Live Report - Dagoba et The Oath - La Cave à Musique - Mâcon - 03/10/15

Peu nombreuses sont les occasions où l'on peut voir Lyon et Marseille sur la même affiche sans qu'il ne s'agisse d'un match de foot. The Oath, groupe de Melodic Blackened Progressive Death Metal lyonnais, en pleine promotion de son dernier album Conséquences, partageait l'affiche avec les marseillais de Dagoba. Le duo de groupes français passait le samedi 3 octobre au soir à la Cave à Musique de Mâcon en Bourgogne.

   Il est 21h et pourtant la soirée s'annonce déjà bien mouvementée. Le public afflue dans la fameuse cave mâconnaise qui n'est pas vraiment une cave au premier abord. Première surprise lorsque l'on rentre dans la salle et qu'on ne la connaît pas : la taille. 300 personnes au max tiennent à l'intérieur. Passons la porte, puis la seconde et là, au stand de merchandising, surprise ! Le bassiste de Dagoba (Werther) fait office de vendeur, timidement caché sous sa capuche. La salle en elle même est plutôt belle, avec son plafond qui peut faire penser à une cave. Sur la scène, les techniciens se pressent pour faire les derniers réglages. 21H20, les lumières s'éteignent. Ligne de basse assez lourde et un peu de fumée, c'est ainsi que The Oath fait son entrée ce soir, dos au public. Finalement, ils libèrent le flot des enfers avec leur musique puissante et énergique. Les lyonnais alternent entre quelques titres de leur dernier album comme « Destrustruction », «Unchanged », ou « Crimson Flesh » et d'autre plus anciennes telles que « Never To Be Seen Again » et « This Day ». Le public reste cependant timide, il faut le temps de se chauffer. Pourtant, il faut bien avouer que le groupe joue du bon son, ma foi assez inclassable tellement l'ambiance des morceaux est multiple. Du bon metal à faire headbanger un sourd. En outre, les lyonnais ont laissés une très bonne impression en plus de lancer un bon gros Wall Of Death vers la fin de leur prestation.

  The Oath remercie chaleureusement le public et Pierre, l'excellent chanteur du groupe, demande une ovation pour Dagoba. Son vœu est exaucé. S'ensuit des acclamations de la foule, des cris puis un grand silence s'installe. Francky Costenza, le batteur, se met en place, torse nu derrière ses fûts, éclairé par une lumière, ressemblant presque à une apparition divine. Impassible, les bras tendus comme pour un gros câlin, il chauffe la salle. Lorsque qu'un « DAGOBAAAA » retentit, c'est toute la salle qui reprend ce cri du cœur en tapant des mains. Le reste de la bande apparaît dans une intro lourde, la tête baissée. Enfin, ils jouent « Eclipsed» qui promet un spectacle digne de Dagoba, du bon bourrin . Les metalleux, déjà bien chauds, se balancent dans des pogos au milieu de la salle. Après « Man You're Not », « Black Smokers » et « Winter », vient l'excellent « Born Twice ». Circle Pit, pogos et un ou deux Wall of Death se succèdent dans cette petite salle de 300 âmes fougueuses. Petite pause bière ou toilettes, c'est selon les personnes ; parfois les deux (pas en même temps), puis la salle se re-remplit et le concert reprend avec « The Sunset Curse ». Shawter le chanteur (ahah lol mega jeu de mot) s'adresse à la foule, c'est alors que, dans un silence, retentit un magnifique « TOUS A POIL ET ON S'CARESSE ! » suivie d'un sourire du frontman et de rires dans la salle. Sans cesse, le public sera sollicité au cours de ce concert démentiel. Evidemment, lorsque arrive « The Great Wonder », toute la salle connaît au moins le refrain et le répète en coeur avec le bassiste. Les artistes sont acclamés. Il ne reste que trois titres avant la fin de cette délicieuse soirée tout simplement énorme. Les metalleux sont déchaînés, certains sont plus ou moins volontairement inclus dans les pogos et wall of death. D'autres sont totalement bourrés, ce qui soit dit en passant, ne les empêchent pas d'aller plus ou moins volontairement dans les pogos. Dagoba enchaîne ainsi « I Reptile » « Thing Within » et « White Guy » dans une atmosphère explosive et bourrine où les verres de bières se vident le temps de faire un tour avec la tête ! Le combo marseillais clôt cette soirée par de chaleureux remerciements, et le public le lui rend bien !

 

En conclusion, ce fût une p***** de soirée. The Oath a été une première partie parfaite pour un groupe tel que Dagoba. Sur scène, les lyonnais ont, comme les marseillais, une présence incroyable, ils sont remarquables. Ils se donnent à fond et ça se voit. Pour ce qui est de Dagoba, l'ambiance est inqualifiable. C'est un groupe proche de son public, et encore plus dans ce type de salle assez restreinte. Les membres du groupe sont venus dans la fosse lorsque la salle se fût un peu vidé pour discuter, prendre des photos avec le public. Un contraste m'a cependant fait sourire, celui de Z et Werther, le guitariste et le bassiste du groupe. Le premier est assez effacé sur scène, ce qui ne gâche en rien son jeu, contrairement à son camarade adepte de la quatre cordes qui montre qu'il s'éclate sur la scène (sans pour autant gâché son jeu). Après le concert, les rôles s'inversent. Z se balade tranquillement dans la fosse, décontracté tandis que Werther est « caché » sous sa capuche au stand de merchandising. Francky, le batteur et Shawter le chanteur, sont tout aussi décontractés et discutent tranquillement avec les fans.

Jo