Lifestream - Post Ecstatic Experience

 

Alors que Les Acteurs De L'ombre nous sert régulièrement le meilleur du « nouveau black metal » de France, leur division Emanations quand à elle présente des groupes plus classiques, mais toujours emprunts de la qualité graphique et du son moderne de la division principale. Aujourd'hui on parle de Lifestream pour la réédition de leur cassette Post Ecstatic Experience en CD chez Emanations.

 

Line-up:

Pas de Line-up officiel à ce jour.

 

Il est vrai que depuis quelques années on assiste à l'émergence d'une nouvelle vague dans la scène black metal internationale avec des groupes tels que Deafheaven et Liturgy aux Etats-Unis, Lantlôs en Allemagne ou encore Fen au Royaume Uni. Post black, shoegaze, experimental, sludge... Les qualifiactions plus ou moins précises ne manquent plus, qu'importe. La France n'est clairement pas en reste avec des groupes comme Celeste, Déluge ou Regarde Les Hommes Tomber. C'est dans ce renouveau faits d'artworks sublimes, parfois minimalistes, imitant des gravures ou bien conceptuels ; et d'une patte sonore complexe que Lifestream s'inscrit.

 

Comme à l'accoutumée avec LADLO, le digipack est magnifique, un artwork dénué de logo et de titres, imitant une gravure et rappelant la représentation de la chute de Lucifer utilisée il y a 4 ans par Regarde Les Hommes Tomber. J'ai été légèrement déçu à la première écoute, moins percutante que ce dont je me rappelais de leur concert, puissant au possible visuellement, avec costumes uniformes, fumée, pied de micro à la Behemoth ou Nokturnal Mortum et light-show minimaliste. Mais ça n'en reste pas du moins un très bon album. Plus hermétique et difficile d'accès que d'autres comme Celeste. En grande partie à cause de ce son atmosphérique, chargé en reverb et en nappes de guitare.

Bien heureusement, une fois cette difficulté écartée et l'album écouté dans des conditions propices, détendu et concentré sur la musique uniquement, le groupe se révèle à sa juste valeur. Bon, c'est vrai que c'est comme pour tous les groupes de metal extrême vous allez me dire, mais personnellement j'ai rarement eu une telle différence de ressenti entre une écoute passive et une écoute active. La musique de Lifestream donc, se compose de longues montées instrumentales, où petit à petit, les guitares vont se dissocier pour créer un enchevêtrement de mélodies, complémentaires, soulignées par des claviers amples en arrière plan, donnant lieu à ambiances contemplatives, le plus bel exemple étant « Sad Thoughts Overdose », unique morceau instrumental. Ces ambiances disparaissent pour laisser la place au au chant, passant au second plan pour former une unité rythmique avec la batterie. Loin d'être une faiblesse, cette unité sonore derrière le chant lui confère une puissance incroyable. Ainsi, une fois celui-ci repartit, les ambiances reviennent de plus belle, instaurant une dualité magnifiquement maîtrisée, entre contemplation et désespoir.

Bien que le son rende l'album difficile d'accès, l'effort de concentration et les plusieures écoutes nécessaires sont largement mérités. Lifestream joue une musique contemplative, chragée d'ambiances et servie par un talent de composition indéniable. Le groupe frappe fort pour un premier essai, il ne reste plus qu'à espérer une suite développant cet univers encore plus.