Limbonic Art - Spectre Abysm

7 ans après le très bon Phantasmagoria et 19 ans après le culte Moon In the Scorpio, Limbonic Art remet le chapeau et nous propose son nouvel album Spectre Abysm signé chez Candlelight Records. Comment a évolué ce groupe en 7 ans ? Vous le saurez en lisant cette chronique !

Line-up :

- Daemon (Vidar Jensen) : Seul au monde apparemment !

 Limbonic Art a toujours excellé dans un Black Metal dissonant noir et oppressant. Enfant culte de la scène black metal des année 90 face au grand Emperor et autre Dark Funeral, Limbonic Art a toujours fait face. Ce nouvel album fait hélas pâle figure face à l’évolution de ce style au travers de ces dernières années. La Norvége, terre promise du Metal Obscur a du mal à se démarquer face aux productions du moment. Un Au Dessus lituanien et un Pénitence Onirique français faisant vraiment mieux le boulot.

Alors oui, c’est oldschool, avec tout ce que ça implique, un son un peu à la ramasse, des guitares fouillies et des voix dans des réverbérations d’un autre temps. Introduit par le titre Demonic Ressurection, l’album a du mal à se mettre en place. Un titre de 10:21 minutes pour lancer la machine ce n’est pas facile a digérer. Alors attention l’album n’est pas mauvais en soit, mais il manque cruelement de variété et de relief… Et parfois aussi de précision. Guitares mal placées, voix qui courent derrière le tempo, un clair manque de technique audio. Le blast beat quant à lui est régulier mais manque de puissance, on a du mal a entendre autre chose que le kick. Ce n’est qu’a partir de Requiem Smpiternam que l’on a droit à quelque chose de différent. Un doom ultra lent rappelant certaine harmonie de Septic Flesh époque Mystic Place Of Dawn (Album qui pourtant de 94 à une plus grande aura…). Hélas ce doom est loin d’être à la hauteur… Pas vraiment de liaison entre les parties, on dirait un enchainement de riffs sans saveur. Certain traitements de voix par moment on même un coté un poil ridicule, le coté théatral des voix déclamées nous rappelle plus le père Fouras qu’un maléfique prêtre satanique…

Grosse deception aussi pour les ambiances, là ou un Beneath the Burial Surface (sur Moon In The Scorpio) nous faisait vibrer par ses mélodies claviers travaillées et ses envolées lugubres, Spectre Abysm lui ne fait que nous délivrer des mélodies froides sans âmes. On mange les 7 titres de l’album sans plaisir et on est content que cela finisse. J’ai adoré Moon In The Scorpio qui a fait parti de mes premiers albums de Black Metal, à l’époque ou tout ça avait du sens.Aujourd’hui il ne reste de ce groupe que son nom.

Pour conclure je dirais que parfois il ne faut pas relancer une machine rouillée jusqu’au os… Il n’y a rien dans cet album pour faire renaitre le génie de leur début. Limbonic Art pour moi c’est englué dans les abimes de son art, et n’est plus que le Spectre de lui-même. L’album plaira surement aux puristes qui ne supportent pas cette nouvelle vague ultra créative qui apporte un sang vraiment frais. Pour ma part je retourne écouter Au Dessus