Live Report - Get Dead - Namur (13/07/2015)

Le nom de Get Dead ne vous dit sûrement pas grand-chose et je ne pourrai pas vous en vouloir ! Faisons donc d’abord brièvement les présentations, Get Dead est un groupe de San Francisco qui officie sur album dans une sorte de Punk Rock/Folk (ça peut paraître bizarre dit comme ça…) mais qui en live devient un pur groupe de Punk Rock avec des rythmiques beaucoup plus grasses et distordues et une batterie qui claque. Actuellement sur sa quatrième tournée européenne, le quintet, très attaché au format vinyle, a déjà sorti plusieurs LPs et 45T (tout de même aussi disponibles en cd, rassurez-vous). Ces albums ont d’ailleurs été publiés par Fat Wreck Chords qui n’est autre que le label de Fat Mike (NOFX). Après deux dates en Allemagne et une date couronnée de succès à l’Entrepôt d’Arlon (quasiment 140 billets vendus), les Ricains posent leurs flightcases à Namur et plus précisément au Temple, un bar plus que sympathique et accueillant mais où la chaleur (moite) devient rapidement pesante.

Alors qu’on s’attendait à ce que les concerts commencent assez tôt, lundi soir oblige, Fire Me (le premier groupe de la soirée) ne commence pas avant 20h30 et se produit devant un parterre attentif mais relativement timide. Il faut dire que leur Punk Rock, influencé par NOFX ou encore Bad Religion, est encore un peu trop tendre pour vraiment marquer les esprits.

Corbillard, quant à lui, s’en sort beaucoup mieux. La prestation est beaucoup plus percutante et rentre dedans. Le son est tranchant et tous les membres du groupe se donnent comme des beaux diables. De plus, on sent qu’on a passé un palier niveau technique, tout est plus en place et carré. Même le chant en français ne nous aura pas dérangé ! La chaleur est toujours suffocante à l’intérieur du Temple mais les membres du groupe n’en ont que faire et ne faibliront pas. Corbillard dédie son dernier morceau à ses amis de « fucking Get Dead » sous le regard des membres du groupe qui semblent apprécier cet hommage. Nul doute que Corbillard a marqué des points auprès de ceux qui ne les connaissaient pas encore.

Niveau professionnalisme, on va encore monter d’un niveau avec Get Dead, cela se sent dès le soundcheck où tous les musiciens s’activent manu militari. Sans qu’on s’attende à une intro grandiloquente, nous sommes quand même surpris de voir que le groupe entame « Bartender » juste après avoir vérifié que le son était bon et avec comme seul avertissement pour ceux qui étaient allés fumer leur clope dehors : « we are Get Dead from San Francisco ». Le son d’ailleurs est plutôt correct vu la configuration dans laquelle le groupe évolue même si on aurait aimé que le chant de Sam King prenne encore un peu plus de place dans le mix. Nous vous disions que les morceaux sonnaient différemment de sur album, ils sont en situation live beaucoup plus rentre dedans surtout au niveau des riffs et des parties de batterie (Scott Powell se fait clairement plaisir à certains moments), ils sont tout simplement plus punk ! Quant à la voix de Scott, elle est encore plus rauque et éraillée en live mais cela sied bien à la dimension plus agressive des morceaux en live. D’ailleurs celui-ci, s’il aurait pu essayer de solliciter un peu plus le public dont l’accueil est sympathique mais loin d’être démentiel, vit ses paroles à 100%. Bien souvent les yeux fermés ou faisant semblant de tituber, on peut voir le frontman habité par ses paroles très humaines mais aussi portées sur la boisson (mais sous une tournure beaucoup plus mélancolique que les « party hard » de certains groupes). Le combo propose de nombreux extraits de son nouvel album à venir (le groupe entrera en studio très certainement au moins de septembre) mais n’en oublie pas pour autant les très bonnes chansons de Bad News, son dernier full length en date, comme « Welcome To Hell », le très accrocheur « The Process » ou « Burn Out » avant lequel Sam offrira une bière à un membre du public avant de blaguer : « félicitations, tu viens de gagner une bière avec du LSD dedans, je te dédie donc cette chanson à toi qui va finir sous acides ! ». Si Get Dead peut paraitre sans concession avec un morceau comme « Fuck You », il fait toujours preuve d’une sensibilité touchante et la plupart des morceaux sont véritablement accrocheurs tout en restant à des années-lumière du Pop Punk comme on peut en faire en Californie. Le groupe est un peu à l’étroit sur cette scène en forme de carré mais il ne boude pas non plus son plaisir de jouer, des sourires barrant quasiment constamment le visage des musiciens. Moki et Mike aux guitares ainsi que Tim (basse) assurent les chœurs avec application et ne faiblissent à aucun moment malgré la chaleur. Il faut dire que Sam est prévoyant et arrose, ses collègues ainsi que lui même, avec un ou deux gobelets d’eau ! La bonne humeur règne donc au sein de la salle et le magnifique (mais certes moins intimiste que sur album) « This One’s For Johnny » voit les premiers rangs enfin donner de la voix, Sam n’hésitera donc pas à leur tendre son micro pour qu’ils viennent chanter le refrain avec le groupe. Get Dead quitte la scène à la fin de cette chanson et le concert pourrait se finir là-dessus qu’on ne trouverait presque rien à redire. Le public prend les devants et demande un rappel à l’unisson. Le groupe ne se fera pas prier et reviendra le temps de plusieurs morceaux et ponctuera son set avec le génialement entraînant « Leave A Message » et son « we’ve been drinking for way too long » qui sera sûrement très rapidement de mise sur cette tournée !

En une petite heure, Get Dead aura convaincu son monde avec un set débordant de sincérité et d’authenticité. Après cette prestation, il nous tarde de revoir le groupe sur la scène d’un festival ou dans une « vraie » salle de concert (sans pour autant dénigrer l’accueil et l’organisation –tous deux excellents- du Temple ce soir). Pourquoi pas au Hellfest sur la Warzone l’année prochaine ? Le groupe y aurait largement sa place ! Pour les curieux, Get Dead sera très certainement de retour chez nous en hiver et cette fois, avec le nouvel album dans sa besace.