Matricide - When Random Turns To Fate

En cette période de vacances estivales, nous sommes partis en quête d’exotisme en jetant notre dévolu sur les Israëliens de Matricide avec leur LP When Random Turns To Fate  sorti déjà il y a deux ans de cela. Pour ceux qui ne les connaissent pas encore, Matricide est un groupe de metal /hardcore habitué à la scène et ayant tourné avec des formations telles que Orphaned Land ou encore Jungle Rot entre autres. When Random Turns to Fate fait suite au premier EP We Are Alive  sorti en 2008.

Line-up:

Ran Eliahou - Vocal
Auria Sapir - Guitars
Shahar Guy - Basse
Ofir Zigi - Batterie

 

Si on ne se fiait qu'au nom du groupe, on se serait cru en présence d'un album de death metal, "matricide" voulant dire littéralement le fait de tuer sa propre mère. Et au vu de la pochette, on s’attendrait plus à un album progressif qui se situerait entre Tool et Pink Floyd. J’exagère à peine mais heureusement les premiers sons de guitare balaient d’un revers de main tous les préjugés.

L’album commence par un « Farther From The End » rentre-dedans avec des guitares lourdes sans fioriture jouées mid-tempo, qui n’est pas sans rappeler les heures glorieuses de Pantera. Ici, point de soli superflus ni de surenchère technique, les gars de Matricide se contentent de nous servir des riffs entrainants, plus chatoyants qu’agressifs. Presque tous les morceaux de l’album suivent cette ligne de conduite en distillant intelligemment des mélodies plus ou moins originales qui donnent du relief à l’ensemble. Ne vous méprenez pas parce que Matricide sait varier notre plaisir avec tantôt des rythmes plus syncopés comme sur l’excellent « Not An Option », tantôt des mélodies plus aériennes sur « The Point Of No Return ». La plus-value de When Random Turns To Fate se situe certainement dans le chant qui, de temps en temps, ose titiller les voix claires plus à la manière d'un Michael Akerfeldt que d'un Matthew Tuck par exemple. Si vous n'êtes pas très convaincu, retardez-vous sur le morceau "Unreality" et vous vous apercevrez qu'on s'éloigne du standard du style. Les morceaux se succèdent les uns les autres et on aperçoit que ces gars de Matricide savent parfaitement où ils veulent aller. Là où ils sont très forts, c’est que malgré la sobriété des compos, le rendu total ne décline jamais ni en qualité ni dans l’émotion. J’insiste sur cette dernière parce qu’on sent vraiment qu’ils y ont mis du cœur pour réaliser cet album.

Franchement, je reconnais que j’avais un a priopri assez négatif vis-à-vis de ce « When Random turns to fate ». Mais dès les premières notes, pour ne pas dire conquis, j’ai été agréablement surpris. Là où beaucoup de groupes se seraient cassé les dents à vouloir en faire trop, Matricide puise dans la sobriété et l’efficacité. Si je me montre assez élogieux c’est que je sens l’honnêteté de cette œuvre qui retranscrit parfaitement l’émotion des membres de Matricide et qui se traduit par un groove magistral.