Lock Up - Demonization

Lock Up fait partie de ces groupes qu’il n’y a plus besoin de présenter. Les britanniques reviennent sur le devant de la scène en cette année 2017 avec un nouvel opus intitulé Demonization qui sort chez Listenable Records. Six ans après la sortie de leur dernier album, et un changement de chanteur, ils reviennent nous balancer une dose de Grind/Death sans fioritures.

Line-up : 

Kevin Sharp - Chant

Anton Reisenegger - Guitare

Shane Embury - Basse

Nicholas Barker - Batterie

Après la claque reçue par Necropolis Transparent en 2011, difficile de rivaliser dans l’intensité et la brutalité. Suite à un changement de line-up avec le départ de Tomas Lindberg et son timbre de voix criard, dû à la forte activité d’At The Gates, le sieur est remplacé, non pas par un novice, puisque c’est Kevin Sharp, ex frontman de Brutal Truth, qui prend le micro. Alors oui Lock Up avait mis la barre très très haute avec Necropolis Transparent, mais finalement après de nombreuses écoutes ce Demonization se défend aussi très bien dans son ensemble. Bon mettons de côté la chanson éponyme de l’album qui dure cinq minutes. Celle-ci tranche complétement avec ce que Lock Up fait d’ordinaire, puisque cette chanson est lente et lourde, sans accélération, sans blast, limite monotone pendant cinq minutes. Mais en dehors de ce morceau bien spécifique, Lock Up n’a rien perdu de sa superbe (on reviendra sur le chant un peu plus tard). Une entrée en matière ultra brutale avec « Blood and Emptiness » qui annonce la couleur. Avec notamment un son de basse de Shane Embury qui à ma connaissance n’a jamais été aussi présent, se payant même le luxe de faire une partie basse/batterie ultra brutale.  Une deuxième chanson « The Decay Within The Abyss » de la même trempe avec au milieu de celle-ci un ralentissement qui vient donner du groove et une touche Hardcore grindesque. Les titres s’enchainent sans accros avec quelques riffs bien sales qui font limite Black et nous rappellent certains passages dans les premiers albums. Les gaillards ne s’arrêtent jamais et enchainent les morceaux à deux milles à l’heure, le tout magnifié par un Nicholas Barker toujours aussi impérial derrière sa batterie. Lui ne faiblit jamais enchainant blast beat et roulement de toms à n’en plus finir. Si les cinq ou six premiers morceaux, sans compter « Demonization », se veulent ultra brutal pratiquement sans ralentissement, par la suite on va avoir de bons passages un peu plus ralenti. Bon pas trop ralenti quand même il ne faut pas déconner, juste ce qu’il faut pour venir donner de la diversité et un bon groove à la chanson. Citons par exemple « Foul From The Pure » ou encore « Instruments Of Armageddon ». Si lors d’une première écoute cet album peut paraitre redondant et appliquer les mêmes plans hyper rapides sur tous les morceaux, il se révèle au final diversifié. Entre les passages Grind, les passages bien Death, les quelques riffs à sonorité Black et les plans plus mid-tempo et groovy, Lock Up sait toujours nous distiller un bon Grind/Death ultra brutal qui ravira les fans du genre. 

Venons-en au chant. Etant fan et connaissant Lock Up mon avis est de suite plus tatillon, d’ailleurs il m’a fallu écouter de nombreuses fois ce Demonization pour me faire à la voix de Kevin Sharp et apprécier cet album. Autant je trouve que son timbre colle parfaitement à Brutal Truth, autant dans Lock Up le chanteur précédent, Tomas Lindberg, avait cette façon criarde de sublimer les morceaux et d'apporter un côté puissant à l’ensemble. Et je trouve, malheureusement, que l’énergie dégagée par la puissance vocale et moins présente sur Demonization. Pour ceux qui ne connaissaient pas le groupe avant cet album, le chant est loin d’être mauvais, au contraire n’allez pas croire que Kevin Sharp est un novice. Il est reconnu dans le genre et fait plus que se débrouiller dans Lock Up, seulement le chanteur précédent amenait une hargne qui n’est pas égalée sur cet album.

Au final, après six ans d’attente Lock Up nous sort un nouvel album dans la pure lignée Death/Grind qui vous nettoiera les cages à miel. Demonization est sans concession et ne laisse que peu de répit. En l’occurrence, les gars de Lock Up nous prouvent qu’ils sont toujours au top de leur forme. Entre blast beat et allers-retours à la guitare qui n’en finissent plus Lock Up est bien de retour et j’ai hâte de les voir sur les planches pour défendre leur nouveau méfait.