Loudblast, Putrid Offal, The Lumberjack Feedback - Lille - Le Splendid

Loudblast, de retour au pays natal ! Et dire qu’il a fallu attendre deux ans pour enfin revoir la formation poser ses flight-cases à Lille. Souvenez-vous, c’est en 2015 à l’Aéronef que Loudblast avait fêté son trentième anniversaire avec une formation gratifiant une belle paire de groupes hexagonaux et étrangers. Alors du coup, après cet exploit, le groupe est retourné dans l’ombre quelques mois afin de travailler sur son nouvel opus et pour mettre en place des projets toujours plus ambitieux les uns que les autres. 

Loudblast a évolué en deux ans… Le line-up n’est plus le même. Alex Lenormand a quitté le navire, et Stéphane, riche d’une amitié solide avec Frederic Leclercq (Dragonforce), décide de l’embarquer pour quelques dates… Nous sommes en 2016 et le groupe annonce une nouvelle série de concerts visant à promouvoir l’album qui l’a révélé au grand public : Sublime Dementia. Alors l’occasion était trop belle, il fallait que Loudblast passe dans le coin. Chose faite, Loudblast donne rendez-vous à ses fans au Splendid de Lille le 18 février… Pour les accompagner, deux formations phares de la scène Underground des Hauts-de-France, j’ai nommé Putrid Offal et The Lumberjack Feedback. Tous les deux signés chez Kaotoxin, elles comptaient bien faire mouche auprès des fans de Loudblast. 

C’est The Lumberjack Feedback qui ouvre les hostilités. Quarante minutes de jeu leur ont été accordées… N’en déplaise à certains, oui The Lumberjack Feedback se démarque de par son line-up. Deux batteurs, pas de chanteur, ça change n’est-ce pas ? Quoi qu’il en soit, le renom du groupe n’est plus tellement à faire. Souvenez-vous, le groupe, chanceux, avait réussi à remplacer Dopethrone «  in extremis  » au Hellfest… 

Ne comptez-pas sur eux pour se reposer sur leurs acquis. Chaque date est un nouveau défi, et voilà que la bande à Simon balance les riffs bien lourds et bien cradingues de «  Salvation  » . Le son est particulièrement bon et les deux batteurs ne cessent de mêler leur savoir-faire afin de surprendre la galerie. En effet, chaque batterie se répond donnant ainsi l’image d’un groupe qui ne communique que par le biais d’une musique lourde, atmosphérique et planante. Si toi aussi tu as ressenti le frisson que te procurent les effets d’échos propulsés par les deux batteries, tape dans tes mains !

Nous sommes à Lille et nous pouvons compter sur les membres de The Lumberjack Feedback pour marquer le coup en invitant un de leurs amis sur scène. Chose promise, chose due… Il ne nous est pas inconnu, loin de là, Alex Colin-Tocquaine (Agressor) branche discrètement sa guitare et expulse les accords planants de l’éponyme «  Blackened Visions  ». Une collaboration toute aussi surprenante qu’envoûtante puisque l’on connait surtout Alex pour son Thrash. Mission accomplie, le guitariste réussit à faire oublier son style et à cohabiter avec Simon et Virgil. 

Aucun mot, mais surtout un jeu scénique toujours plus déconcertant. Ça crie et ça joue la schizophrénie - On pourrait même croire que l’un des membres était en proie d’une maladie nerveuse. Quoi qu’il en soit, le show poursuit son bout de chemin avec des riffs toujours plus malsains, notamment sur l’ultime titre «  Blues Sky For The Red Sun  », conçu à partir d’un riff typé «  Black Sabbath  » sous acide… Fin du concert oblige, la folie s’accapare d’un des batteurs - Ils ne se sont contentés que de quelques mouvements pour démonter leur batterie. La folie de The Lumberjack Feedback est arrivée à son paroxysme. Un excellent concert. 

C’est Putrid Offal qui poursuit les hostilités. Revenu d’une tournée pleine de succès en compagnie de ses amis de Mercyless, Putrid Offal ne compte pas rester sur ses acquis et revient chez eux, c’est-à-dire Lille. Et qu’on aime ou pas le Grind, il faut avouer que le retour en force de Putrid Offal mérite à ce que l’on y s’attarde de plus près ! Revenu sur le devant de la scène à la fin de l’année 2014 avec un album comprenant ses anciennes pistes remises à la sauce 2015, le groupe avait surpris la galerie. Sa place en première partie de Loudblast était donc justifiée…

C’est donc affublés de blouses ensanglantées que les membres Phil, Frank, Fred et Laye entrent sur scène pour y déverser la haine de leurs nombreuses fables au caractère morbide, et ce pendant quarante minutes. Ils en ont donc profité pour y présenter les compositions de Mature Necropsy et quelques nouvelles compositions à paraître sur un éventuel futur album.

Mais malheureusement, rien ne semble se passer comme prévu au début du set. Phil, le guitariste, rencontre quelques problèmes de guitare et celle-ci devient même inaudible. Mais heureusement pour nous, le sort ne s’est pas acharné sur lui… La suite des événements se réconcilie avec le guitariste et les titres «  Purulent Cold  », «  Let There Be Rot  » ou même «  From Plasma To Embalming  » récoltent un bel accueil de la part de public. Il faut insister sur le fait que le son est particulièrement bon. La basse soulève bien les étrangetés du groupe, le caractère gras de cette dernière se confond bien avec la batterie blastée de  Laye. En ce qui concerne les cris de Frank, ils sont particulièrement expressifs. Ce dernier manipule bien ses cordes vocales et nous sert des grognements particulièrement malsains notamment sur «  Gurgling Prey  ». Mais Phil n’est pas en reste, il enchaîne les riffs bien dégueulasses. La classe. 

Le public est, quant à lui, vraiment emballé par le concert et les membres du groupe n’ont que très peu d’efforts à faire pour engager les premières animations dans le pit. C’est à la moitié du gig que les fans du groupe se contrebalanceront dans la fosse. On a même vu un de ces jeunes vouloir se faire porter par le public, sans succès. Revenons aux choses sérieuses, le groupe n’oublie pas de rendre hommage à l’un de ses proches disparu dans la semaine et finit son set sur «  Suffering  ». 

Petite pause, Loudblast prépare son arrivée. Alors tous les fans sont dans les starting-blocks et ça boue dans le pit. Il faut dire que Sublime Dementia est le meilleur album conçu par Loudblast à ce jour. «  Shine  » (Another Perfect Day) met les fans en ébullition et le groupe arrive progressivement sur scène. Et paf voilà que les premiers accords de «  Presumption  » sortent de la guitare de Stéphane Buriez. 

La formation a donc privilégié l’interprétation totale, sans faille et sans fioriture de son album majeur, tous titres confondus. Quitte à ré-apprendre les parties de «  Wisdom… (Father On) ou même «  In Perpetual Motion  » et «  Fancies  », le groupe ne s’est soustrait à aucune difficulté et a retravaillé ses morceaux avec Frederic Leclercq, qui  leur a prêté main forte pour cette tournée ! L’ambiance est au beau fixe, Loudblast fait preuve de rigueur à chaque titre et enclenche de nombreuses animations dans la fosse. Quitte à être dangereux envers le public disposé en première ligne, quelques fans s’entrechoquent, se font valser dans la foule et improvisent même quelques circle pit…

Sublime Dementia fait mouche et son interprétation en intégralité aura permis aux fans de se rappeler le jour où ils ont écouté l’album pour la première fois. Car oui, vingt trois années de Metal se sont écoulées depuis et le public de Loudblast a fait peau neuf sans pour autant perdre sa fan base d’antan. Ainsi, Sublime Dementia a réussi à drainer deux publics différents, les plus vieux à l’arrière tandis que les plus jeunes découvraient encore quelques pistes plus rares telles que «  Fancies  ». 

Les derniers accords de «  My Last Journey  » interrompent le voyage de la démence. Mais ce n’est pas fini, ce serait insulter le groupe que de résumer sa carrière à un seul album car il est également fort d’une autre pièce maîtresse, Disincarnate, oeuvre bien exploitée en deuxième partie de set puisque «  Shaped Image of Disincarnate Spitis  », «  Disquieting Beliefs  », «  Steering For Paradise  » et enfin «  The Horror Within  », qui voit en guest Alex d’Agressor comble l’attente des plus téméraires. «  On est à la maison, on ne pouvait qu’inviter quelques-uns de nos amis à venir sur scène  » lance Stéphane Buriez. Voilà, la boucle est bouclée et voilà plus de trente années d’amitié remises à l’ordre du jour. 

Mais le groupe n’est pas en manque est compte bien interpréter d’autres classiques pour compléter son show. Ces morceaux comme «  Flesh  » et le vieux «  Malignant Growth  » qui voit en «  special guest  » Jerome Point Canovas, un ami de la formation, à la guitare confirmera bien nos attentes. C’est la grosse réunion de famille et tout est bon pour partager quelques shoots de Jack Daniel’s. Mais que serait un gig de Loudblast si ses deux titres phares ne figurent pas sur la setlist ? Vous l’aurez donc compris, c’est «  Cross The Threshold  » et «  No Tears To Share  », totalement revisités par Frédéric Leclercq, qui se chargent de conclure le set. 

Véritable chouille intergalactique et surtout un excellent moment passé avec les trois groupes qui se sont montrés toujours aussi accessibles. En ce qui concerne Loudblast, la rédaction lui donne rendez-vous très bientôt au Betizfest et au Chaulnes Metal Fest pour la suite de sa tournée… Maintenant, tout ce que nous espérons, c’est qu’une nouvelle idée ne germe dans l’esprit de Stéphane Buriez. Disincarnate en entier, c’est pour quand ?!