Live Report - Motocultor Festival - Jour 2

Dur, dur le réveil quand son acolyte voisin a joué de la cornemuse toute la nuit amassant ainsi son petit lot de bretons sur son emplacement de camping. Oui, nous sommes bien en Bretagne ! Mais ce samedi, au placard les cornemuses et autres instruments de la trempe ! Ce deuxième jour, avec sa programmation des plus alléchantes en ce qui concerne la scène Thrash/Death, ravira tous les fans Old-School !

Les Français de Arcania ouvrent le bal et ne sont pas inconnus du sol Breton ! Souvenez vous, la formation de Thrash Metal avait remplacé au pied levé Six Feet Under l’année dernière suite à une annulation de dernière minute. Et pourquoi pas les en remercier en les invitant une deuxième fois en Bretagne ? C’est dorénavant chose faite. Et au vu de la populace présente devant la Dave Mustage, les Angevins ne sont pas en manque de fans. Tout ça grâce à un Thash Metal de qualité constitué des titres cohérents qui leurs a valu une signature chez Great Dane Records pour la sortie de leur dernier album Dream Are Dead ! En live, c’est tout comme en studio ! Ça thrash dans ton froc avec l’incisif « Rise and Never Fall » et l’ultra technique « Face In The Mirror ». Malgré quelques soucis rencontrés, les plus-tout-jeunes de Arcania ont prouvé qu’ils avaient tout pour être de futurs grands de la scène Hexagonale.

Du Thrash, il y en aura encore avec les Crisix qui voulaient s’amuser pour leur dernière date de leur tournée estivale ! Et le monde les attendait de pieds-fermes devant la Suppositor Stage. Si les Espagnols n’ont pas dix pleines années d’activité, ils ont déjà tout l’air de pionniers de la nouvelle vague de Thrash Metal/Crossover en innovant la conception d’un style vieilli ! La bande de Juli mélangera l’apport musical de grands comme Anthrax et Death Angel pour unifier le tout à sa sauce. En live, ça déménage, c’est décadent, ça envoie du pâté par la poste et ça ose même jouer des parties rythmiques plus funky pour amuser son auditoire ! Tous les mosheurs sont présents quand il s’agit de faire le fameux « Football Of Pit » et quand il faut rattraper le frontman qui slamme parmi une centaine de fans. Grosse découverte ! 

C’est lorsque le soleil est à son Zénith que les représentants du Black Death Nordistes, j’ai nommé Bliss Of Flesh, foulent le plancher de la Dave Mustage. Et c’est sans difficulté que le morbide Nucurat fera de nouveaux adhérents de la cause malsaine de Bliss Of Flesh grâce à un show carré et théâtral agrémenté d’effets pyrotechniques mettant le feu aux titres de leur dernier album Beati Pauperes Spiritu (« Possessed », « A.M.E.N. », « Disciple », « Pariah ») et de leur toute première offrande Emaciated Deity (« Apokalyptic Fields », « Emaciated Deity »). Une bonne partie de la France a déjà été conquise par les Calaisiens. À quand le Hellfest ?

Interpellé par la connotation Folklorique de Drakwald, je me dirige vers Massey Ferguscène. Mais quelle fut ma consternation face à ce groupe de Folk Metal de Tours qui a enchainé les problèmes techniques… À commencer par des problèmes de mixage suivis par des erreurs de calage entre les parties jouées et les samplers… Ce n’était définitivement pas le jour pour les Drakwald… Et dire que pendant ce temps, Avulsed sollicite ses partisans et leurs demande de s’entretuer sur leur Death/Grind « You have to crush these bastards » ! Deuxième rejeton de la scène Thrash Metal espagnol à se produire sur la Suppositor Stage, les Angelus Apatrida ! Sans véritablement révolutionner le genre, les Anges Apatrides arrivent à motiver leurs troupes à se donner à fond le pit ! Il faut dire que toutes les conditions réunies sont là pour faire de leur concert un show mémorable au même titre que leurs amis de Crisix qui s’inviteront sur scène pour un ultime titre.  

Encore très peu connus dans la scène Metal, les Parisiens de One Last Shot jouissent tout de même d’un créneau horaire très intéressant (17H40-18h20) sur la scène principale du festival. Malheureusement pour eux, les festivaliers, peut-être trop timides, ont préféré se reposer à l’ombre à la place d’apprécier le Dust Metal des parisiens ! Sly (chanteur) en est conscient quand il s’exprimera quant à la programmation de son groupe dans un festival qui propose à 80% de la musique extrême « Nous ne sommes pas les plus violents du festival, mais nous vous aimons vraiment ! ».  Une fois n’est pas coutume, les absents ont eu tord puisque le groupe en a profité pour délivrer ce qu’il sait faire de mieux, un Rock Stoner influencé par les plus grands du genre joué par des musiciens charismatiques rappelant souvent l’imagerie du Far West sur des titres comme « Headbangers », « Brawler » ou même «  Skateboard Song ». Mais Sly en tant que leader confirmé n’oubliera d’honorer ses aïeux comme Lemmy: « Si vous étiez au Hellfest, vous avez surement vu que le Dieu Lemmy n’est pas très en forme » vite suivi d’une reprise carrée et déjantée de « Ace of Spades » qui a fini par réveiller le public ! Inutile de vous dire que les One Last Shot ont réussi à s’affirmer devant un public de brutes sanguinaires venus pour Sodom, Tankard et autres Carcass ! À revoir au plus vite ! 

Quelques jours avant leur prestation au Motocultor, la batteur de Tankard, Olaf Zissel, a été pris d’un A.V.C. et a été hospitalisé d’urgence pour se reposer. Concert à priori annulé. Mais rien n’affaiblit la team Tankard quand il s’agit de faire la fête sur scène. La preuve avec ce remplacement de  dernière minute par un des Roadie du groupe (qui fête son anniversaire le jour même). Le concert a finalement lieu ! Et l’état de santé de Olaf Zissel n’a pas pour autant démoralisé la bande puisque le bien garni Gerre tient avant toute chose donner des nouvelles quant à l’état de santé de son batteur. Il va bien ! Fidèles à eux même, les membres de Tankard délivrent ce qu’ils ont de mieux: de la bière, de la bière et de la bière pour le grand plaisir de ses « alcolytes » en interprétant non seulement des morceaux de leur dernier rejeton R.I.B. (Rest In Beer) mais aussi quelques uns de leurs plus gros tubes comme « The Morning After ». Gerre comme à son habitude est toujours aussi communicatif avec son public et tient toujours à lui montrer sa future progenniture en arborant fièrement ses formes ! Mais en tant que Gentleman dévoué, il tient à complimenter les filles de joie situées aux premières loges. Occasion rêvée pour le groupe de jouer le désormais classique « A Girl Called Cerveza ». Avec un show enivrant qui frôle la perfection, la chope n’a pas encore dit son dernier mot à moins qu’elle ne se prenne une cuite mémorable prochainement ! 

Deuxième représentant du Big Teutonic 4 à monter sur scène, Sodom, qui poursuit sa conquête des festivals d’Europe. Si Sodom nous avait terriblement déçu au Hellfest à cause d’un son de guitare bien trop en retrait pour un groupe de la trempe, le Motocultor montrera un Sodom a son avantage avec un son de guitare bien plus élevé qu’à Clisson. Avec une setlist totalement modifiée, les mercenaires Allemands font dans le lourd en ouvrant avec leur cultissime « Agent Orange ». Et c’est cela qui fait la force du bolide Allemand. Nous sommes rarement en proie de savoir les morceaux qui vont être interprétés d’une prestation à une autre. Tom Angelripper est toujours aussi charismatique, honnête et criard lorsqu’il délivre sa haine dans « The Vice Of Killing », « Sodomy and Lust » ou encore « Stimatized ». Bien sûr, ce concert est également l’occasion de montrer que Sodom a repris la route du studio en proposant son tout nouveau titre: le crasseux « Sacred Warpath » ! Sodom nous livre une prestation toujours aussi gouteuse qui ne manquera pas d’être acclamée par la foule. Car Sodom, c’est de l’endurance, de l’adaptation partout où il se trouve ! Aujourd’hui, après avoir joué après de jeunes formations Thrash (Arcania, Crisix et Angelus Apatrida), le père Sodom a montré qu’il détenait toujours la recette du succès et cela, toujours après plus de trente ans de carrière !

Personne n’a été indifférent devant l’apparition si soudaine de « Cover-Bands » qui ont pour but de commémorer les grandes années de formations phares comme Metallica, Iron Maiden, Kiss et Motorhead. Bombers, The Ultimate Motorhead Tribute formé par ni plus ni moins l’ancien frontman de Immortal, Olve Eikemo (aka Abbath) est un des leurs. Bombers a tout simplement pour vocation de reprendre ces morceaux dans l’unique but de faire plaisir aux fans. Et quel pied ! Abbath armé de sa Rickenbacker joue les Lemmy avec ses potes et l’imite à perfection sur des titres comme « Iron Fist », « Killed By Death », « No Class » et « Damage Case ». Même si cette prestation est loin d’être parfaite (Olve reprendra à plusieurs reprises son batteur, qui, décidément n'était pas dans son assiette), toujours est-il qu’il est bon de voir les titres de Motorhead interprétés par une figure emblématique du Black Metal

Carcass est définitivement revenu sur le devant de la scène et ce n’est pas pour déplaire les fans de Death Grind Old School. Un album rouleau-compresseur et sadique à la fois, Surgical Steel, et un EP complétif Surgical Remission- Surplus Steel et la bande de Jeff Walker a enfin de nouveaux titres à présenter sur scène. Après une prestation plus que remarquée et remarquable au Hellfest, c’est au tour du Motocultor de connaître les folies véhiculées par Carcass. Et beaucoup de monde attendait le groupe au tournant. Avec une setlist tout à fait identique à celle proposée à l’Alcatraz Fest en Belgique, la Carcasse demeure constante dans l’interprétation de ses objets de torture les plus récentes comme « Unfit For Human Consumption », « Cadaver Pouch Conveyor System », « The Granulating Dark Satanic Mills » et « Captive Bolt Pistol » mais aussi dans ses vieux outils putrides comme « Keep On Rotting In The Free Wolrd » précédé de l’intro de « Black Star ». L’opération se referme sur un « Heartwork » toujours aussi progressif et maléfique. Si une chose est sûre, c’est que la chirurgie s’est bien déroulée pour Carcass. À savoir maintenant si celles des aficionados qui se sont engouffrés et entretués dans le pit se passeront bien ! Réponse en Septembre au Gohelle fest

Ultra Vomit divise et c’est normal. On ne rigole pas avec le Metal. Mais il est évident qu’il est toujours bien sympathique d'observer la bande de Manard jouer leurs titres décalés et pleins d’humour. En plus, ils invitent même leurs fans sur scène à chanter un morceau avec eux et les traitent de « Pauvre connard » par la suite. Mais pour l’heure, nous sommes en 2015, et malgré les quelques effets techniques rajoutés (les lances fumée) et les costumes de chirurgien, il n'y a rien de neuf sous le soleil ! Le fétichiste « Je collectionne des Canards » et le Motorheadien « Quand j’étais petit » étaient encore marrants, il y a deux ans, mais pour l’heure, le temps est venu pour les comédiens de Ultra Vomit de mettre à jour leur spectacle en écrivant de nouveaux sketchs. 

Décidément, Death (DTA) est présent partout ! Cette hyperactivité n’est pas sans but. C’est toujours pour assurer le devoir de mémoire que Gene Hoglan et ses comparses sillonnent le monde. Et même si la prestation de l’Alcatraz Festival pouvait avoir frustré quelques uns des festivaliers à cause d'une horaire de passage mal agencée pour un groupe de la trempe, il en sera tout autrement à St Nolff. Au Motocultor, Death To All profite d’un créneau horaire plus adapté pour leur musique morbide. Quelques bâtons d’encens allumés et la magie reprend. « The Philosopher » ouvre le bal et c’est toute une communauté qui est en émoi. Steve Di Gorgio fait toujours vibrer ses cordes de manière incorrigible et expose sa technicité personnelle sur les testaments offerts par Chuck Schuldiner « Leprosy/Left To Die » et « Overactive Imagination » ! Max Phelps, toujours aussi humble et froid d’apparence, bluffe plus d’un de mes camarades de jeu. Tout à l’air grandiose avec un son qui met en avant toutes les capacités techniques de chacun des musiciens ! Ce soir, et comme tous les soirs à présent, Death To All accomplit bien sa tâche en proposant un concert honnête qui révisite l’intégralité du catalogue de Death de manière honnête avec un show sans fioriture illustrant un groupe qui ne profite pas de la renommée d’un grand homme défunt pour se faire de l’argent. 

Un My Sleeping Karma pour me détendre et retour au camping. Mais quelle fut ma frustration d’entendre que la prestation de God Seed que j’avais involontairement snobée était la dernière. 

La deuxième journée fut, à mon humble avis, la plus belle journée du festival. Sous un soleil radieux, les Metalhead pouvaient profiter des concerts, le tout accompagné de Breizh Cola et d’un crêpe Made in Britanny.