Live Report - Raven - Marché Gare (Lyon)


En cette soirée du 29 septembre, les headbangers ont rendez-vous au Marché-Gare, petite salle lyonnaise pour découvrir le power trio légendaire issu de la NWOBHM, j'ai nommé Raven. Découvrir car il s'agit de son premier passage sur Lyon.

Environ cent cinquante personnes se sont déplacées et preuve que le groupe n'est pas encore très connu des jeunes métalleux, la moyenne d'âge doit se situer au tour des quarante ans….

La première partie est assurée par Heavylution, un groupe heavy de Saint-Etienne que je n'ai pu écouter, étant occupé dans le même temps à questionner les frères Gallagher. Qu'ils veulent bien m'en excuser…

Pas de musique d'introduction, le trio salue le public et entame directement son set avec un morceau issu du dernier album Extermination, « Destroy The Monsters ». D'emblée, le ton est donné et c'est avec une énergie et un enthousiasme non feint que le groupe surprend. Cela faisait longtemps que je n'avais vu un guitariste aussi virevoltant (malgré, et qu'il m'en excuse, le poids des ans et des kilos). Jetez donc un œil sur les pochettes de Wiped Out (1982) ou Stay Hard (1985), vous comprendrez…) et jouer avec une furieuse envie d'en « découdre » avec le public. Ca bouge, ça saute, ça virevolte dans tous les sens. Pratiquement toute la salle a la banane, ce qui est toujours bon signe.

Pas de temps mort, deuxième morceau « Hard Ride », John Gallagher, bassiste et chanteur chante comme à ses vingt ans. Sa voix puissante, son style si particulier, avec ses notes aigües, que l'on pouvait croire difficile à réitérer après plus de trente ans au service du metal est toujours intacte. Chapeau bas ! Pour bien profiter de toute l'étendue de la scène et pouvoir se mouver librement,il est équipé d'un micro casque, lui permettant ainsi d'être un électron libre. Car là est une des particularités d'un concert de Raven : la difficulté à retranscrire la folie qui habite les deux frangins sur scène. Mimiques, sauts, poses guitar hero en veux tu en voilà, crachats (oui c'est pas glamour mais c'est du metal, pas du Bon Jovi…)… C'est un concert qui se vit intensément.

Le groupe puise dans sa discographie en omettant pourtant des titres de la période 1988 à nos jours. Peut être faut il y voir une volonté de « masquer » une certaine période de leur vie ( je pense aux albums un peu trop américanisés de la période Atlantic...).

En tout cas, ce soir, c'est du pur heavy qui nous est envoyé avec une sincérité impossible à remettre en cause. Un véritable plaisir de jouer et défendre leurs morceaux en live se dégage de leur prestation.

Et il faut leur rendre hommage car il ne faut pas oublier qu'ils ont ouverts récemment pour Metallica devant 70 000 personnes et que de les voir se donner si intensèment devant une bien plus faible audience mérite le respect.

S'ensuivent des classiques tels que « Live At The Inferno », «  All For One », «  Rock Until You Drop »... Et pour redonner leurs titres de noblesse aux concerts de heavy, nous avons droit à des improvisations solo ( parfois « longues ») de la part de Mark Gallagher (oui, que serait un concert de metal sans le traditionnel solo de guitare de dix minutes). Et ce qui frappe, c'est le plaisir qu'il prend à maltraiter sa guitare, à en extirper des notes hurlantes. Alors c'est sûr, pas de shred, pas de néo-classique, pas de tapping, que du metal bien trempé avec quand même un soupçon de rock (n'oublions pas qu'ils ont comme référence musicale Status Quo, Slade, Sweet, entre autres…) dans ses « démonstrations »….

Le public est conquis, le groupe a l'air heureux et envoie le message qu'effectivement c'est la première fois qu'ils viennent jouer à Lyon mais que ce ne sera pas la dernière.

« Lambs To The Slaughter », « Speed Of The Reflex », « Mind Over Metal », les morceaux s'enchaînent et honnêtement, on ne voit pas le temps passer. Le public reprend quelques refrains connus et cela a le don de rendre heureux les deux frangins. « Into The Jaws Of Death », »It's not what you got ». Les deux frères sont à l'aise sur scène ( pour l'anecdote, Mark, le guitariste,suite à un accident (un mur d'est écroulé sur ses jambes), ne devait plus pouvoir marcher. Il a bien vaincu le sort. Chapeau!) et prennent les poses du parfait metalleux mais tout en étant très naturels. On a droit au croisement des guitares. Puis John, pour nous montrer que l'on peut tirer des notes de malade d'une malade y va aussi de son petit solo perso. Sous un air bonhomme, c'est un putain de bon bassiste.

C'est vrai que le look de Raven est on ne peut plus simpliste : baskets, jean et cuir. On pourrait croire en les voyant que ce sont des débutants,des « petits » musiciens. Ne vous y trompez pas, ce sont des tueurs sur scène !

« Tank Treads », « Faster Than The Speed Of Light », on remonte aux débuts du groupe. John trouvant que l'ambiance n'était pas assez bonne descend dans la fosse et va haranguer le public qui ,surpris au début, le lui rend bien. Tellement bien qu'après « On And On », sur « Break The Chains » réclamé à gorge déployée par plusieurs fans, une petite dizaine de personnes monte sur scène pour headbanguer avec le groupe un petit moment. Une petite surprise, une (courte) reprise de « Dog Eat Dog » d'AC/DC vient s'intercaler dans le titre, preuve que ce sont des musiciens de bon goût….

Un final « apocalyptique », « déjanté » (cymbales jetés à terre ainsi que la guitare de Mark) clôt en apothéose ce concert où les absents auront eu tord.

Il est plaisant de voir un groupe se donner autant,de vivre sa musique après tant d'années de carrière. Si j'ai un conseil à vous donner, la prochaine fois que vous voyez le nom de Raven sur une affiche, rendez-vous au concert,vous sortirez avec la banane et ça, ça vaut toutes les thérapies du monde.

Long live rock'n'roll, long live Raven.

Stay hard !