Soilwork - Hatesphere - Les Trinitaires (Metz) 12/12/2015

 

Superbe affiche ce soir à Metz, qui termine en beauté l'année 2015 pour Damage Done Prod, pourtant pas avare en venues marquantes durant ce millésime (Testament, Fear Factory, The Arrs, Suicidal Angels, The Black Dahlia Murder, Evergrey). L'occasion de revenir aux Trinitaires qui affichent complètes, sûrement la plus belle salle Lorraine car localisée dans une ancienne église. Mais surtout l'occasion de revoir Soilwork et Hatesphere, des groupes qui n'ont pas donné autant de concerts chez nous depuis des années (pas moins de cinq dates dans l'Hexagone!). La France est d'autant plus à l'honneur sur ce Ride Majestic Tour que ce sont nos compatriotes de T.A.N.K qui ouvrent sur la plupart des dates. Pas ce soir car ce sont les thrashers d'Arcania, que certains ont pu découvrir au Motocultor ou encore en première partie d'Exodus en mai/juin dernier, à qui revient cet honneur.

Récit d'une soirée Metôl !

La salle se remplit lorsque les angevins montent sur scène pour ce qui doit être la dernière date en soutien de leur deuxième album (bien que le quartet existe depuis 1999) : Dreams Are Dead, sorti chez Great Dane Records en mai 2014. Le groupe délivre donc son thrash moderne et mélodique devant un parterre attentif mais encore timide. Il faut dire que son thrash s'il est mélodique sait aussi se faire rentre dedans (« Dreams Are Dead », « A Scar In Our Mind »). Axé sur une technicité folle, il peut laisser quelques spectateurs circonspects. Seule la power ballade « Face In A Mirror », dédiée aux filles, laisse un peu de répit. Fort heureusement pour les angevins le son est très bon et permet justement de comprendre tous les tappings et autres légato qui composent leurs morceaux ; ce même si la batterie d'Olivier est un poil trop en avant. Un peu bloqué par la technicité de leur musique, le groupe harrangue le public dès qu'il en a l'occasion en particulier Guillaume Rossard (basse) qui enchaîne les mimiques délirantes autant que les slaps. La voix de Cyril Peglion fait penser à celle de James Hetfield tandis que ses placements évoquent plutôt ceux de notre Joe Duplantier national. La musique quant à elle tient aussi bien de groupes plus progressif comme Opeth que de Testament. Si le tout manque un peu d'accroche au goût de votre serviteur, voilà une recette qui fonctionne. Après un « No End » plus death metal et seul rescapé de Sweet Angel Dust (2010), le quartet quitte la scène sous des applaudissements mérités (et avec cinq minutes de retard sur l'horaire prévu. Pas bien ça!).

En définitive une excellente découverte à conseiller à tous les fans de thrash technique et moderne. Souhaitons au groupe de continuer sa progression dans le metal français car il a les moyens d'aller loin.

Setlist Arcania :

Intro

Watch Us Dying

Rise And Never Fall

Dreams Are Dead

Face In A Mirror

A Scar In Our Mind

No End

Contre vents et marées les death/thrash/coreux danois continuent leur bonhomme de chemin avec un line-up plus stable depuis The Great Bludgeoning (2011) et une activité scénique qui n'a pas diminué. Depuis le groupe a sorti un split (avec Remnants Of The Fallen) et deux albums dont le dernier, New Hell,est paru une semaine avant de partir en tournée avec Soilwork. Malgré cette actualité la setlist ne pioche qu'une seule fois dans le nouvel opus (« Lines Crossed, Lives Lost ») pour mieux proposer un best of qui ravi tous les fans de Hatesphere présents (jugez en par vous même ci dessous). On notera notamment « Drinking With The King Of The Dead » et son intro rock'n'roll extrait du fabuleux Serpent Smiles, Killer Eyes (2007), assurément le meilleur album que le groupe ait jamais publié. On notera aussi « Vermin », extrait de Ballet Of The Brute (2004), plus vieux titre joué ce soir. Rarement exhumé par ses géniteurs et très bien chanté par Esben « Esse » Elnegaard. Conscient d'avoir une carte à jouer sur cette tournée, (comprendre bien plus qu'en jouant avec Finntroll il y a un an) le groupe pioche dans ses inspirations les moins brutales pour se concentrer sur les plus heavy. Les hommes du Nord arrivent le sourire aux lèvres sans intro, simplement guidés par le gardien du temple Peter « Pepe » Lyse Hansen (guitare), seul membre originel encore présent. Esben trinque déjà avec un fan du premier rang à qui il prête plus tard le micro sur quelques refrains. Si vocalement celui-ci a du mal à faire oublier Jacob Bredahl (The Kandidate), LE frontman historique de la formation, sa présence très sympathique fait monter l'ambiance au fil des titres. Le pit a quand même bien du mal à se réveiller mais qu'à cela ne tienne « Resurrect With A Vengeance » est « faite pour headbanguer... jusqu'au sol ! » nous confie le hurleur.

Ce soir Hatesphere a prouvé qu'il était un combo qui tenait le coup malgré les innombrables changements de line-up et des albums de moins en moins soutenu par ses labels. Plus qu'un survivant, la sphère de la haine est une valeur sûre !

Setlist Hatesphere :

Reaper Of Life

The Coming Of Chaos

Vermin

Floating

Resurrect With A Vengeance

Lines Crossed, Lives Lost

Murder Lust

Iconoclast

Drinking With The King Of The Dead

Sickness Within

Tel le Faucon Millenium qui reviendra bientôt dominer la galaxie, Soilwork reste au top de la scène metal mélodique suédoise. Dire que la transition du groupe vers quelque chose de plus « léché » a été mieux géré par le sextet que par In Flames est un euphémisme. The Ride Majestic, leur nouveau né, revient justement à des sonorités plus death metal et des ambiances plus sombres qui font écho aux pertes que les membres ont subi pendant la composition. C'est d'ailleurs l'éponyme qui ouvre les débats, lui qui reste finalement très proche de ce que le groupe propose depuis The Panic Broadcast (2010). N'en demeure pas moins que cette entrée en matière est excellente et montre un groupe motivé et ultra en place. Rapidement comme sur le dernier opus les deux grands vainqueurs sont Björn « Speed » Strid et Dirk Verbeuren. Le second est absolument impérial et régale sur les titres de The Ride Majestic, riche en changement de tempo (mention spéciale à « Death In General » et ses blast bien sentis) malgré une bronchite carabinée. Si sa performance est intouchable malgré la maladie, le bougre se retrouve deux fois à devoir réparer des soucis techniques sur ses fûts.Ces derniers donneront le temps à Speed de désigner son capitaine du pit et à Sylvain Coudret de prononcer quelques mots et de recevoir une énorme ovation de toutes les Trinitaires (le guitariste est presque à la maison lui qui vient de Nancy). La scène est seulement décorée par un drop représentant la magnifique pochette de Ride Majestic et quelques lights qui flashent à l'envie de l'ingé lumière.

Cette tournée étant la première du nouveau bassiste Markus Wibom (ex-Hearts Alive), on ne peut s'empêcher d'observer comment celui-ci s'en sort. Et le diagnostique est sans appel, le mec est atteint de « pinionite aigue ». De loin on pourrait croire qu'Ola Fink n'est pas parti vers d'autres cieux, tant la ressemblance physique et le jeu de scène de son successeur sont semblables aux siens. Contrairement à Hatesphere, les suédois défendent bec et ongle leur nouveau bébé ce soir. Le reste de la setlist met en avant les nombreux classiques du groupe (« Nerve », « Follow The Hollow », « Rejection Role »...). La seule petite surprise est la présence de « The Cresfallen », extrait de Stabbing The Drama (2005), qui permet de constater à quel point la voix de Speed s'est bonifiée avec les années.

Le tube « Stabbing The Drama » reçoit évidemment le meilleur accueil de la soirée juste avant un long rappel soigné qui commence avec l'excellente ballade « Let This River Flow », grâce à laquelle on entend distinctement les claviers pour la premières fois de la soirée. Un très bon moment du show sur lequel Björn commence à montrer quelques signes de fatigue. Avant le titre le plus violent du set « Late For The Kill... » sur lequel David Andersson (The Night Flight Orchestra) épaule plus que jamais son frontman aux choeurs. C'est avec un dernier tube et un final sur des titres plus récents finalement assez convenu mais agréables que le sextet quitte les planches le sourire aux lèvres.

Avec des musiciens de talent à tous les postes (bien que le pauvre Sven Karlsson paraisse de plus en plus inutile au groupe) Soilwork est une grosse machine qui tourne sans effort. Impeccable malgré la petite fatigue en fin de set de Björn déjà évoquée, le groupe prouve que mêler l'aspect radiophonique des années 2000 avec le death metal suédois et le thrash reste possible.


Setlist Soilwork :

The Ride Majestic

Nerve

Bastard Chain

The Crestfallen

Death In General

Alight In The Aftermath

Tongue

Follow The Hollow

Petrichor By Sulphur

This Momentary Bliss

The Chainheart Machine

Stabbing The Drama

Rappel :

Let This River Flow

Late For The Kill, Early For The Slaughter

Rejection Role

Whirl Of Pain

Spectrum Of Eternity

Soirée magnifique dont l'un des seuls petits points noirs est ce spectateur qui s'est broyé la jambe (le pit est intraitable) et qui a du repartir avec les pompiers. Bravo à Damage Done pour tout ce qu'ils ont fait cette année (vivement Samael l'an prochain!), il y a encore deux ans l'association ramenait des groupes comme The Agonist en France. Le chemin parcouru est immense.

Il faut saluer l'activité scénique d'Arcania (et passer un coucou aux T.A.N.K, qui on l'espère déchire tout sur cette tournée qui lui va comme un gant), l'abnégation de Hatesphere et la classe de Soilwork. Pour sûr les métalleux reviendront à la messe !

 

Photo par Florian Frandidier, un grand merci à lui