Live Report - Arch Enemy - Lille - Splendid

Quand avez vous vu Arch Enemy à Lille la dernière fois ? Avouez, c’était il y a bien longtemps… Et l’Aéronef s’en souvient bien, les Suédois étaient accompagnés en Mars 2010 de Samael quand Angela Glossow figurait encore en tant que Leader incontestée et incontestable du groupe. Mais en Mars 2014, contre toute attente, la chanteuse quitte son poste et est remplacée par Alissa White Gluz tout droit sortie de The Agonist. Passation de pouvoir qui a débouché sur un War Eternal mieux accueilli que son prédécesseur, Khaos Legions (2011), qui offrait des titres peu entraînants et originaux. War Eternal est donc pour beaucoup l’album de la renaissance d’Arch Enemy. Néanmoins, l’épreuve de la scène est impitoyable car c’est ici même que tout se joue ! Afin de promouvoir War Eternal, le combo Suédois s’est refait une beauté en engageant Jeff Loomis (ex Nevermore) et en programmant une tournée dont Lille est la première cible Française.

Ils sont accompagnés par deux groupes: Drone et Unearth. Drone qui n'est pas du tout étranger à Arch Enemy puisque les deux formations enchaînent les tournées ensemble. Et ce n’est pas la première fois que les Allemands accompagnent les Suédois dans leur conquête de l’Europe. Cette fois-ci, c’est avant tout pour mettre en avant leur dernier album éponyme que Drone se produit. C’est donc sans surprise que le groupe interprète pendant son court de temps de jeu des morceaux récents, comme « Into Darkness », qui répondent à nos attentes en proposant un Metal influencé par le Hardcore et la vague moderne de Thrash Metal. Cela fait mouche dans la foule malgré l'absence du public qui a totalement négligé le groupe en restant au bar...  Mais force est de constater que Drone a bien fait son boulot ! 

   

Du haut de ses quinze ans d'existence, Unearth jouit déjà d'une notoriété importante au Etats Unis et a déjà à son actif six albums aussi différents les uns que les autres. Mais le groupe, encore à la recherche de nouveaux espaces, profite de l’invitation d’Arch Enemy qui est l’occasion rêvée pour la formation de se faire un nom dans le Vieux Continent. Et même si la partie est loin d’être gagnée pour Unearth qui doit faire face à un public venu avant tout pour Arch Enemy, le groupe se défend bien et offre un Metalcore moderne et rajeuni. Tout est donc mis en avant pour aider le groupe à percer chez nous ! À commencer par la Setlist qui possède des allures de "Best-Of" ! Cette dernière ne comprend qu’un seul titre issu du dernier album Watchers Of Rules, j’ai nommé « The Swarm » et jongle entre vieux morceaux comme « Giles », single de l’album III: In The Eyes Of Fire et titres plus récents avec « The Great Dividers ». Les titres s’enchaînent et sont interprétés avec perfection ce qui nous permet d’apprécier leurs mélodies et leurs Break-Downs comme ceux de « Watch It Burn ». Et cela ne laisse pas indifférent le public qui se réveille enfin. Le pari a donc été remporté haut la main par le combo. 

  

La tension est à son comble ! C’est enfin au tour d’Alissa et sa bande de monter sur scène et de montrer qu'elle aussi sait bien y faire avec un public de barbus vantant les mérites de Jacquie et Michel. Après une courte introduction, les membres du groupe arrivent chacun leur tour et interprètent le très mélodique « Yesterday Is Dead and Gone », jugé comme étant un des seuls morceaux potables de l’album Khaos Legions. Ce titre annonce la couleur du concert à venir: gros, lourd, puissant. La révolution est en marche ! Après ce début fort prometteur, nous retournons quinze ans en arrière avec « Burning Angel » de l’album Wages Of Sin qui, à l’époque, révélait la nouvelle frontwoman du groupe… Il est agréable de constater que la belle canadienne maîtrise à la perfection le répertoire de son ainée. Et celle-ci ne cache pas sa joie de retrouver la France, nation avec laquelle elle est très liée. La connexion avec le public se fait donc sans difficulté lorsque la jeune femme s'exclame en Français (origine Canadienne oblige) pour nous demander si nous avons apprécié le dernier opus du groupe ! Bien sûr que oui ! Chance pour nous car il sera à l’honneur ce soir et joué dans sa quasi intégralité. À commencer par le titre éponyme qui provoquera une émeute dans la salle démontrant que la nouvelle alchimie entre Michael Amott et Jeff Loomis fonctionne à merveille lors de leurs duels de soli, complicité mis à jour pendant le «Tempore Nihil Sanat: Prelude In F Minor» durant lequel Michael Amott nous interprète un solo dont lui seul connait la recette. Frissons garantis. La version réarrangée de « Stolen Life » est également très bien accueillie par le public qui chante en choeur avec Alissa White Gluz. Après un retour aux fondamentaux avec « The Day You Died », le groupe poursuit l’interprétation de son dernier album avec « You Will Know My Name » pourvu d’une introduction progressive qui débouche sur des mélodies accrochantes et entêtantes. Les classiques sont également mis en avant de manière stratégique afin que le groupe ne perde pas l’attention des fans qui ne se sont pas procurés le dernier album. À commencer par « Dead Eyes See No Future », un morceau qui présentait un Arch Enemy innovant qui n’aspirait qu’à une chose: devenir un des piliers du Death Metal Mélodique. Ce qui sera confirmé par l’album Doomsday Machine réalisé deux ans après, production également mis à l'honneur ce soir avec « My Apocalypse», « Taking Back My Soul» et enfin « Nemesis» titres dont l'agressivité est assurée par la frontwoman et soulevée par les jeux de lumières qui alternent lumières blanches et canons à fumée. Enfin, en guise d'ultime morceau, nous avons droit à un extrait de l'album Black Earth, l'incontournable «Field Of Desolation» joué à la perfection !

    

 

 

 

Si les changements à répétition de line-up ne pouvaient laisser entrevoir que du mauvais chez Arch Enemy, il n'en est point ! Le groupe est de nouveau sur la voie ascendante du succès avec sa charismatique growleuse, ce qui ne présage que du bon pour ce Arch Enemy 2.0 et ce concert en est la preuve car il s'agissait là d'un live solide avec des titres bien interprétés comprenant une ambiance de cérémonie dont les fans se remémoreront encore dans cinquante ans.