  » ou bien «  Dragon Witch  ». Fabrice, également en forme ce soir, a réussi à nous faire profiter de son jeu hyper soigné et assez progressif sur « Flower Of Mist  ». En effet, le tambourineur sait effleurer ses caisses claires quand il faut et n’hésite pas à gagner en intensité par la suite… 

La setlist de ce soir était variée ! Et les aficionados de la première heure ont pu redécouvrir les titres « Virus » et « Barbarella » issus de leur premier jet, The Sundering. Les Glowsun entendaient également promouvoir leurs dernières compositions issues de Beyond The Wall Of Time. C’est avec exactement six titres: « Arrow Of Time », « Behind The Moon », « Flower Of Mist », « Against The Clock », « Last Watchmaker’s  Grave » et « Shadow Of Dreams » que les poètes ont dévoilé les mérites de leur dernier opus, privilégiant en conséquence les instrumentaux poignants et puissants. 

Le groupe jouit d’une fan base fidèle. Tous les fans du Nord/Pas-de-Calais étaient dans les starting-blocks pour faire honneur à leur amis. C’est pourquoi nous n’avons pas été surpris par l’ampleur qu'ont pris les passages rythmés de « Arrow Of Time » ou bien « Against The Clock » ! Tout était bon pour faire tanguer la péniche.... qui n’a pas coulé malgré de nombreux pogos et slammes. Non, l’alcool n’y était pour rien ! C’est juste la musique des nordistes qui, grâce à son pouvoir cathartique, a purgé les passions des névrosés quand d’autres ont préféré méditer sur leur sort. Le public, tellement assujetti et possédé, s’est même surpris à réclamer quelques titres en guise de rappel final au bon vouloir des musiciens… qui ont finalement interprété « Virus » et « Shadow Of Dreams » ! 

Le constat est sans appel. Glowsun a montré ce soir qu’il n’était plus le petit groupe qu’on avait l’habitude de voir au Garage Café il y a encore cinq ans. Il gagne en professionnalisme et en assurance à chacune de ses performances. Nous ne pouvons que l’encourager à continuer sur sa lancée et à poursuivre son petit bout de chemin. 

Que retenir de la soirée ? Qu'elle fut parfaite. Pour une première à la Péniche de Lille, la rédaction de Metal Cunt ne s’attendait pas à être aussi bien accueillie. Il faut dire que l’endroit est cosy. Il est sûr qu’avec des affiches toujours plus ambitieuses, la salle n’a pas fini de faire parler d’elle.