Los Random - Pidanoma

Formé en 2009, Los Random est un trio Argentin qui aime particulièrement l'expérimentation musicale. Déjà auteur d'un premier album, Todo.s Los Colores Del en 2011, les voilà en pleine campagne de « crowdfunding » pour publier une version physique de leur nouveau né : Pidanoma.

Line-up :

Raul Garcia Posse (chant/guitare)
Pablo Bianchi Lamela (basse)
Marcos Crosa (batterie)

On parle très peu de la scène sud-américaine. Les fans résidant dans cette région du monde sont bien souvent désignés comme les meilleurs du monde et pourtant leur scène semble ne pas intéresser les gros labels. Car avec Todo.s Los Colores Del, Los Random avait frappé très fort. Entre l'introducteur Cachafaz et ses sons electros, en passant par le musclé Tarzan's Void qui donnait envie de se balancer de liane en liane le cul à l'air, jusqu'au magnifique Cuando El Blanco No Es Color qui rappelait presque ce dont les Anglais d'Anathema sont capables ; le trio avait composé une véritable bombe de metal décomplexée complètement folle. Et autant dire qu'avec Pidanoma Los Random va plus loin. Beaucoup plus loin !

Pour vous dire à quel point les mecs sont dingues Pidanoma n'est composé que de cinq titres, pourtant il dure plus d'une heure. En effet les trois « derniers » titres dépassent les quinze minutes. Cinglés je vous dis ! L'introducteur Corto Normal affiche une fois de plus l'une des grandes influences du groupe : Mastodon. On trouve en effet le même genre de riffs, d'ambiances, développés sur un album comme Leviathan. Ces riffs sludgy et groovy avec ce son assez postcore que la Bête n'utilisera probablement plus jamais.

Suit Ojota Y Media, titre instrumental noisy complètement barré sur lequel le trio à juger utile de glisser des samples d'un journal télévisé. Il m'est impossible de vous dire de quoi le présentateur parle, ne maîtrisant pas la langue de Che Guevara (tout juste comprends je qu'il est question de New York à un moment). Mee Chango auquel Adrian Terrezas Gonzalez, membre de The Mars Volta, a participé se montre bien fou lui aussi entre les parties de saxophone improvisées du bonhomme, des chants angéliques (très affectionnés par le groupe) assurés eux par Malena Crosa (la petite sœur du batteur Marcos âgée de trois ans) et une fin des plus groovy ; il y a encore de quoi se perdre. Mia Gata Esta Solo En La Os voit le retour des sons électros couplés cette fois à des passages psychédéliques du meilleur effet. Les titres s'enchaînent comme un ensemble indissociable et l'écoute de Pidanoma demande une attention de tous les instants si l'on ne veut pas se perdre dans les méandres de l'esprit malade de Los Random.

Surtout que ce nouvel album comporte encore moins de parties de chant que le précédent, alors certes cela rend chaque intervention de Raul Garcia Posse des plus précieuses. Surtout que le bougre se montre encore plus juste ici, cependant rien n'est fait pour rendre l'écoute de Pidanoma plus facile pour l'auditeur. L'album s'achève avec le planant et psychédélique Guri Guri Tres Pinas, qui rappelle plus que jamais Anathema et sur lequel on aurait presque du mal à reconnaître la voix de Raul ; ce avant une fin des plus noisy.

En clair Los Random s'adresse aux malades mentaux de la musique. Leur metal expérimental ne peut pas plaire à tout le monde, loin de là, mais pour peu qu'on goûte à leur formule et à leur univers on tient là un véritable petit bijou aux ambiances ciselées oscillant entre chaos et beauté.

Comme aime à le dire un esthète de la toile (son émission porte le sigle : SLG) : « T'en as trop pris gros ! »