Live Report - Wheelfall - Le Hublot (Nancy)

Ce soir votre serviteur met fin à une malédiction qui lui a fait rater Wheelfall bien trop de fois. Ce qui pourrait amener un métalleux lorrain à dire « t'es de Nancy et tu n'as jamais vu Wheelfall en concert ? Non mais allô quoi ?! ». Car le désormais quintet est une fierté locale qui écumé toutes les salles lorraines existantes, bien qu'ils mettent pour la première fois les pieds au Hublot (oui j'aime me contredire en une phrase). Il dévoile ce soir au public son nouveau double album à des kilomètres de son stoner d'antan, Glasrew Point, qui laisse place aujourd'hui à un metal industriel gorgé de black et de doom. Ce sont nos chiens fous de Dog'N'Style ainsi que Joy/Disaster qui accompagnent les nancéiens ce soir, le seul lien existant entre les trois groupes étant que Nico « Elbow » Giraud a tenu les baguettes pour chacun d'entre eux (il continue de le faire pour deux d'entre eux).

C'est donc avec quelques minutes de retard que les « vos-chiens » montent sur la scène du Hublot. Armé d'un son plutôt bon et comme à leur habitude d'une grosse énergie, Dog'N'Style essuie les problèmes habituelles des premières parties en se retrouvant face à un public clairsemé qui ne se laisse pas encore complètement aller à la fête. Le quartet ne se laisse pas abattre pour autant et c'est finalement avec le jumpy « Furious Trigger » (et son break bien lourd) en milieu de set que les gens commencent enfin à se rapprocher de la scène et à entrer dans leur danse heavy rock US.

Le job de première partie est accompli pour les vosgiens, la salle est chauffée et prête à acceuillir la joie désastreuse.

Setlist Dog'N'Style :

Welcome To The Dog House

Never Trust An Asshole (Nouveau Titre)

The Best Of Me (Nouveau Titre)

Furious Trigger

Mister Coyotee

First Blood

Sluts & Whiskey

I'm Waiting (Nouveau Titre)

Pub Stories (Nouveau Titre)

Auteur de cinq albums, Joy/Disaster a fêté il y a quatre mois ses dix ans, dans la salle mythique Chez Paulette, de ce qu'il qualifie lui même de « Agressive Dark Rock ». Le groupe est finalement plus une formation de post punk qui intègre des éléments allant de la pop jusqu'au metal qui ne m'avait pas franchement convaincu sur le net. Mais sur scène le style très efficace du combo prend tout son sens et la voix de Nico Rohr (chant/guitare) à la Dave Gahan (Depeche Mode) se montre bien plus expressive. L'on notera la super présence de Soupa à la basse qui se donne vraiment à fond ! Malgré une communication discutable entre les morceaux (jamais compris ces français jouant en France qui parlent anglais...), Nico est un bon frontman et rend hommage à ses potes en faisant crier : « Hey ! Ho ! Wheelfall ! » au public bien plus massif et compact qu'en début de soirée. Le groupe achève le Hublot avec « Sickness », titre plus ambiant et plus sombre relevé par des lumières superbes, point d'orgue d'un très bon moment.

 

Setlist Joy/Disaster :

Human Robots

Hate You

Black Flag

Stirling Shot

This Is Not

Paradise

Yesss Yess Yes

Sickness

 

Pas vraiment le temps de se reposer pour Monsieur « Elbow » puisqu'il repasse quelques minutes plus tard derrière la batterie pour ce qui restera à jamais LE premier concert de l'ère Glasrew Point pour Wheelfall. Seuls trois extraits étant disponibles sur la toile, la majorité du public va donc découvrir à quoi ressemble vraiment ce double album conceptuel ambitieux accompagner d'une nouvelle de Blandine Bruyère. Forcément avec un disque aussi immersif la question se pose rapidement de savoir si le groupe sait rendre ses ambiances dans le contexte live et la réponse vient dès le puissant « Dead Eyes », avec un Fabien W Furter (chant/guitare) en grande forme vocale et un groupe tendu mais appliqué. C'est ensuite le très industriel « Vanishing Point », dont nous avions couvert le tournage en juin dernier, qui déclenche les premiers pogos de la soirée. Clairement l'un des rares titres réellement « in your face » de Glasrew Point, il fait coupler, à « Dead Eyes » une parfaite entrée en matière. Mais le groupe assume totalement sa nouvelle personnalité et dégaine le plombé « The Drift », long de treize minutes, qui assomme totalement le Hublot. Un titre qui s'avère assez long dans le contexte du live, malgré un bon son on ne retrouve pas l'ambiance mystique et glauque de l'album. Forcément avec un changement aussi drastique et le fait que le public ne connaisse pas les morceaux, l'ambiance n'est pas à la fête. La communication, réduite au maximum, fait aussi que l'ambiance ne peut réellement décoller. Seuls quelques « merci » de Fabien, voir de Thibault Thieblemont (guitares/claviers/machines/choeurs) relégué en fond de scène, nous parviennent entre les morceaux. Logique me direz vous vu le style et le côté conceptuel de la chose. Reste que la réponse entre les morceaux est plus que positive, signe peut être que Wheelfall a vraiment fait le bon choix en se plongeant corps et âme dans cet univers fait de dualité. Entre clair/obscur, industriel/naturel, urbain et humain le groupe propose désormais des vibrations rampantes et occultes rappelant bien plus facilement Godflesh, Neurosis (particulièrement dans la voix de Fabien) ou encore Immortal. « Pilgrimage », le titre le plus « gentil » (comprendre le seul qui n'appelle pas au malaise, rien à voir avec une ballade) de Glas, est ensuite la respiration bienvenue du set hélas amputé des extraits du fabuleux spoken word de « Strangers ». Sur « Absence Of Doubt », qui déclenche de nouveaux pogos, le frontman impressionne encore avec un chant de gorge d'une profondeure et d'une qualité ahurissante. Avec le définitif « Return Trip », marquant la fin du voyage Glasrew Point qui vous sera un peu dévoiler dans une interview, la roue qui tombe nous offre l'un des meilleurs, si ce n'est le meilleur, moments du set. Le groupe quitte la scène mais revient pour faire plaisir à ses vieux fans (« c'est bien par c'est vous » lâche le hurleur) en interprétant deux extraits de son premier album : Interzone (2012). Le premier étant le « tube » de celui-ci : « Howling » ainsi que la fin du titre éponyme (long de plus vingt minutes dans sa version complète) dont l'accélération progressive fait bougrement mouche.

Malgré quelques approximations cette première sortie en public confirme tout le potentiel de ce nouvel album. Vivement que ce nouveau set soit rôdé et que le quintet se lâche plus sur scène, car le génie qui règne sur Glasrew Point n'a rien d'inoffensif sur scène.

 

Setlist Wheelfall :

I Descend Into The Deep (Intro)

Dead Eyes

Vanishing Point

The Drift

Pilgrimage

Shelter (Sample)

Absence Of Doubt

Shape Shifter

Sound Of Salvation

Return Trip

Rappel :

Howling

Interzone (Finale)

Une soirée qui aurait peut être gagnée en impact si les premières parties avaient été plus proches de la tête d'affiche en terme de style. Reste une bonne soirée qui donne envie de revoir Wheelfall au plus vite, de revoir Joy/Disaster avec plaisir et qui aura bien chauffer les chiens pour une première partie de The Casualties le lendemain. Nous ne pouvons qu'inviter ceux qui ne l'ont pas encore fait à écouter Glasrew Point, les rock'n'rollers peuvent aussi se laisser aller à découvrir Joy/Dogaster (pas d'applaudissement, votre serviteur est un comique au chômage...). L'on attend maintenant avec impatience que Trepalium, Hypno5e et Phazm viennent retourner ce Hublot qui ne mérite que cela le 2 octobre.

 

Photos par Cédric Mathias (l'Oeil du Viking)