Mallory - Sonora RF Part 1

 

Après deux albums autoproduits bien accueillis par la presse (Honey Moon et 2), le quatuor parisien Mallory présente ce que l'on peut considérer comme son vrai premier vrai album : Sonora R.F Part 1. Toujours inspiré de la vie de leur amie américaine Mallory, se penchant cette fois durant ses années d'incarcération à Sonora. Cet album sortira en partenariat avec Musicast (Sidilarsen, Punish Yourself) et Dooweet (Evenline, Pavillon Rouge, The CNK).

Le moins qu'on puisse dire c'est que Mallory n'a pas chômé depuis ses débuts. Moins de trois ans après la sortie de Honey Moon voilà déjà son troisième essai, comme quoi certains travaillent encore à l'ancienne malgré tout ce que l'on peut dire. Globalement si les bases restent les mêmes, un rock plutôt old school aux touches bluesy, Mallory a clairement grandi. On trouve toujours ces influences Doors, Led Zeppelin ou encore Pearl Jam mais l'ambiance est ici beaucoup plus sombre et l'album plus posé que jamais. La disto est très faible, plutôt que de rentrer dans la course au plus méchant le quatuor veut raconter au mieux l'histoire de la femme qui l'inspire depuis ses débuts. Et il le fait bien !

On a enfin l'impression d'avoir à faire à un concept album. Les quelques passages narratifs, les deux interludes, les textes plus travaillés que jamais et surtout l'ambiance mélancolique et sombre fort réussie nous font plonger aux côtés de cette femme pendant les quarante petites minutes que durent l'opus.

A bien des moments j'ai pensé à Noir Désir (« Silex », « Mille Et Une Femmes ») notamment dans le chant de Phil, absolument impérial tout au long de Sonora RF Part 1 (« Zéro », « Shu », « Silex »). Le single « Cellule 7 » est basé sur le principe de la frustration. Le genre de chanson qui nous fait attendre tout du long une explosion qui n'arrive en fait jamais. Comme le personnage finalement, elle qui veut s'échapper de la prison mais se résigne à y rester. Beau boulot !

Visiblement convaincu par l'expérience « franglaise » de « Summer Rain » sur 2, les parisiens proposent énormément de textes mêlant français et anglais à tel point que l'anglais est minoritaire (cocorico!). Afin d'affirmer encore plus la rencontre USA/France, qui sait ?

Malgré toutes ces qualités je ne peux cacher une certaine retenue par rapport à Sonora RF Part1. En effet je me sens plus impliqué dans l'histoire et le concept que dans les chansons à proprement parler, trop posé pour moi. Il y a pour l'assoiffé de sang que je suis un manque cruel de passage plus rentre dedans que l'on trouvait sur les albums précédents. En cela mon morceau préféré de l'album est « Zéro », le seul qui se montre plus frontal et dont le refrain m'ait marqué dès la première écoute.

Cela n'enlève en rien les nombreuses qualités de ce troisième album très mature aux ambiances ciselées.