Mahestrya - The Undying Thing

L’année 2015 aura été chargée pour les Mahestrya ! Riches de nombreuses expériences scéniques, d’un premier album, The Undying Thing, et surtout d’une signature chez le label M & O music, les nordistes ont réussi à s’exporter un peu partout en France ! Réelle occasion pour la rédaction de revenir sur The Undying Thing en cette fin d’année.

38 minutes, c'est le temps que se sont donnés les Mahestrya pour montrer tout ce qu'ils avaient dans le ventre. Chose promise, chose due ! The Undying Thing met en exergue une musique qui sait se faire atmosphérique, attachante et puissante. Dès les premières notes de « Beneath The Surface », l’auditeur est engouffré dans un univers où les parties purement instrumentales et vocales valent le détour. Il faut dire que la voix d’Andy alterne différents niveaux de growl sur des titres comme « Lost Odyssey ».

Les sections rythmiques, quant à elles, encouragent l'auditeur à se rendre compte de la besogne effectuée par Ben (Batterie) et Gauthier (Basse) qui, en véritables architectes, se sont donnés du mal pour donner de la texture à « Dissension ». La deuxième partie du morceau révèle non seulement un groupe qui maitrise les lois du tempo mais aussi un Mahestrya qui sait construire des morceaux complexes et pertinents à la fois. 

Si les titres de The Undying Thing sont tous structurés, il n'en est pas moins de l’armature même de l'album. L’objet est motivé par trois instrumentaux placés à chaque moment clef. En effet, quand le dépaysant « Beneath The Surface » ouvre le bal, le méridien acoustique « The Call » introduit la deuxième partie de l’album. La fin est amenée par le titre ambiant « Laments Of Sirens » qui se voit comme le final d'une épopée narrée par la bande à Yohann. L’album est donc pertinent de but en blanc. 

Les Mahestrya tenaient également à varier les tonalités entreprises par leur Modern Metal. Leurs tranches sont parfois oppressantes et tantôt atmosphériques comme sur « Infected Souls » et « The Cursed Shepherd ». Ces titres débarrasseront l’auditeur de ses idées malsaines en le purgeant telle une catharsis.

Bien sûr, personne ne sera passé à côté des influences des Nordistes. En effet, l'ensemble est souvent assimilable à la patte de Gojira ! Que ce soient les riffs hachés de « Dissension » ou bien les tappings en furie présents sur « Breath From Abyss », tout est là pour faire penser au combo des frères Duplantier. Il est également possible d'assimiler les bruitages de « Laments Of Sirens » aux chants des baleines sur « Flying Whales » (From Mars To Sirius).  

Cependant, même si The Undying Thing est un très bon cru, il est regrettable que la production ne mette pas assez en avant les qualités des morceaux de ce corpus. Car il est évident qu'ils font preuve d’une ingéniosité sans borne. En effet, l'excellent « Lost Odyssey » ne méritait pas de pâtir d’une production aussi crue... Elle ne permet pas à la voix d'Andy de bénéficier de ce petit truc en plus qui aurait pu totalement changer la donne. 

Quoi qu’il en soit, pour son premier album, Mahestrya s’en est sorti haut la main ! C’est la raison pour laquelle il aurait été  envisageable de décerner au groupe le prix du « Meilleur Premier Album Région Nord/Pas-De-Calais/Picardie de l'année » lors d'éventuelles cérémonies des Osc'Hards. Bravo !