Mass Hysteria, The Videos - Lille - Le Splendid - 04/03/16

Ce vendredi 4 mars, les Metalleux du nord avaient le choix entre headbanguer en compagnie de Mercyless, Otargos et The Lumberjack Feedback à la gare Saint Sauveur, ou se déhancher à l’Aéronef sur les tubes de Little Big. Sinon, vous pouviez également faire les deux en assistant au retour en force de Mass Hysteria dans la région ! Destination le Splendid de Lille pour une soirée pleine de poésie et de furie. 

Étant donné que la première partie a été annoncée quelques jours avant le début des hostilités, peu de monde était au courant qu’il s’agissait de The Videos, le nouveau groupe de Vince (Basse, ex-Mass Hysteria). En effet, ses anciens potes lui ont laissé l’opportunité de faire découvrir son nouveau projet Punk/Rock Alternatif fort d’un premier EP Shoot First, Ask Later

À notre grande surprise, c’est une représentante de la gente féminine qui foule les planches du splendid ! Et quelle classe ! En plus de mêler charisme et décadence, elle assure au chant ! En voilà une qui a tout compris au Punk ! Mais le concert des The Videos ne se limitait pas à des musiciens qui se la jouaient « Punk Attitude » en posant pour les photographes. Non, le son était bien là et ils se sont amusés à faire monter l’adrénaline au fil du concert.  

Le courant passe bien entre le groupe et la poignée de metalheads présents dans la salle… Et The Videos n’ont pas hésité à leur donner rendez-vous après le concert au bar pour célébrer leur amour de la musique. Vincent, décidément bavard ce soir, ironise même sur son sort lorsqu’il rencontre quelques soucis techniques: « C’est à cause de ça que les Mass Hysteria m’ont viré ! ». 

Néanmoins, même si les titres « Revenge », « Death Train » et « No Surrender » sont bien interprétés, il est évident qu’ils ne transpiraient pas l’originalité…  Les fans de Mass Hysteria demeuraient de plus en plus hystériques et n’attendaient que Mouss et sa bande ! Et pourtant, le groupe s’était donné comme mission de mettre un coup de pression. Certes, c’est raté pour ce soir, mais la rédaction aura quand même pris son pied. À la prochaine ! 

Le Splendid fait tourner quelques gros classiques du Hard Rock comme « Paranoid » et « Get It Hot » pour préparer la venue des furieux… Et c’est parti, les musiciens font leur entrée sur scène et ouvrent sur trois morceaux de Matière Noire: « Chiens de la Casse », « Vae Soli » et « Vector Equilibrium » ! Une fois n’est pas coutume, Mass Hysteria, ne fait pas dans la dentelle et réveille le public qui scande comme des chiens ses envies « de liberté ». En quelques mots, c’est là toute une foule qui ne met à valser pendant que Mouss arpente la scène en long, en large et en travers. 

L’actualité des Mass Hysteria, très mouvementée en ce moment, n’a laissé personne indifférent sur la toile. Le remplacement de Vincent Mercier par Atom Mass et Nicolas Sarrouy par Fred Duquesne aurait très bien pu fragiliser les performances scéniques de la bande. Ce qui n’est pas le cas. Car les deux nouvelles recrues, fraichement intégrées au cortège, n’ont pas hésité à mettre leurs petites touches personnelles sur les titres « Tout Doit Disparaître » et « Une Somme de Détails ».

« Dommage qu’on ne capte pas le concert de ce soir » lance Mouss. « On est habitués par des furieux, mais vous, le Splendid, vous surpassez tout ». Et c’est vrai ! Le public nordiste avait surement envie de se défouler après une semaine de dures labeurs. Ainsi, toutes les animations dans le pit ont pris des proportions hors normes. Plus que que des raz-de-marais, les fans se faisaient slammer dans un tourbillon de masse humaine. Pas besoin de vous faire un dessin. Le pit était particulièrement dangereux. Il était même possible de voir Mouss prendre des nouvelles de quelques uns de ses furieux, visiblement essoufflés dans le pit. Quelques bouteilles d’eau ont été distribuées à la fin du show… Mass Hysteria est un groupe violent, mais bienveillant à la fois ! 

Bien que le son paraissait parfois trop crue (les samplers électro étaient parfois en retrait), le tout a été balayé par une mise en scène des plus honorable. Les jeux de lumière étaient pertinents et ne faisaient qu’un avec la brume projetée par les canons à fumée. Tout était fait pour mettre les fans dans un état de transe sur des titres comme « Failles » et  « L’Espérance et le Refus ».  

Ce soir, j’ai assisté à la performance d’un groupe qui était plus que proche de son public. Vous aviez déjà vu un groupe qui va à la rencontre de son public dans le pit ? Personnellement, la rédaction n’avait jamais vu un groupe organiser un circle-pit dans lequel les membres seraient impliqués avec leur instrument… Pendant « P4 », le public a tourné sous le regard attentif de Raphaël et d’Atom. Mention spéciale au bonhomme qui a réussi à tourner avec Mouss sur les épaules. Incroyable, mais vrai ! 

Après un flot d’énergie sans précédent (« Babylone », « Une Somme de Détails », « P4 »), il était temps de se poser un peu. L’anti-fanatiste « L’Enfer des Dieux » était pour beaucoup l’occasion de remémorer les événements tragiques de Janvier et Novembre 2015. Relativisons un peu, le pouvoir pragmatique du verbe de Mouss et la forme quasi-poétique des paroles de ce morceaux ont embrasé la foule. Quand le devoir de mémoire touche à sa fin, le bordel peut enfin rebattre son plein avec « Notre Complot ».

« Cette veste, c’est un peu ta deuxième peau ». Un fan, totalement sous l’emprise de la folie, lance sa veste à patchs sur scène. Le frontman la prend et la confie à Raphaël Mercier, fan de la plupart des groupes patchés sur cette veste… Un grand moment. Plus qu’une relation fans/musiciens, c’est une relation amicale qui est entretenue pendant le concert. Certaines formations devraient juste en prendre de la graine. 

Mass Hysteria ne fait pas table rase du passé ! Ils invitent même leurs anciens copains de jeu à se produire sur scène. Ce qui fut le cas pour Vince qui s’est chargé des choeurs du titre « World On Fire ». Mieux encore… On a revu Nicolas Sarrouy, remis de son accident, prendre la guitare le temps d’un morceau lors de ce gig. Pour lui faire honneur, les Furieux ont repris une de ses compositions personnelles « L’Archipel des Pensées ». L’interprétation de ce morceau, visiblement improvisée (car personne n’avait prévu à ce que Nicolas reprenne la scène) demeure désormais comme l’un des moments phares de la carrière des Mass Hysteria. Et comme il est agréable de voir que la passation de pouvoir entre Fred et Nico s’est bien déroulée. C’est à n’en plus douter quand on voit les clins d’oeil complices qu’ils se sont lancés avant d’interpréter « L’Archipel des Pensées ». 

Le groupe est dans les starting-blocks et ne fait pas semblant. Tous les titres frôlent la perfection, et la section rythmique bat son plein sur les désormais cultes « Tout est Poison » et « Pulsion » où le public boit les paroles de Mouss. En parlant de boire, un furieux a offert une mousse au poète pour qu’il puisse se désaltérer quelques instants. En échange, Mass Hysteria a énivré son public à coup de Shooter de Jack Daniel’s… Politiquement incorrect, mais c’était bon !  

Quand vient la fin du show…  Les fans de première heure ont pu se déhancher sur « Contraddiction » et « Donnez-vous la Peine » avant que les Mass Hysteria, fous de joie, ne balancent quelques riffs de « Seek and Destroy » (Metallica) et « Porcherie » (Bérurier Noir) montrant une nouvelle fois leur ouverture d’esprit ! Comme à l’accoutumé, c’est « Respect To The Dancefloor » qui voit comme invitée une belle brochette de furieuses monter sur scène. Le charme des Mass aurait-il fait effet sur l’une d’entre elle ? Et vas-y que je me lance dans la public ! Quand la furie se transforme en hystérie… « Furia » clôt les hostilités et une fois nos passions purgées, nous rentrons chez nous. 

Mass Hysteria à Lille. Ça donne ça ! Un « Sold Out », une poignée de calories en moins, un concert de titan, et quelques photos souvenirs avec les membres du groupe. Vous revenez quand vous voulez !