Live Report - Du Metal à La Campagne - Rexpoede

Le Metal à la Campagne est le genre de festivals auquel ses fans sont terriblement attachés. Il faut dire que la programmation n’y est pas pour rien ! C'est-à-dire qu'en faisant venir d'années en années les valeurs sures de la scène Hexagonale et des groupes régionaux en pleine expansion pour un prix plus qu'intéressant, le festival avait déjà marqué les esprits dès ses prémices. Quand la première soirée avait fait office de mise en bouche avec Kill Me This Monday, Mahestrya, Kadinja et Dirty Bastarz, la deuxième journée allait dans la continuité même des autres éditions en proposant son petit lot de gourmandises metalliques, le tout saupoudré d'une ambiance familiale et conviviale. La recette du succès ? Sûrement ! 

Petit changement d’horaire ! Les membres de Miles To Go ont remplacé leur créneau horaire avec A Call From The Depth quelques jours avant le début des hostilités ! Les Miles To Go sont en forme et déversent sur le public ce qu’ils savent faire de mieux. Un Hardcore, certes très influencé par la référence même du genre, c’est-à-dire Sick Of It All, mais également congru de touches personnelles. Tout ça pour aboutir à un concert énergique et décadant ! Ça jump et ça court partout ! Les Valenciennois font bonne impression en présentant leurs titres catchy comme « Step In Time », « Vodka Shakedown » ou même « Our Time Has Just Begun ». Un très bon concert qui a vu à la basse, Mimil, bassiste chez Kill 4 Peace, remplacer son amie Romain, malheureusement indisponible pour assurer la date. Et c’est bien connu quand c’est trop bon, c’est trop court… Les vingt-cinq petites minutes de jeu n'ont pas rassasié les fans qui en ont demandé toujours plus ! 

Le concert de A Call From The Depths était déjà bien entamé lorsque nous sommes revenus dans la salle. Mais quelle fut notre surprise de voir ce jeune groupe de Post-Grunge assurer un concert dépaysant et planant. Il faut dire que les encens n’y sont pas pour rien ! L’effet produit par cette matière odorante colle à merveille avec l’ambiance instaurée par la musique de leur premier EP éponyme. Très vite, nous comprenons pourquoi l’EP en question est sold-out. Avec ce show digne de professionnels, A Call From The Depths peut être fier d’avoir relevé le défi de se produire aux côtés de formations plus extrêmes et d’avoir su marquer les esprits et ce au bout de deux ans de carrière.  

Au tour d’Undercry de fouler le plancher de la scène ! Et attention, il ne fallait pas se fier à l’apparence décalée des membres du groupe ! Car elle ne reflète en rien la musique jouée par ces garçons de bonne vie. En quelques minutes, l’ambiance se réveille enfin dans la fosse où de nombreux pogos sont improvisés. Quoi de mieux pour présenter leur dernière démo Supreme Being ? Rien. Il faut dire que les musiciens interprêtent leurs musiques avec leurs tripes. Et pourquoi ne pas reprendre un titre bien connu de la famille Metallique ? L’avant-dernier morceau, reprise de Lamb Of God, « Walk With Me In Hell » finira par mettre tout le monde au tapis dans le pit, populace qui sera définitivement achevée par la prestation du morceau final « Universe ». Un grand moment ! Ce qui fait la force d’un festival comme celui du Metal à la Campagne, c’est bien sa programmation éclectique qui encourage les Metalheads à découvrir de nouveaux genres musicaux. Et ce n’est pas les membres de Promethée qui diront l’inverse. Les Suisses en surprendront plus d’un dans la salle grâce à leur Deathcore personnalisé. Il faut dire qu’après neuf ans de présence scénique, le groupe a appris à maitriser les techniques de Breakdown et autres Two-Steps. Présentés dans leurs morceaux issus de leur dernier album Unrest, exploité dans sa grande majorité (« Age of the Unrest », « Vacant », « Broken Structures », Unspoken », « Dark Souls », « The Sour States »), les fans ont été amenés à adhérer comme il se le doit l’énergie proférée par Joshua Orsi, le leader du groupe. Mais cette escapade était aussi l’occasion pour les Suisses de revenir à leurs premiers succès. Pour ce faire, le groupe n'a pas hésité pas à interpréter quelques titres de son tour premier album Nothing Happens. Nobody Comes, Nobody Goes. Même si l’ambiance du festival est descendu d’un cran pendant leur prestation, le groupe a fait tout même fait carton plein. Peut-être que leurs adeptes ont préféré fantasmer sur les parties de batterie très travaillée de Nils Haldi que de s'entretuer dans la foule. 

Néanmoins, si l’ouverture d’esprit est toujours la bienvenue dans un tel festival. Il y a des groupes qui diviseront. Le groupe de Fusion qu’est Mô Alika ne fera rien d’autre que susciter l’incompréhension auprès de la foule venue exclusivement pour Bukowski et Dagoba. Pourtant les Dunkerquois qui ont l’honneur d’ouvrir les hostilités de la deuxième salle ne sont pas dépourvus de toutes qualités pour autant ! Ils ont su mobiliser leur fan-base qui s’est empressée de se mettre aux barrières pour apprécier des morceaux comme « Brulez » ou même « Hotline » mettant la lumière sur un duo efficace brulant d'énergie. Les deux vocalistes complices crachent même leur haine à coup de « putain » pendant les interludes ! Quand les uns les jugeront grossier, d’autres ne feront qu’acquiescer leurs propos engagés. Il faut dire que les passages « scratchés » aident à appréhender « Back To The Basics » et d'autres titres de la trempe. Une belle découverte ! Il était fortement attendu à Rexpoede en cette début de soirée ! Et Kronos n’aura pas manqué à l’appel. Fort d’un nouvel album, Arisen New Era, le roi des Titans n’interprétera qu’un seul morceau de son dernier album favorisant ainsi ses trois autres tranches de vie. Peu importe, personne n’est resté indifférent devant l’interprétation rigide de titres comme « Mashkhith », « Klymenos Underwrath ». Mais Kronos c’est avant tout un dieu grec qui excelle dans son milieu. Toutes les parties techniques seront interprétées afin que les plus tendancieux d’entre nous se jettent dans le pit. Un concert marqué par des musiciens qui arpentent la scène et un chanteur qui déverse son flux d’histoires païennes. Le contrat est rempli !  

Shawter avait raison quand il disait qu’il trouvait remarquables les capacités d’hybridité de ses collègues de Bukowski. Personne n’est resté indifférent devant la montée en force des Parisiens. Tout ça grâce à des albums d'une qualité ascendante. Et que dire à part que ce soir, le groupe a confirmé leur stature d'étoile montante du Rock/Stoner Français ? La prestation de ce soir à Rexpoede en est la preuve formelle. Ça cogne ! Et ça cogne tellement fort que Timon finit par faire tomber une partie de sa batterie pendant le premier titre, le cinglant « Keep Your head On » tiré de Hazardous Creatures. Et au fil des titres « Hearing Voices », « Vampire » et « Smoky Room », l’ambiance si caractéristique de l’élève Bukowski se met en place. Les pogos et slams s’enchainent… Il faut dire que la salle est comble et que le public, carrément en transe, hurle à tue-tête les petits bijoux proposés dans On The Rocks. Le public est dans son élément et certains fans montent même sur scène pour se jeter dans la foule pendant que le bassiste va à la rencontre de son public en slammant… Un concert complet et convivial… Vous revenez quand vous voulez les gars ! La performance de la soirée ! Si Dagoba est devenu une valeur sûre du Metal Hexagonal, ce n’est pas pour rien. C’est le fruit de nombreuses années de dur labeur qui ont amené le groupe à se produire sur quelques unes des plus prodigieuses scènes. Mais le cas « Dagoba » divise. Bien que le groupe tend à se répéter au grand dam de ses « haters », il montre toujours une forme remarquable sur scène. Et ce soir, Shawter et sa bande sont allés à la rencontre de leurs fans Nordistes. Et le Frontman n’avait pas tort quand il me confiait qu’il aimait retrouver la chaleur du Nord. Car Dagoba en live, c’est avant tout une énergie maitrisée qui met en transe toute une salle. Il faut dire que les Marseillais ne sont plus des amateurs en la matière quand il s’agit d’organiser des Wall Of Death ou autre Circle Pit. Néanmoins, même si le Dagoba qui nous est offert est fort d’un nouvel album, Tales Of The Black Dawn, il ne mettra en avant qu’une infime partie de l’opus, à savoir deux morceaux: « The Sunset Curse » et « Born Twice ». Le groupe a assuré ses arrières en re-visitant ses désormais classiques « Black Smokers », « The Great Wonder », « The Things Within » ou même le final « The White Guy & The Black Ceremony ». Mais à voir la réaction unanime du public, le groupe a réussi comme à chaque concert maintenant, à marquer les esprits grâce à une dextérité hors norme mise en exergue par des musiciens talentueux et charismatiques. Maintenant, ce que nous pouvons leur souhaiter, c’est de poursuivre leur conquête glorieuse de l’Europe… 

Encore une édition Sold-out pour le festival du Metal à la Campagne. Le festival aura prouvé  une nouvelle fois qu’il était ce genre de festivals « petits par la taille » mais « grands par les ambitions ». Des revendications qui deviennent de plus en plus plausibles d’années en années. Merci aux organisateurs de mettre en valeur le patrimoine Metallique Français à chaque édition ! 

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