Live Report - Noise Dreamer Zone

C’est dans les môles de Dunkerque, lieux pourtant hostile, qu’a lieu depuis 2014, le Noise Dreamer Zone qui commence à se faire un nom dans le paysage musical. L’édition précédente avait retenu l’attention. Il faut dire que les groupes programmés, No Return, Promethee, Atlantis Chronicles, Netfastcore avaient fait déplacer les curieux. Mais cette année, les programmateurs de chez Nao Noise ont mis les bouchées doubles pour rendre l’évènement inoubliable. À commencer par la programmation des groupes, ils seront six. Rise Of The Northstar, Celeste, General Lee, Widespread Disease (qui a remplacé à la dernière minute The Walking Dead Orchestra), Colossus et A Failing Devotion. Autant dire que l’affiche proposée est éclectique. Elle mêle la scène Hardcore à la scène Deathcore en passant par le Black Metal. Cette année, non seulement la musique sera aussi à l’honneur par l’intermédiaire d’une exposition de photos proposée par François Lampin, mais aussi par la vente de lithographies et bijoux « Metal » fait-maison. Une bonne journée en perspective. 

 

Les hostilités commencent avec A Failing Devotion qui a dû faire face au départ de leur bassiste. Mais Grégoire Bayard, bassiste de Colossus, les a dépannés au pied levé afin que le groupe puisse honorer son set. Ce soir, le groupe estampillé de Modern Metal surprend non seulement par sa facilité à interpréter leurs morceaux non dénués de parties complexes mais aussi par la taille de leur chanteur qui s’impose sur scène. Ce sera un show très agréable composé de titres issus de leur premier album The Fallen que le combo nous propose malgré les quelques soucis de caisse claire. Mais pourquoi le public semblait-il être insensible à leur musique? Dur dur de jouer en ouverture d’un festival…

 

 

On ne présentera pas le groupe suivant, Colossus ! Le sextuor jouit d’une notoriété importante dans la région et enchainent les dates. Ils se sont même faits remarquer au Tremplin du Chaulnes Metal Fest. Colossus, c’est quoi ? En quelques mots, c’est du Deathcore joué par des gaillards et une femme, Delphine, digne représentante de la gente féminine, qui ne se démonte pas face à ses coéquipiers. Ce soir, le groupe jouit d’une qualité de son agréable, ce qui nous permet d’apprécier au mieux les parties techniques des morceaux de l’album Lobotrocacry sorti en 2014 qui mêlent tapping synchronisés et parties vocales à couper le souffle. Le concert de ce soir est très fluide et encourage enfin le public à bouger !

 

 

Widespread Disease n’étant pas à l’origine programmé sur l’affiche a tout à gagner ce soir en se produisant la première fois à Dunkerque ! Les Parisiens n’ont rien laissé au hasard pour percer chez nous. Il faut dire que le combo est très bien entouré et bénéficie d’une structure rythmique basse/batterie très pertinente. Le jeu de scène est également très intéressant. En effet, la jeune formation est la première à franchir le quatrième mur entre la scène et le public afin de stimuler la foule. Malgré un set linéaire, Widespread Disease a bien joué le jeu. Nous les encourageons donc à poursuivre leurs efforts et nous espérons les revoir prochainement dans le Nord. 

Si Widespread Disease avait essayé tant bien que mal à motiver les foules à venir au-devant de la scène pour mettre de l’ambiance, il n’en sera pas moins de General Lee qui met la barre un cran au-dessus et délivre un Post Hardcore infernal. Même si le troisième guitariste (Martin Catoire) n’a pas assisté aux hostilités, cela ne refroidit pas la formation. Pourquoi ? La bande à Arnaud Palmowski est déterminée à montrer et exhiber une énergie dont le public dans la salle devrait s’inspirer. Mais malheureusement, ce n’est qu’aux derniers titres du set que l’ambiance se décoince. Pourtant ce concert était l’un des plus énergiques qui nous a été proposé de voir aujourd’hui! Le leader du combo, Arnaud n’hésitera pas à monter sur les enceintes pour mettre en avant toutes ses atouts. Il faut dire que la qualité du son motive, ce qui est parfait pour le groupe qui doit à tout prix promouvoir son nouvel album Knives Out Everybody qui sortira dans les bac sous peu. General Lee, la performance du jour ? À voir… 

  

Après les animations du cracheur de feu, c’est au groupe le plus mystérieux du jour de se produire sur scène: Celeste. C’est dans une atmosphère de pénombre que les membres du groupe, tous vêtues de lumière rouge s’installent. Que l’on aime ou non, les musiciens assurent un concert honnête! Leur Black Metal si caractéristique revêt la salle d’une ambiance apocalyptique dont seul le groupe connait la recette. Néanmoins, malgré quelques soucis techniques vite résolus, le concert apparaît un poil linéaire. 

  

Il n’est pas loin de minuit et c’est déjà à l’étoile montante du Metal Français, Rise Of The North Star, de se produire sur scène. Et il faut dire que le groupe attire les foules puisque le public qui s’était dispersé pendant le concert des autres formations est revenu pour soutenir les Parisiens. Pourquoi? Si vous êtes fan de Hardcore et de Manga, vous allez totalement accrocher à leur musique. Originalité est donc le mot d’ordre qui régit la formation puisque c’est vêtus de la tête aux pieds de costumes traditionnels renvoyant à l’imagerie Japonaise que les membres déboulent sur scène et propose leur premier album Welcame, sorti chez Nuclear Blast, très bien accueilli par la presse Metal. Très vite, nous sommes en passe de comprendre le succès fulgurant du groupe. Rise Of The Northstar joue à présent dans la cour des grands et ne laisse rien au hasard. À commencer par le son du concert ajusté très finement qui permet de mettre en avant la basse grasse de Fabulous Fab pendant des titres comme « Bosoku » ou « Sounds Of Wolves ». Les tubes du combo Franco-japonais s’enchaînent de manière logique et nous avons droit à tous les morceaux qui ont fait l’objet de clips, à commencer par le titre éponyme de l’album Welcame pour finir avec « Demonstrating My Saiya Style » et « Samurai Spirit ». Le public réagit très bien à la demande générale des membres qui les invitent à valser dans le pit. C’est au bout d’une heure de set que le groupe part et revient pour un ultime morceau, « Simon Says » reprise de Pharoahe Monch. C’est donc satisfait mais tout aussi dubitatif que nous ressortons de ce concert. Une formation Metal Française qui arrive à percer à l’étranger est si rare de nos jours que cela nous amène à être sceptique quant à leur avenir. Espérons juste qu’ils ne se brûlent pas les ailes trop vite. 

 

 

 

La deuxième édition du Noise Dreamer Zone a donc rempli toutes ses promesses. Et les 300 entrées ne démentiront pas ce succès. Alors les gars, on se revoit l’année prochaine avec qui sait, des groupes internationaux ?