Loudblast - Burial Ground

Non, je ne commettrai pas l’affront de vous présenter Loudblast.
Légendaire groupe français, pionnier du Death (Thrash/Death dirons certains) en France à l’instar d’Agressor et Massacra, le groupe a su se forger une réputation qui a depuis bien longtemps dépassé les frontières de l’hexagone.

Néanmoins pour ceux qui ne connaîtraient pas encore le groupe, je ne peux que vous conseiller de vous plonger dans la carrière du groupe avant de vous attaquer à notre sujet du jour. En effet, les Louds nous reviennent le 28 avril prochain avec Burial Ground, un nouvel opus particulièrement sombre et inspiré.

Trois ans après un Frozen Moments Between Life and Death qui, bien qu’ayant fait l’unanimité chez les fans, m’avait quelque peu laissé sur ma faim, j’attendais avec impatience ce nouvel album. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en plus de m’avoir totalement conquis, le groupe m’a offert un véritable voyage. Surprenant.

Le quatuor nous avait habitué depuis ses débuts à des artworks dans un style inspiré de fresques et de gravures. Ici, le groupe nous offre une illustration très sombre, à la fois intrigante et dérangeante, pour ne pas dire effrayante. Il y a en effet quelque chose de malsain qui se dégage de ce visage démoniaque, pourvu des cornes de Baphomet et d’une langue de serpent.


Côté tracklist, le groupe n’a pas l’avarice pour pêché et nous livre 9 nouveaux morceaux ainsi qu’un 10ème titre dit « bonus » pour une durée totale de 45 minutes.
Le premier titre, intitulé The Bloody Oath, nous plonge immédiatement dans l’ambiance de ce nouvel album, très sombre, inquiétant, voir ésotérique.

Ce qui frappe d’entrée, c’est la voix de Stéphane Buriez qui pousse ici sa technique et propose un growl plus profond qu’à l’accoutumée. Les mots sont parfois plus difficiles à discerner pour l’auditeur mais l’effet est saisissant.
On constate également dès ce premier titre qu’une belle liberté a été octroyée à la basse d’Alex Lenormand.    

Qu’on se le dise, bien que Loudblast soit souvent étiqueté Thrash/Death, il faut reconnaître que la partie Death prend nettement l’ascendant sur ce nouvel album. L’ensemble est lourd, massif, les compositions reposent pour la plupart sur des rythmiques mid-tempo, ce qui ravira les allergiques aux surcharges de blastbeats. Il n’est cependant pas impossible de détecter quelques traces de Thrash dans des morceaux comme Darkness Will Abide ou encore Ascending Straight in Circle.

Mais la force de ce nouveau Loudblast, outre son ambiance particulièrement réussie, c’est sa capacité à surprendre. Les titres s’enchainent mais ne se ressemblent pas, on trouve ainsi un vrai plaisir à l’écoute au fur et à mesure que l’album happe son auditeur dans les ténèbres. Parmi ces titres surprenants figure From Dried Bones et son rythme ultra énergique, véritable accélérateur dans notre voyage vers les profondeurs.

Voyage qui se poursuit sur le titre The Void, lent et torturé, autant dans son chant que dans sa structure, un titre très Doom pour ne pas dire Funeral Doom.
L’album ne saurait s’achever en si bon chemin et nous offre successivement, deux titres tout aussi lourds et pesants (Abstract God et I Reach the Sun).

Burial Ground prend fin sur The Path, titre le plus long de l’album et qui, de part sa fin ouverte nous laisse à penser que nous ne sortirons pas des ténèbres dans lesquels cet album nous a progressivement plongé. (Concernant la bonus track The Bird, je vous laisse seul juge quant à son appartenance au reste de l’album).

Côté production, rien à redire. L’album a le son qu’il mérite pour véritablement libérer son potentiel. C’est propre, sans excès. Il en va de même sur le plan de la technique. Stéphane et Drakhian nous offrent une palette de riffs assez large, alliant grosses rythmiques propices au heandbanging et structures plus complexes, le tout ponctué de soli soignés. Alex Lenormand n’est pas en reste avec des plans de basse justement dosés et bien mis en exergue au mixage. Côté batterie, Hervé Coquerel cadre l’ensemble avec une précision et un groove impeccable. On soulignera d’ailleurs sa maîtrise de la double pédale sur le titre The Path, durant lequel Hervé martèle sans relâche ses grosses caisses sur un pattern de plus de 3 minutes.           

C’est donc un retour en force qu’opère Loudblast, qui signe ici un disque à la fois inspiré et jusqu’au-boutiste dans son écriture. Aussi envoutant que le Satanist de Behemoth et aussi sombre et profond que le Vanquish in Vengeance d’Incantation, tels sont les références qui me viennent à l’écoute de ce nouvel opus qui, je l’espère, saura susciter autant de plaisir chez vous que ce fut le cas chez moi. À coup sûr un grand cru de 2014.