Live Report - 30 ans Loudblast


Loudblast, véritable institution du Metal en France, fête ses 30 ans à l’Aéronef. Et quand il s'agit de célébrer un anniversaire de cette envergure, le groupe ne fait pas semblant. Pour l'occasion, les groupes qui les ont accompagnés pendant leur ascendance sont (presque) tous conviés à la fête! À commencer par Crusher qui s’est réformé dernièrement, Black Bomb A que l’on n'a plus à présenter, Benighted qui a partagé l’affiche avec les Loudblast lors de la tournée Brutale Coalition, enfin Anaal Nathraak puis Samael qui ont contribué à la renommée Européenne du groupe. Pendant la semaine qui a précédé la soirée, plusieurs campagnes ont été menées à bien pour rendre l’évènement inoubliable: une guitare Jackson (Sponsor Officiel de Loudblast), des micros signature Loudblast et de nombreux goodies à l’effigie du groupe étaient à gagner chez Euroguitar. Non seulement nous nous attendons à un show grandiose mais aussi inoubliable. Pourquoi? Leur concert sera filmé puis immortalisé sur un futur DVD. Cet évènement s’annonce donc comme un incontournable de ce fin de mois d’Avril.

 

Les hostilités commencent avec Crusher réformé en 2015 avec un line-up tout neuf. Celui ci ne garde de sa formation originelle que son charismatique chanteur Crass et ce dernier ne cache sa joie de revenir dans la région. Le concert est dynamique à souhait et le frontman divertit son public avec ses acrobaties non moins sanglantes que les titres proposés ce soir. En effet, ce sont des morceaux issus de Corporal Punishement (1992) et du dernier split Blast From The Past (2015) (en collaboration avec Mercyless) qui sont principalement interprétés ce soir, morceaux qui mettront tout le monde d’accord. Cela inaugure du très bon pour la suite de la carrière du groupe! 

    

S’ensuit des Black Bomb A qui ne cessent de faire parler d’eux suite au retour d’Arno et de la sortie de Confortable Hate acclamée par la critique. La publication de ce nouvel album a permis de donner un coup de jeune à la setlist de ce soir et ce n’est pas pour déplaire les fans qui sont venus par centaines foutre le bordel! Mais c’est un concert avant tout dédié à leurs potes de Loudblast que Poun et sa bande font. Il faut dire que ces groupes entretiennent des liens très proches étant donné que les deux formations partagent le même batteur, j'ai nommé RV Coquerel, et qu’ils cotoient régulièrement la même affiche. En ce qui concerne le concert, le groupe jouit d’une qualité de son très homogène, ce qui assure le maintien de l’intérêt des personnes venus exclusivement pour la tête d’affiche. Ça fait plaisir à voir.

 

   

Benighted est sûrement la formation de Death Brutal la plus accociée à Loudblast ces dernières années! En effet, la Brutale Coalition des deux formations les a amenés à se produire ensemble dans l’Hexagone pendant deux mois. Benighted est donc chaud bouillant à l’idée de foutre le bordel dans la salle. Et la sauce prend bien! Plus les morceaux s’enchaînent plus l’ambiance se brutalise de quoi satisfaire les accros du Circle Pit et Wall of Death. Mais le concert de ce soir est avant tout placé sous le signe de l’amitié puisque leur pote d’Aborted, Sven, vient interpréter en surprise un titre avec eux! 

 

Anaal Nathraak à Lille? Avouez, vous n’y auriez jamais songé. Et aujourd’hui, c’est chose faite! Les britanniques viennent se produire non seulement pour honorer les Loudblast mais aussi pour promouvoir leur dernier album Desideratum qui sera mis en avant ce soir. Malgré un son brouillon, les anglais s’en sortent bien et proposent un Grindcore original qui se démarque des formations de base comme Carcass ou même Napalm Death

 

C’est enfin au tour de la tête d’affiche: Loudblast. Nous sommes en droit de nous poser plusieurs questions: Quelles surprises nous ont-ils préparé pour le concert? Ont-ils invité des anciens membres? Vont-ils jouer des titres rares? Ou même des morceaux inédits? Quoiqu’il en soit, il est 23h quand les caméras commencent à filmer l’arrivée des musiciens et de son charismatique Leader Stéphane Buriez. Si la foule était déjà énorme lors des concerts précédents, le quatuor fait ce soir un record d’affluence puisque la salle est comble! Dès les premiers accords de « A Bloody Oath », la foule se prête au jeu et l’ambiance si caractérisque à Loudblast se met directement en place. Néanmoins, le groupe ne privilégie pas ses derniers albums à savoir Burial Ground et Frozen Moments Between Life and Death mais ses classiques et quelques raretés comme dans le medley proposé qui réunit les premières offrandes du groupe: « Fatal Attraction » tout droit sorti de l’album Sensorial Treatment ainsi que « Scared To Death » et « Black Death » issus du split Licensed To Thrash, medley durant lequel Alex d’Agressor (Guitariste de Loudblast de 2003 à 2006) fait une apparition live. Alex Colin-Tocquaine n’était pas le seul invité d'honneur ce soir puisque RV se voit céder sa place à Junior Rodriguez (batteur qui a participé à la tournée Symbolic) le temps d’un morceau: le rare « Disquieting Belief » (qui avait fait l’objet d’un clip à l’époque). Nostalgie garantie. L’ambiance est à la fête puisque le public chante à plusieurs reprises « Joyeux Anniversaire ». Le moment fatidique du gâteau d’anniversaire arrive et nous réalisons que peu de groupes en France ont réussi une telle carrière… En résumé, c’est un concert historique à la hauteur de l’évènement que nous a servis Loudblast appuyé des patrons du Loudblast Circle qui lancent des T-Shirts à l’effigie du festival et bouteilles d’eau au public! Merci Loudblast

   

La soirée n'est pas finie, au contraire. Loudblast, voulant quand même profiter de son anniversaire, a cédé la dernière plage horaire de la soirée à ses amis de Samael, formation qui se produit très rarement dans nos contrès. Même si ce groupe divise, il est force de constater que nous sommes agréablement surpris par la performance assurée par le groupe. Le son est propre et les lumières permettent de mettre en évidence le jeu scénique des personnages sur scène souvent maquillés ou masqués. Bien que les programmes de batterie sont un poil linéaires, nous ne pouvons qu'applaudir la performance du groupe qui a joué devant une salle à demi vidée, faute à l'arrêt des métros qui a contraint la moitié de la salle à partir avant la fin du concert. 

 

Les 30 ans de Loudblast, c'est déjà fini... Le groupe a encore prouvé qu'il méritait son grade de meneur de fil du Thrash Death français et n'est pas prêt d'arrêter là! Alors les gars, on se retrouve dans 10 ans même heure, même jour?