Live Report - Audrey Horne - Anvers (Trix)

Presque un an après la sortie de Pure Heavy, Audrey Horne est de retour sur les routes pour ce qui sera vraisemblablement sa dernière tournée avant un bon moment, le guitariste Ice Dale allant être très occupé avec Enslaved durant environ un an. Pour l’occasion, Audrey Horne s’est entouré des Australiens de Dead City Ruins et des Suédois de Dead Lord qui jouissent d’un temps de jeu égal à celui des Norvégiens (1h15) donnant à cette affiche des allures de (faux) co-headlining. On a donc de quoi s’attendre à une très bonne soirée bien Rock n’ Roll et Heavy Metal, notamment pour les fans d’un certain Thin Lizzy, une influence que partagent les trois groupes à l’affiche ce soir.

C’est donc Dead City Ruins qui monte sur scène avec un peu de retard sur l’horaire indiqué. Les cinq musiciens australiens sont très heureux d’être là et se donnent à fond sur scène pour convaincre un Trix dont les spectateurs continuent encore d’arriver. Leur Hard Rock purement australien couplé à un soupçon de Thin Lizzy et de Iron Maiden passe vraiment bien et n’a aucun problème à faire remuer la tête ou taper du pied. Le groupe se montre très mobile et n’hésitent pas à arpenter la scène en long et en large. D’ailleurs, leurs moindres mouvements sont suivis par un caméraman muni d’une GoPro, un fait tout simplement justifié par le fait que le groupe est sponsorisé par cette marque. Jake Wiffen (chant), dont les notes les plus hautes ne sont pas sans rappeler celles d’un certain Rob Halford, déclare sa flamme à la Belgique, un pays dans lequel le groupe a passé plus de cent jours cette année. Une période durant laquelle Dead City Ruins a pu découvrir la Duvel, nul doute qu’une histoire d’amour est née. Le combo n’ayant pas sorti d’albums depuis 2013, celui-ci se voit dans l’obligation de jouer des morceaux encore inédits (qui apparaitront sur le troisième album à venir l’année prochaine) afin de compléter son set, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Néanmoins, nous déplorons la présence d’un solo de batterie qui s’avère complètement inutile dans le cadre d’un groupe de première partie qui ne dispose que de quarante minutes de jeu. Cela aurait-il un rapport avec l’endorsement de GoPro, allez savoir… En tous les cas, un très bon set qui nous déjà mis gentiment dans l’ambiance pour la suite.

On continue de naviguer dans un environnement très old school (que ce soit au niveau du style musical ou vestimentaire) avec les Suédois de Dead Lord. Leur musique est plus Heavy que celle du précédent groupe mais une petite touche de Thin Lizzy est toujours présente dans le placement du chant et dans les twins de guitares. Une influence qui s’avère assez irrésistible, ne le cachons pas. Si l’on veut comparer à Dead City Ruins, le groupe est un peu plus réservé et statique mais est tout de même là pour passer du bon temps, comme en atteste les nombreuses canettes de Jupiler dégoupillées par le groupe durant ce set. D’ailleurs, on ne saura pas dire si c’est l’alcool ou juste un peu de maladresse qui ont forcé Olle Hendestrom a changé de guitare en plein morceau pour un problème de sangle. Le problème, c’est qu’à la fin du morceau, le guitariste s’est évertué à essayer de réparer la sangle de la guitare pour pouvoir réutiliser celle-ci, ses camarades étant obligés de meubler avec quelques riffs et quelques vannes en attendant que celui-ci soit prêt. Mais la bonne humeur régnant dans le Trix Club ce soir, personne ne lui en a tenu rigueur et on a senti par la suite, toute l’envie de bien faire du guitariste. Heads Held High, le second album de la formation, vient tout juste de sortir mais ses morceaux comme « Ruins » ou « When History Repeats Itself » font déjà leur petit effet grâce à leur qualité indiscutable. On notera également le morceau « Onkalo », issu du premier album Goodbye Repentance, dédié avec beaucoup d’humour par le groupe à ses voisins finlandais. Malgré quelques petits soucis techniques donc, et une tenue de la scène qui pourrait être un peu plus « furieuse », Dead Lord a su convaincre l’assistance même si son temps de jeu pouvait paraitre un peu trop conséquent par rapport à sa véritable popularité.

Après ces deux très bons concerts, les rangs se resserrent et les fans se rapprochent un maximum de la scène pour accueillir les héros de la soirée, Audrey Horne. La chanson du Muppet Show nous annonce l’arrivée imminente du groupe sur scène avant que « These Vultures », intro de l’album Audrey Horne (2010), ne retentisse. On se dit alors que le groupe a enfin eu la bonne idée de remanier quelque peu sa setlist afin de ne pas lasser et bien lui en a pris mais quelle n’est pas notre surprise quand on voit sur les musiciens débouler sur rien de moins que « Blaze Of Ashes », d’ordinaire plutôt joué en fin de concert. Si les groupes précédents avaient livré de très bonnes prestations, Audrey Horne va les faire oublier en l’espace d’un instant. Immédiatement, tous les musiciens prennent d’assaut la scène dont ils semblent occuper les moindres recoins et surtout, le son parait superpuissant (bien plus que sur album). Il l’est peut-être même un peu trop, puisqu’on peine à entendre Toschie, pourtant en très grande forme comme à son habitude. On continue sur les chapeaux de roue avec « High And Dry », extrait de Pure Heavy qui lui aussi n’avait pas été joué sur la dernière tournée, et une fois de plus, quelle claque ! Ce morceau prend vraiment une dimension supérieure en live. En dehors de l’ordre des morceaux qui a entièrement changé, on notera pas moins de cinq changements par rapport à la tournée de l’année dernière, ce qui est vraiment sympa pour les fans présents à chaque fois. Ce fut donc l’occasion de rejouer le fabuleux « Bridges And Anchors » sur lequel Toschie, munie de son porte-voix, descend d’ores et déjà chanter dans la fosse. « Gravity » marque des points également avec ses couplets assez posés avant de partir sur un refrain plus aérien de toute beauté. Ceux qui ont déjà vu Audrey Horne en live savent que le groupe se dépense sans compter, et surtout qu’il fait régner la bonne humeur au sein de ses concerts. Il faut dire que Toschie est un frontman incroyable, chantant droit dans les yeux des fans postés au premier rang ou offrant des poses de rêve aux photographes présents. Pas avare en humour non plus, celui-ci, bien suppléé par son bassiste Espen Lien, s’amuse d’une fan qui chante d’ores et déjà le refrain de « Pretty Little Sunshine » : « tu peux venir chanter à ma place si tu veux ! »  La paire Ice Dale et Thomas Tofthagen fait une nouvelle fois des merveilles. Leur toucher, leur plaisir de jouer et leur complémentarité sont aussi exemplaires qu’exceptionnels. On s’attend à entendre « Into The Wild » après que Toschie ait scandé, à la manière de Axl Rose : « you know where you are ? » mais c’est bien « Cards With The Devil » qui opère son grand retour dans la setlist pour notre plus grand plaisir. Toschie prend son pied de micro pour venir se placer parmi les fans durant « Firehose » (le son de chant sera d’ailleurs bien meilleur lorsqu’il chantera à cet endroit) pour ce qui semble être l’accalmie de la soirée mais c’est sans compter sur la fin ultra heavy du morceau qui fait secouer toutes les tignasses présentes ce soir, assurément un grand moment du set. On est assez surpris de retrouver l’intense « Straight Into Your Grave » aussi « tôt » dans le set, ce morceau ayant même refermé les prestations du groupe à une époque mais cela n’a aucune incidence sur l’impact de la chanson. « Pretty Little Sunshine » pointe enfin le bout de son nez dans une ambiance qui commence à devenir survoltée avant de devenir complètement folle puisque des membres du public et de Dead City Ruins finiront sur scène à assurer les chœurs, chanter et jouer du tambourin tandis que nos Norvégiens envoient la sauce comme des damnés. Autre grand moment, c’est le tube « Waiting For The Night », toujours lancé par Espen qui appelle les fans à donner de la voix, ceux-ci ne se feront d’ailleurs pas prier pour accomplir cette tâche. Le groupe quitte la scène mais est rapidement rappelé alors que les fans réclament tous « Redemption Blues ». « On n’a qu’à faire un concert by request, comme Metallica l’a fait » annonce Toschie, avant de se rétracter : « oh non, tu vas nous demander des morceaux qu’on a oubliés depuis bien longtemps » à l’adresse de votre serviteur. C’est finalement l’incroyable « This Ends Here » qui relance les débats et qui voit encore une fois Toschie, Thomas et Ice Dale passer la majeure partie du morceau dans la fosse, poussant le vice encore plus loin puisque ceux-ci termineront la chanson devant le stand de merch où sont déjà présents les membres de Dead Lord et Dead City Ruins. Bien que cela aurait été purement épique, la soirée ne peut pas se finir là-dessus et le groupe achève donc la soirée et son public (en nage mais heureux) avec « Redemption Blues », privé de son intro mais toujours aussi imparable, nous prouvant que Youngblood reste l'album le plus plébiscité du groupe. 

Une nouvelle fois, Audrey Horne a livré une prestation d’une générosité de tous les instants et un talent pur. Il est encore une fois triste de constater que les Norvégiens n’ont pas encore su trouver un public aussi nombreux qu’ils le méritent, une situation qui changera difficilement en Belgique tant que Audrey Horne n’aura pas eu l’occasion de se montrer devant une grosse foule, comme au Graspop ou au Alcatraz par exemple. En tous les cas, nous avons une fois de plus vécu une soirée exceptionnelle où tous les groupes se sont donnés à fond et se sont montrés très proches de leurs fans. Comme quoi les absents ont toujours tort. On attend donc la suite avec impatience même si Audrey Horne risque de devoir s’absenter un petit moment après cette tournée. Wait and see !

 

Setlist Audrey Horne :

These Vultures (Intro)

Blaze Of Ashes

High And Dry

Bridges And Anchors

There Goes A Lady

Gravity

Volcano Girl

Cards With The Devil

Firehose

Straight Into Your Grave

Out Of The City

Pretty Little Sunshine

Waiting For The Night 

Rappel :

This Ends Here

Redemption Blues