Live Report BetizFest - Les Quinze Ans - Jour 2

Le temps de prendre place juste derrière la régie son et voici pour entamer cette seconde après-midi Sadraenquatuor Amiénois remplaçant Dem Spiro initialement prévu. Le groupe démarre son set d’une trentaine de minutes est propose une musique entre Black contemporain (BehemothSvart Crown....) et Death Moderne (Gojira, At The Gates...).


Il faut bien avouer que le groupe est plutôt à l’aise et occupe bien l'espace. Ils dévoileront quelques titres de son nouvel album Orphan Lord à venir très prochainement. Le public est encore un peu clairsemé et s'attarde au soleil, sur que certains doivent encore dormir... mais les personnes présentes réservent cependant un accueil plus que cordial à Sadraen. Les titres sont bien écrits et la touche progressive apporte un surplus d’atmosphère à des titres aux ambiances déjà bien marquées. Leur musique me rappelle un peu celle de Scared, présent au Betizfest en 2013, ce mélange de riffs Death/Black au service de compositions aux harmonies audacieuses et maitrisées. Sadraen a bien rempli son rôle en ouverture de cette journée. On a hate de pouvoir poser une oreille attentive au prochain skeud et de les retrouver sur scène très bientôt.

Le temps d’un coup de balai, de positionner les amplis et Headblaster s’apprête à faire gronder son stoner/Southern Metal. John au chant emmène son petit monde au rythme de sa voix calibrée pour le style tandis qu’Anthony et Thomas assurent le show, tant par leur jeu que par leur présence scénique. La section rythmique parfaitement en place scelle l’assise d’Headblaster avec groove et feeling. Les compositions sont efficaces et commencent à reveiller les jambes et les têtes de pas mal de festivaliers.




Par contre là encore le son pêche, lorsque le groupe joue à l’unisson celui-ci est convenable mais il est toujours difficile d’entendre les solos s’extraire du mix. Certes le palais des grottes est un lieu difficile à sonoriser de par sa structure mais c’est regrettable de ne pouvoir profiter pleinement des compositions des groupes, surtout pour un festival en indoor. Néanmoins les Cambrésiens d’Headblaster assurent le show et font monter la température d’un cran. Le vent du désert s’est invité dans les hauts de France.



Le premier gros coup de la soirée sera indubitablement le concert des Smash Hit Combo. Pour faire court les Alsaciens ont retourné le palais des grottes en deux riffs et un coup de basse. Ce live fut dantesque et enfin le son est homogène, la basse existant enfin dans le mix. Le sextet maitrise la scène à la perfection, Paul et Maxime en parfait maître de cérémonies ne cessent d’haranguer la foule entre deux punchlines rageuses.



Hardcore Gamer, Trop ViteBaka... trois exemples du savoir-faire de nos geeks préférés, l’efficacité de leur RapMetalCore fait mouche en ce début de soirée, d’une énergie débordante et communicative le combo s’est mis le public dans la poche et l’a entrainé dans sa sphère musicale. Après 10 ans de carrière, Smash hit combo assure comme au premier jour, une spontanéité doublée d’un fun absolu a fait de ce live un voir LE grand moment de cette édition 2017. Alors que vous soyez Nintendo ou Sega, une chose est sur, on a pris un pied énorme avec Smash Hit Combo et on patiente avec une hâte non dissimulée la sortie très prochaine de leur dernier nouvel album L33 t.



C’est encore sous l’effet de l’excellente prestation de SHC que Betraying The Martyrs démarre son set avec Lost For Words, premier single choisi pour illustrer son très bon dernier album The Resilient. Comme pour SHC, le son a été bon, on entend là aussi tous les instruments, le mixage est puissant, fluide et clair
Deuxième grosse claque de la journée...


 
Betraying The Martyrs est fier de ce nouvel album et l’émotion, le plaisir à jouer les nouveaux titres est palpable, le groupe maîtrise définitivement son art. Le public est déchainé et se nourrit de l’énergie formidable développée par le groupe. Victor (claviers/chant) alterne entre son clavier portatif et le fixe, Baptiste et Lucas riffent à tous va, Valentin et Boris donnent de leur personne pour groover alors que Aaron (chant) s’essayant au français entre les titres assure ses parties vocales de la plus belle des manières. Le BetizFest est à fond devant BTM, se déchainant et transpirant sur The Great Desillusion ou The Covenant. Le groupe remercie son public et lui donne rendez-vous au Hellfest de cet été.


Retour aux fondamentaux du Death pour la prochaine étape de ce samedi car c’est à Loudblast de prendre possession des lieux et pour cette date incluse dans la tournée du Dementia Tour. Pour cette tournée Loudblast partage la scène avec Frédéric Leclercq, le fantastique bassiste de Dragonforce et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il prend un pied fou à jouer du Loudblast se fondant dans le combo à merveille. Une belle complicité semble exister entre lui et Stéphane Buriez. Subject To Spirit, Cross The Treshold, Malignant Growl... seront envoyés au public comme autant d’uppercut à la face d’un Sparing partner.


 Malgré un petit souci de micro en tout début de show, Stéphane continue le job et quand le son revient enfin, la machine se lance et c’est un combo en pleine finalisation de son prochain album qui durant une petite heure, titre après titre donnera un très bon live. Le son très bon au début n'a cessé de se dégrader au fil du live au point d'en devenir pas top, vraiment étrange car la Loudblast team est au niveau technique irréprochable. Décidemment, le son du festival aura été un gros point noir durant ces deux jours, un fil rouge à vraiment prendre en compte pour les prochaines éditions, à réfléchir pour que le plaisir d'être au Betizfest soit un vrai bonheur.
Le public légèrement plus statique que sur SHC et BTM n’en est pas moins à fond, savourant les flashbacks musicaux que Stéphane et sa bande mous proposent à l’occasion de cette tournée. Une petite photo avec le public déchainé en arrière-plan et le groupe quitte la scène souriant, savourant le sentiment du devoir accompli.


 
L’avant-dernière étape de cette journée se fera en compagnie du très attendue car trop rare dans nos contrées combo Suédois The Haunted. Le départ du chanteur Peter Dolving en 2012 a peut-être fait douter qu’en ait la capacité du groupe à rebondir mais Exit Wounds sortie en 2014 avec Marco Aro au chant a remis le groupe sur les rails et c’est heureux car le groupe compte parmi les références immuables du genre. Unseen en 2011 avaient posé The Haunted dans une orientation plus mélodique et bien oublions vite ce postulat car le live tout comme le laissé pressentir Exit Wounds le live respire l’urgence et la touche Hardcore de la voix de Marco Aro donne au set une vitalité et un dynamisme que le groupe semblait avoir laissé de côté.



Ce dernier arpente la scène du Palais des grottes, de droite et de gauche, de gauche à droite, efficace et direct. Que dire du quatuor en forme de All Star Band composé de Bjorler, ErlandssonEnglund et Jensen, les musiciens semblent avoir retrouvé un plaisir de vivre les titres en live avec The HauntedUltra-carré, normal me direz-vous avec Adrian Erlandsson (Paradise Lost, At The Gates...) et Jonas Bjoler (At The Gates) à la section rythmique mais les deux guitaristes font preuve d’un grand professionnalisme et affiche à l'image d'Ola Englund un visage souriant trahissant le plaisir d’être là face à un public comblé et toujours survolté.

 

Le soin de clore cette seconde édition incombe à Arch Enemy et le combo suédois emmené par Michael Ammot et Jeff Loomis va proposer ce soir un grand concert. Si quelques soucis de son n'avaient pas perturbé le live, ce concert aurait été parfait. Le groupe l'a été sans aucun doute, Alissa fait réellement partie de la famille et se montre totalement à l'aise avec ses nouveaux comparses. Elle arpente la scène et tient son rôle magnifiquement.



Ses vocaux sont irréprochables, comportant beaucoup d'émotions. quoi de mieux que cet excellent live au Betizfest pour continuer la promotion de leur album Live As Te Stages Burn, après un tel live on ne peut que comprendre et saluer son titre. Arch Enemy montre une fois de plus qu'il est un des grands représentants du Death Mélodique, car même si la technicité des musiciens est plus qu'évidente, leur musique prend en live une dimension plus organique où l'émotion embrasse sans cesse la cause des riffs tranchants et complexes. Arch Enemy a conquis des adeptes et ramassé au sortir de ce live de nombreux nouveaux fans. La Classe!


 
Le groupe sort de scène et le dernier chapitre de cette édition 2017 se tourne. Deux jours où les groupes ont donné le meilleur pour la plus grande joie des festivaliers, de grands moments avec No One Is Innocent, Sick Of It All et Smash Hit Combo entre autres. Il est déjà temps pour l'organisation de se tourner vers l'édition 2018 car un festival comme le Betizfest se doit de continuer à proposer des groupes de qualité qui preuve en est, ont relevé le defi et fait se déplacer un public nombreux. Seul petit bémol et vous l'aurez noté à la lecture de ce live report concerne le son. C'est véritablement dommage de ne pas pouvoir profiter d'un son d'une meilleure qualité car les groupes ont tous fait le job mais une qualité du son qui n'a pas tout toujours été au niveau des enjeux durant ce deux jours altére l'enthousiasme. C'est frustrant car pour les reste, Le Betizfest est un festival génial qu'on aime à retrouver d'année en année et auquel on souhaite une très longue vie. Rendez-vous en 2018!